Quels changements pour la rentrée 2019 ?

Le projet de loi "pour une école de la confiance" est examiné au Sénat. Suspension des allocations familiales pour les parents d'enfants absentéistes, école dès 3 ans, instance d'évaluation... Qu'est-ce qui va réellement changer dès la rentrée prochaine ?

Quels changements pour la rentrée 2019 ?
© UGO AMEZ SIPA

Le projet de loi "Pour une école de la confiance", porté par le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer, prévoit de nombreux changements pour la rentrée scolaire 2019. Adopté en première lecture par l'Assemblée nationale en février dernier, le texte est à présent examiné par les sénateurs. "Cette loi, qui est une loi pour l'éducation, est d'abord et avant tout une loi profondément sociale", a déclaré le ministre de l'Education ce mardi au Sénat. Parmi les grandes propositions : la mise en place d'une instance d'évaluation, le renforcement des expérimentations, ainsi que l'abaissement de l'âge de l'instruction obligatoire à 3 ans au lieu de 6 ans. "Il est important de faire de l'école maternelle une véritable école. C'est là qu'il est possible d'attaquer les inégalités à la racine et il s'agit d'un moment essentiel du parcours de l'élève", a ajouté Jean-Michel Blanquer. Pour autant, certaines mesures ne font pas l'unanimité, comme le devoir d'exemplarité des enseignants et le regroupement des classes. Autre surprise : le Sénat a voté un amendement qui vise à suspendre les allocations familiales pour les parents dont les enfants ne vont pas en cours. Alors, quelles seront les nouvelles mesures qui entreront en vigueur en septembre prochain ? On fait le point sur les changements qui attendent les écoliers, les collégiens et les lycéens dès la rentrée 2019.

Enfants absentéistes, allocations familiales suspendues ?

Ce 14 mai 2019, le Sénat a voté un amendement qui prévoit "un contrat de responsabilité parentale" entre l'établissement scolaire et les parents d'élèves. Par conséquent, les parents dont l'enfant s'absente trop régulièrement des cours pourraient voir le versement de leurs allocations familiales suspendu. Concrètement, "la suspension du versement de la part des allocations familiales dues au titre de l'enfant en cause" sera appliquée en cas de récidive sur "au moins quatre demi-journées sur un mois" et "en l'absence de motif légitime ou d'excuses valables", précise le journal Le Monde. De son côté, Jean-Michel Blanquer s'est déclaré défavorable à cet amendement qui, pour l'heure, ne devrait pas mis en place à la rentrée prochaine. Le projet de loi pour une école de la confiance devra ensuite passer devant une commission mixte paritaire.

Drapeau français et Marseillaise

Les députés ont adopté un amendement d'Eric Ciotti (député LR) qui prévoit de rendre obligatoire la présence du drapeau tricolore bleu, blanc rouge, et du drapeau européen dans les salles de classe ainsi que les paroles du refrain de l'hymne national. "Je me félicite du vote de mon amendement rendant obligatoire le drapeau français dans chaque classe de chaque école de France. Les valeurs et symboles de la République appartiennent à tous les Français, ils doivent pouvoir se les approprier dés le plus jeune âge" avait-il déclaré. Cette nouvelle mesure pourrait donc être appliquée "dans chacune des salles de classe des établissements du premier et du second degré, publics ou privés sous contrat", précise le texte.

L'école obligatoire dès l'âge de 3 ans

A la rentrée 2019, l'âge de l'instruction obligatoire sera abaissé à trois ans (au lieu de 6 ans actuellement) afin d'offrir à tous les élèves les mêmes chances de réussir leur scolarité. Ainsi, l'entrée à l'école maternelle sera la première rentrée des classes de tous les enfants. Ainsi, l'article 2 du projet de loi sur l'école de la confiance prévoit l'abaissement de l'âge de l'instruction obligatoire à trois ans. Mais cette nouvelle mesure ne devrait concerner que 26 000 enfants environ, puisque près de 97 % des petits de 3 ans sont déjà scolarisés. En proposant cette nouvelle mesure, le gouvernement souhaite également réduire les inégalités. Néanmoins, les collectivités ne sont pas favorables à de telles dispositions puisqu'elles seront contraintes de financer les écoles maternelles privées sous contrat, tandis que la droite critique "la liberté de choix des parents". 

