Prématurité : le congé paternité allongé en cas d'hospitalisation ?

L'Assemblée nationale a voté un amendement visant à allonger le congé paternité en cas d'hospitalisation du nouveau-né. Cet amendement gouvernemental devrait être adopté définitivement d'ici fin décembre.

Prématurité : le congé paternité allongé en cas d'hospitalisation ?
© Mario Ondris-123rf

[Mise à jour du 29/10/2018]. Dans le cadre du projet de loi de finance de la Sécurité sociale, l'Assemblée nationale a voté à l'unanimité en faveur de l'amendement visant à allonger la durée du congé paternité lorsque le nouveau-né est hospitalisé à la suite d'un accouchement prématuré. Car actuellement en France, les pères peuvent prétendre à 3 jours de congé de naissance et à 11 jours de congé paternité, généralement pris lorsque l'enfant sort de l'hôpital ou de la maternité. "Cela signifie que pendant toute la durée d'hospitalisation, il doit travailler et ne peut accompagner ni son enfant, ni sa conjointe dans ce moment critique où la famille doit se construire malgré le contexte difficile et parfois dramatique", déplorait l'association SOS Préma dans un communiqué. Tandis que la mère bénéficie depuis 2006 (et grâce aux actions de l'association) d'un allongement de son congé maternité, qui lui permet d'accompagner son bébé durant toute la durée de son hospitalisation.

Ainsi, cet amendement gouvernemental, qui devrait être définitivement adopté d'ici la fin de l'année 2018, est donc une bonne nouvelle. "Sa durée sera fixée par décret. Ce congé s'appliquera à tous les régimes de sécurité sociale afin d'assurer une stricte équité entre les assurés. Les modalités d'indemnisation seront les mêmes que celle du congé paternité actuel, c'est-à-dire un versement d'une indemnité journalière pour tous les salariés et les travailleurs indépendants et l'attribution d'une allocation de remplacement pour les exploitants agricoles" a déclaré la ministre de la Santé Agnès Buzyn. 

Consolider le lien entre les parents et l'enfant. La présence des deux parents est essentielle pour l'enfant, précisait Charlotte Bouvard, fondatrice et directrice de l'association SOS Préma, dans une interview au Journal des Femmes. Peau à peau, allaitement au sein, dormir avec son bébé... "Dans la mesure du possible, les parents doivent rester le plus souvent aux côtés de leur nouveau-né, car leur présence est un véritable médicament pour l'enfant", avait-elle déclaré. "De plus, les dernières études montrent que la présence des deux parents durant l'hospitalisation du nouveau-né favorise le lien parent-enfant et améliore le développement moteur, cognitif, affectif et sensoriel du bébé", ajoute l'association. "Cette disposition contribuera à la consolidation du lien entre le parent et l'enfant mais également à l'amélioration de la santé publique dans la mesure où elle permettra un meilleur accompagnement de l'enfant pendant son hospitalisation. Elle participera également au soutien de la mère de l'enfant pendant cette période critique" a ajouté Agnès Buzyn. 

En France, 75000 bébés sont hospitalisés chaque année à la naissance. Parmi eux, 60000 sont prématurés, soit 165 bébés qui voient le jour trop tôt. 
© SOS Préma

Une carte postale pour interpeller les députés. Pour sensibiliser les pouvoirs publics, l'association SOS Préma avait envoyé, en avril 2018, une carte postale au 577 députés où Camille, née à 25 SA (soit 5 mois de grossesse), confie la détresse de sa famille lors de son hospitalisation qui a duré 79 jours. "Je me battais pour vivre, mais Papa n'était pas là car il devait aller travailler. Il a tellement souffert de ne pas avoir pu occuper la place de père et de conjoint nécessaire à l'équilibre de notre jeune famille. Chaque jour, il faisait 140 km le matin pour déposer Maman à l'hôpital, m'embrasser et repartir travailler, en sachant que je luttais et que Maman se sentait si seule. Chaque soir, il gérait à la maison, s'occupait de ma grande sœur, puis la déposait chez une voisine et refaisait 140 km pour passer si peu de temps avec moi, et ramener Maman à la maison. Et cela pendant 2 mois et demi", décrit la petite Camille au verso de cette carte. Pour finir, elle incite à cosigner la proposition de loi de Bastien Lachaud. "A l'heure où l'égalité hommes-femmes est une priorité, j'aimerais que tu t'engages en cosignant, pour tous les nouveau-nés hospitalisés à la naissance, qui ont tant besoin de leur deux parents"

Cette action semble avoir marqué les esprits. 

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