Si votre fils est agité et moins bon à l'école, tout vient sûrement de cette habitude à la maison selon un psy
Selon Vincent Joly, psychologue pour enfants, les petits garçons ont plus de difficultés scolaires que les filles et sont beaucoup plus turbulents, principalement pour cette raison.
C'est bien connu : à l'école, les petits garçons sont plus souvent turbulents que les filles, et par conséquent, moins bons dans leurs résultats scolaires. Mais la tendance s'inverse en grandissant. Les filles, pourtant sérieuses et consciencieuses dans les petites classes, peinent davantage à poursuivre leurs études supérieures ou à choisir des filières scientifiques. Mais alors, pourquoi les petits garçons sont-ils moins bons à l'école, notamment dans les petites classes ? Selon Vincent Joly, psychologue pour enfants et adolescents, la raison principale serait liée à certaines habitudes à la maison, mais pas que.
Il faut d'abord rappeler que "les maîtresses sont principalement des femmes, et que les fillettes vont plus facilement s'identifier à elles pour apprendre", explique le psychologue. Mais au fur et à mesure du cursus scolaire, le personnel enseignant qui était très majoritairement féminin diminue tout autant que l'effet d'identification. "Les stéréotypes de genre un peu misogyne font que les jeunes hommes sont plus valorisés à l'université" tandis que les filles vont s'exclure de certaines filières notamment scientifiques.
Mais selon le spécialiste, la raison principale serait liée aux types de dessins animés que les enfants regardent à la maison. "Du point de vue des normes sociales, il faut que les garçons ressemblent à Batman, Spiderman ou Hulk, alors que Dora l'exploratrice, elle, apprend des langues étrangères", pointe du doigt Vincent Joly. "Du côté des contenus culturels, on vend des modèles de virilité toute puissante" mais en y regardant de plus près, "Hulk a un corps vert difforme, les enfants jouent à lui ressembler, tapent tout le monde, et dans le même temps, on demande aux petits garçons d'apprendre à être calmes et sages".
Selon le psychologue, cette nouvelle mythologie américaine ne produit pas que des bonnes choses, car "lorsqu'on se prend pour Dieu, on est vite coincé dans ce rôle", estime-t-il. Et même si les enfants ne regardent pas la télévision ou ce type de dessins animés, "de toutes les façons, leurs camarades jouent à Hulk et Spiderman dans la cour de récréation. "Je suis toujours surpris que l'on manque de conscience à ce niveau là : on veut changer les normes et les relations homme-femme, mais du point de vue des dessins animés Hulk a une masculinité toxique". Il ajoute que cette mythologie de la toute puissance exite trop les enfants, avec pour conséquence "de pousser les petits garcons à vouloir se comparer à ces images de surhomme, à se sentir très infernal et à compenser en gigotant tout le temps". Mais il ne s'agit pas de tout mettre à la poubelle.
Bien qu'il reste essentiel de limiter le temps d'écran chez les enfants pour les préserver des risques bien connus, "il s'agit de choisir les bons contenus", nuance Vincent Joly. Certains dessins animés "de qualité" permettent de transmettre à l'enfant de bonnes valeurs. C'est notamment le cas de Tchoupi, ou encore Bluey, qui apprend le sens du partage.