En Méditerranée, ce poisson aux dents acérées "peut couper un doigt" préviennent des pêcheurs

De la Grèce à la Turquie, ce poisson perturbe le travail des pêcheurs et surprend parfois les vacanciers.

En Méditerranée, ce poisson aux dents acérées "peut couper un doigt" préviennent des pêcheurs
©  hudakore

Ce drôle de poisson venu de la mer Rouge colonise les côtes méditérannéennes en raison du réchauffement des eaux. Pour les pêcheurs locaux, la situation est devenue un véritable cauchemar : ce poisson déchiquette leurs filets en y laissant des dizaines de trous béants et mutile une grande partie de leurs captures quotidiennes. Le prédateur, qui semble pourtant inoffensif à première vue, ne recule devant rien et s'aventure de plus en plus près des plages, notamment autour de la Crète et des îles du Dodécanèse en Grèce, représentant un risque pour les vacanciers qui nagent à proximité du rivage.

L'inquiétude grandit chez les touristes en raison d'attaques surprenantes et violentes, souvent causées par la curiosité ou la quête de nourriture de l'animal. "Si l'un d'eux vous mord, il vous arrachera le doigt", a déclaré à l'AFP Alexis Charalampakis, un pêcheur de 43 ans ayant constaté la puissance de leurs mâchoires. En Grèce, une baigneuse a récemment dû être transportée d'urgence à l'hôpital pour des points de suture après une attaque au bord de l'eau. Ce cas rappelle des précédents graves survenus le long des côtes turques, où une fillette de huit ans avait subi une amputation traumatique d'une partie de son doigt, tandis qu'une autre femme de 57 ans a souffert d'une infection locale sévère et d'une inflammation persistante pendant plus de deux mois après avoir été mordue à la jambe.

© byrdyak

Ce coupable qui terrorise les vagues n'est autre que le poisson-globe argenté ou "poisson-ballon" (scientifiquement nommé Lagocephalus sceleratus). Ce poisson migrateur se distingue par sa capacité à doubler de volume lorsqu'il se sent menacé. Sa mâchoire, semblable à un bec rigide, possède quatre dents massives et soudées (deux en haut, deux en bas) capables de broyer du bois ou des coquillages. Au-delà du risque physique évident de sa morsure, l'animal est l'un des poissons les plus venimeux au monde. Ses organes, notamment son foie et son tissu musculaire, renferment de la tétrodotoxine, une neurotoxine mortelle pour l'homme, qui provoque des paralysies musculaires et des arrêts respiratoires en cas d'ingestion.

Face à la multiplication des signalements pendant la saison estivale, la Croix-Rouge hellénique a publié des directives strictes à destination des baigneurs. Si vous apercevez ce poisson-globe près d'une plage ou dans des eaux peu profondes, ne cherchez jamais à l'approcher, à le nourrir ou à le toucher, car il peut attaquer. En cas de morsure, la première urgence consiste à laver immédiatement et abondamment la plaie à l'eau courante et au savon pour éviter les complications bactériennes, en évitant les antiseptiques sauf indication médicale. Pour stopper le saignement abondant provoqué par ses dents tranchantes, appliquez une pression ferme et continue à l'aide d'un linge propre ou d'une gaze, tout en maintenant le membre blessé surélevé si la coupure est profonde. Il est impératif de se rendre immédiatement dans un centre médical ou d'appeler les secours pour recevoir des soins spécialisés, un vaccin contre le tétanos ou des points de suture.

Enfin, il est essentiel de rappeler qu'une morsure de ce poisson-globe n'est pas venimeuse en soi : l'animal n'injecte pas sa toxine mortelle par les dents, le danger des morsures reste donc purement mécanique et infectieux. Le véritable peril mortel réside exclusivement dans sa consommation. Il est formellement interdit par la législation européenne de commercialiser ou de manger ce poisson sous quelque forme que ce soit.