Une scolarité sans harcèlement

Un amendement proposé par le MoDem a été adopté le 12 février par l'Assemblée nationale dans le cadre du projet de loi "pour une école de la confiance". "Le droit à une scolarité sans harcèlement comme un principe du droit à l'Éducation" devrait rassurer nombre d'associations et d'élèves victimes de ce fléau chaque année. Des sanctions disciplinaires devront être fixées ensuite par décret en Conseil d'État, mais certaines ont d'ores et déjà été annoncées comme l'obligation pour un élève harceleur de suivre un stage de sensibilisation sur le harcèlement scolaire. "Déclarer dans le code de l'Éducation le droit de chaque élève de ne pas être exposé au harcèlement scolaire (...) permet d'envoyer un signal fort", a déclaré Erwan Balanant (MoDem), député du Finistère. "Dorénavant ce droit pourra être mieux expliqué aux enfants, notamment dans les campagnes de sensibilisation et de prévention (...) pour les inciter à ne plus tolérer certains comportements", a-t-il ajouté.

Expérimenter les rythmes scolaires

Dans son projet de loi "pour une école de la confiance", Jean-Michel Blanquer propose aux établissements scolaires qui le souhaitent, d'expérimenter de nouveaux horaires au cours de la journée. Comme au Royaume-Uni ou en Allemagne par exemple, les cours classiques pourraient donc avoir lieu le matin, et l'après-midi pourrait être consacré à la culture et au sport. Cette expérimentation pourra débuter dès la rentrée 2019 pour les écoles, collèges et lycées volontaires, qui pourront aussi tester de nouvelles procédures d'orientation pour les jeunes. Néanmoins, les parents qui sont opposés à cette proposition pourront faire une demande de dérogation. 

Le devoir d'exemplarité des enseignants

Le premier article du projet de loi précise "que la qualité du service public de l'éducation dépend de la cohésion de la communauté éducative". Jean-Michel Blanquer souhaite que tous les professionnels de l’éducation fassent preuve d'exemplarité et rappelle leur devoir de réserve envers l'institution. Est-ce une manière de leur suggérer de faire profil bas lorsque des professeurs expriment leur colère sur les réseaux sociaux, comme ce fut le cas récemment avec les hashtags #PasdeVague ou encore le mouvement des Stylos rouges ? C'est en tout cas ce que craignent les enseignants qui refusent de se sentir "muselés" ou de voir leur liberté d'expression restreinte pour donner l'exemple.

Les Institut nationaux supérieurs du professorat et de l'éducation (INSPE)

"Le projet de loi prévoit de modifier le nom des écoles chargées de la formation initiale des enseignants, les Écoles supérieures du professorat et de l'éducation (ESPE) devenant les Instituts nationaux supérieurs du professorat et de l'éducation (INSPE)", précise le ministère. Selon le gouvernement, les formations initiales présentaient des inégalités d'une région à l'autre. En outre, l'objectif est de renforcer la formation des professeurs et d'homogénéiser l'offre sur tout le territoire. 

Et aussi : des cours à 9h au lieu de 8h au lycée ?

Suite à la demande de Valérie Pécresse, les cours pourraient démarrer une heure plus tard au lycée. Le gouvernement s'est montré favorable à une expérimentation en Ile-de-France pour la rentrée 2019. Selon une étude américaine, cette heure supplémentaire, bénéfique pour le sommeil des ados, permettrait aux élèves moins fatigués d'être plus attentifs en classe. Ces derniers obtiendraient de meilleurs résultats scolaires, et les retards ainsi que l'absentéisme seraient diminués. 

