Purificateurs d'air à l'école : sont-ils efficaces contre le Covid ?

Si le ministre de l'Éducation nationale recommande aujourd'hui l'utilisation des purificateurs d'air dans les écoles et des capteurs de CO2 pour lutter contre le Covid-19, rares sont les établissements à en posséder.

Purificateurs d'air à l'école : sont-ils efficaces contre le Covid ?
©  lightfieldstudios

Purificateurs d'air et Covid 19 : quelle efficacité ?

On sait que le Covid-19 peut se transmettre par les aérosols, les microgouttelettes en suspension dans l'air. Selon un article publié dans la revue scientifique The Lancet le 15 avril, la voie aérienne est même susceptible d'être la voie de transmission dominante du virus. Depuis quelques mois, on parle beaucoup des purificateurs d'air, ces dispositifs qui permettraient de bloquer la transmission du virus dans l'air ambiant et donc de réduire les contaminations. Une étude commandée par la région Auvergne-Rhône-Alpes au laboratoire Virpath a d'ailleurs montré que les purificateurs d'air équipés de filtres haute performance peuvent capturer plus de 99% des virus du Covid-19. La question se pose alors sur l'utilisation de ces dispositifs dans les écoles, où les protocoles sanitaires mettent justement l'accent sur l'aération des classes et des locaux

Et les capteurs de CO2 ?

Autre appareil dont on parle beaucoup : les capteurs de CO2. A l'approche de la rentrée du 28 avril pour les élèves de primaire, des syndicats enseignants avaient justement réclamé dans une pétition sur "l'équipement des locaux en capteurs de CO2". Ces appareils permettent de mesurer le taux de CO2 dans une pièce et donc de mieux contrôler la qualité de l'air dans un espace clos. Car plus ce taux est élevé, plus la concentration des gouttelettes augmente.

Purificateur d'air à l'école : quelles sont les recommandations du ministère de l'Éducation ?

Dans une note publiée le 26 octobre 2020, le Conseil scientifique recommandait d'entamer "une réflexion sur des mesures alternatives type purificateurs d'air comme le préconisent les Allemands." Invité de France Inter en novembre dernier, Jean-Michel Blanquer avait quant à lui conclu, en s'appuyant sur des études, à l'inutilité de ces dispositifs. Mais sur cette question, le discours du ministre de l'Éducation nationale a considérablement évolué. Ce dimanche 25 avril, il a affirmé sur RTL qu'il était favorable à l'utilisation des purificateurs d'air en milieu scolaire. "Nous faisons évoluer ce que nous disons en fonction des études scientifiques que nous avons", a-t-il précisé. "Nous encourageons les collectivités pour des capteurs de CO2 et des purificateurs d'air (...) chaque fois que cela est pertinent", avait d'ailleurs expliqué le ministre, au côté d'Olivier Véran et Jean Castex lors de la présentation devant la presse du protocole sanitaire renforcé en vigueur pour la rentrée scolaire. Rappelons que le protocole sanitaire à l'école prévoit aussi l'aération des salles de classes au moins 15 minutes le matin avant l'arrivée des élèves, pendant chaque récréation, les intercours, au moment du déjeuner et le soir pendant le nettoyage, ainsi qu'une aération de quelques minutes toutes les heures. 

Auvergne-Rhône-Alpes, une région pionnière en la matière 

Bien avant que le ministère de l'Éducation nationale n'appelle à utiliser ces purificateurs d'air, la région Auvergne-Rhône-Alpes a mobilisé 10 millions d'euros pour en installer dans les écoles et les lycées de la région. Au total ce sont 2407 appareils qui ont été installés dans les salles de classes et cantines des établissements scolaires. Des détecteurs de CO2 ont également été installés dans plusieurs écoles de Lille, Paris et d'autres villes mais il s'agit d'initiatives isolées et non de réponses à une consigne nationale.