La Révolte des innocents, retour sur les enfants maltraités des Vermiraux

Inspirée de faits réels datant de 1911, cette fiction diffusée ce mardi 20 novembre 2018 sur France 3, retrace l'histoire des enfants maltraités des Vermiraux. Cette affaire permettra de faire naître l'une des premières lois de protection des mineurs et le premier tribunal pour enfants.

Abandonnés, malades ou délinquants, les enfants placés aux Vermiraux au début des années 1900, étaient finalement maltraités, exploités, et affamés. Le réalisateur Philippe Niang a choisi d'évoquer cette triste affaire dans une fiction diffusée ce 20 novembre 2018 à 21h sur France 3, à l'occasion de la Journée internationale des droits de l'enfant. La Révolte des innocents raconte l'histoire d'un petit garçon, Gaston, confié à cette institution par sa mère qui venait de trouver un emploi sur Paris. Mais il aura fallu attendre un drame, le décès de l'enfant, pour qu'une révolte éclate par ses camarades. Les lieux sont alors saccagés, les gardiens molestés, et une procédure est menée à l'encontre des meneurs de la révolte ainsi que des gérants de l'institution. "Je suis intimement concerné par cette histoire. Il s'agit d'un fait divers qui s'est déroulé dans le Morvan, dans un lieu à proximité de celui où moi-même j'ai grandi, élevé par une nourrice. Quand on était enfants, on nous disait : "Si tu n'es pas sage, t'iras aux Vermiraux." Cet endroit est gravé dans l'imaginaire collectif de la région", déclare Philippe Niang. 

Un tournant dans l'histoire de la justice des mineurs. Pour la première fois en France, un juge prend en compte la parole des enfants, dans une société où les adultes pensent détenir tous les droits. En juillet 1911, le tribunal d'Avallon rend un jugement historique, en condamnant à de la prison ferme les dirigeants du centre éducatif des Vermiraux. Une sentence exemplaire à l'encontre d'adultes reconnus coupables de corruption et de violences sur les enfants dont ils avaient la charge (travail forcé, maltraitances ayant entraîné la mort, prostitution...). En effet, "cette révolte va donner suite à un procès retentissant. Contre toute attente, le juge d'instruction choisit de croire les mineurs et instruit à charge contre les deux  "Thénardier", les gestionnaires de l'institution, qui au terme d'une année de procédure, vont être condamnés à des peines de prison et de lourdes amendes" ajoute le réalisateur. En juillet 1912, soit un an après le procès, le premier tribunal pour enfants voit le jour. Il faudra ensuite attendre "l'ordonnance des mineurs de 1945" pour qu'apparaisse alors le statut de juge des enfants. 

C'est aussi grâce à la persévérance et aux investigations de Gabriel Latouche, journaliste à L'Éclair qui a révélé au grand jour cette affaire, que l'initiale plainte contre les mineurs a pu être transformée en mise en cause des adultes. Le procès de l'affaire des Vermiraux a ainsi marqué une étape déterminante de la reconnaissance des droits des enfants en France.

Les dates clés de la Protection des mineurs : 

  • Suite à l'Affaire des Vermiraux, la loi du 22 juillet 1912 instaure la création des premiers Tribunaux pour enfants.
  • Au cours des années 1970, mais surtout lors de l'Année internationale de l'enfant en 1979, le sort des enfants devient une question de société. 
  • En 1989, apparaît la Convention Internationale des Droits de l'Enfant (CIDE) qui regroupe un ensemble de principes et d'obligations reconnus de façon universelle, au travers de 54 articles sur les droits fondamentaux de l'enfant.

La Révolte des innocents, en partenariat avec Le Journal des Femmes, ce mardi 20 novembre 2018, à 21h sur France 3