Les transports en commun gratuits à Paris

Dans une interview accordée au journal Libération, la maire de Paris a annoncé, dans le cadre du rapport sur la mobilité du Grand Paris, que les transports en commun seraient gratuits pour les enfants en Ile-de-France. Qui est concerné ? A partir du 1er septembre 2019, le Pass Navigo sera offert aux Parisiens handicapés âgés de moins de 20 ans, les collégiens et les lycéens parisiens pourront se faire rembourser leur abonnement de 50% et les petits parisiens âgés de 4 à 11 ans pourront voyager gratuitement dans la capitale. Pour Anne Hidalgo, ces nouvelles mesures sont "en phase avec les deux grands enjeux de notre temps: la transition écologique et la réduction des inégalités", a-t-elle déclaré au quotidien.

Un nouveau baccalauréat

La réforme du bac entraîne de nombreux changements pour les lycéens. Concrètement, le baccalauréat va évoluer de manière à mieux préparer les élèves à leur orientation et favoriser leur réussite dans l'enseignement supérieur. Il contiendra uniquement quatre matières obligatoires (trois épreuves écrites et un oral), avec l'introduction d'un contrôle continu tout au long de l'année qui comptera pour 40% de la note finale. Même si ce nouveau bac ne sera appliqué qu'en 2021, les élèves de seconde sont les premiers concernés, puisque ce sont eux qui passeront cette nouvelle version du bac. En septembre 2018, ces derniers ont passé un test de positionnement pour évaluer leur niveau en français et mathématiques. Enfin, les collégiens qui font leur rentrée des classes en seconde bénéficient d'un accompagnement personnalisé et de 54 heures consacrées à leur orientation, pour mieux les aider à choisir la filière professionnelle qui leur convient. 

Le baccalauréat 2021 © Ministère de l'Education

Les frais d'inscription universitaire en hausse pour les étudiants étrangers

Cette hausse des frais d'inscription suscitait depuis plusieurs mois un véritable tollé chez les étudiants, mais aussi parmi les universités dont plusieurs ont déjà annoncé qu'elles refuseraient d'appliquer cette mesure injuste à la rentrée des classes. Deux textes publiés au Journal officiel ce dimanche 21 avril ont pourtant confirmé qu'elle entrerait en vigueur dès la prochaine rentrée universitaire. Par conséquent, les nouveaux étudiants extra-européens (la mesure ne concerne pas les élèves déjà inscrits) devront désormais payer 2 770 euros en licence et 3 770 euros en master et doctorat. Des frais d'inscription 10 fois plus élevés que pour les étudiants français et européens. Certains étudiants pourront toutefois être exonérés de cette augmentation en fonction de leur "situation personnelle" ou si leur statut cadre avec les "orientations stratégiques de l'établissement". Le gouvernement défend bec et ongles cette hausse dans laquelle elle voit une opportunité pour les universités françaises de devenir plus attractives. Un rapport parlementaire avait pourtant déterminé mi-mars qu'elle faisait au contraire courir "un risque réel de décrochage sur le court terme".

En 2022, pas plus de 24 élèves dans les classes

Emmanuel Macron a annoncé que les classes de grande section de maternelle, de CP et de CE1 ne dépasseraient plus le nombre de 24 élèves par classe. "Donner à chacun les mêmes chances pour réussir, c'est avoir des classes à taille humaine au moment où on apprend à lire, écrire, compter. Investir dans l'école, c'est la première politique de lutte contre les injustices dans notre pays", a déclaré le président de la République. Cette mesure doit encore être précisée car elle soulève la question de la création de nouvelles écoles pour accueillir les enfants, ainsi que de nouveaux postes d'Atsem. L'Etat accompagnera-t-il aussi ce changement au niveau financier ?

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