Il n'y a pas que les humains : ces animaux peuvent aussi changer de sexe

Loin d'être une exception, il existe en réalité de nombreuses espèces capables de changer de sexe au cours de leur vie. Des stratégies reproductives fascinantes, qui prouvent que les animaux ne cesseront jamais de nous étonner.

Il n'y a pas que les humains : ces animaux peuvent aussi changer de sexe
© Christian Fischer - Wikimedia Commons

Non, les êtres humains ne sont pas les seuls à pouvoir changer de sexe : de nombreux animaux en sont également capables. Pour eux, pas besoin de passer par la case chirurgie, leur métabolisme fait le travail tout seul quand cela devient nécessaire. On connaît tous le terme hermaphrodite, qui désigne le fait de posséder à la fois des organes reproducteurs mâle et femelle. L'exemple le plus connu est l'escargot, mais c'est aussi le cas des vers de terre, ou de certaines coquilles Saint-Jacques. En revanche, peu d'entre nous connaissent l'existence des autres types d'hermaphrodisme : on parle d'hermaphrodisme successif quand un même individu change de sexe au cours de sa vie. 

Selon les scientifiques du Muséum d'histoire naturelle de Genève, "le changement de sexe chez les animaux n'est pas rare du tout" mais "il est impossible de chiffrer le nombre d'espèces" capables d'opérer une telle transformation, tout simplement car on ne connaît pas encore toutes les espèces présentes sur Terre. En revanche, on connaît déjà un certain nombre d'animaux qui arrivent à modifier leur biologie, dans un sens comme dans l'autre : les hermaphrodites protandres naissent mâles et deviennent ensuite femelles, tandis que les hermaphrodites protogynes naissent femelles et deviennent ensuite mâles. D'ailleurs, certains peuvent même changer de sexe à plusieurs reprises, comme c'est le cas des huîtres par exemple. Des stratégies de survie fascinantes, qui diffèrent selon chaque espèce, et qui prouvent surtout que le règne animal est bien plus complexe qu'on ne pourrait le penser. 

© appolegi

L'hermaphrodisme successif est principalement observé chez les poissons et les mollusques. L'un des exemples les plus parlants est sans nul doute celui du poisson-clown. Mais le film d'animation de Disney n'est pas tout à fait fidèle à la réalité : dans la vraie vie, le père de Nemo aurait sûrement dû devenir une femelle après avoir perdu sa femme. Les poissons-clowns vivent dans un régime matriarcal, où une femelle domine un groupe de mâles. Seul le mâle dominant peut se reproduire avec la femelle. Mais si celle-ci meurt, c'est lui qui prend sa place. Il change de sexe pour prendre la tête du groupe et devenir la nouvelle femelle reproductrice, grâce à une modification de sa production hormonale : ses organes mâles régressent, tandis que des tissus ovariens se développent.

Chez le mérou brun, c'est l'inverse : il n'a pas de sexe avant l'âge de 4 ans, vit en tant que femelle entre 5 et 12 ans, puis devient mâle jusqu'à la fin de sa vie (environ 50 ans) si le mâle dominant vient à disparaître. Son cousin, le serrant commun, est encore plus particulier. En 2016, des chercheurs de l'université de Floride ont découvert qu'il pouvait changer de sexe une vingtaine de fois par jour ! Et la raison derrière cette capacité hors norme est encore plus incroyable : ils alternent leur rôle sexuel avec leur partenaire afin d'entretenir leur coopération... et d'éviter la tromperie

Malheureusement, d'autres animaux subissent des changements de sexe en raison du changement climatique. Si certaines espèces de grenouilles se transforment en l'absence de partenaire disponible, d'autres inversions sexuelles peuvent être imputées à l'homme : comme l'explique GEO, les têtards mâles peuvent devenir femelles après avoir été exposés à certains polluants. Bien qu'elle ne soit plus officiellement dans la liste des espèces menacées depuis fin 2025, la tortue verte est elle aussi victime du de l'activité humaine : son sexe est déterminé par la température du nid. Les œufs deviennent mâles dans un milieu froid, et femelles dans un environnement chaud. Avec le réchauffement climatique, on dénombre ainsi plus de naissances de femelles que de mâles, ce qui pourrait causer, à termes, des problèmes pour la reproductivité de l'espèce. 

Concrètement, le changement de sexe peut prendre de multiples formes au sein du règne animal. Qu'il soit déclenché par des facteurs internes comme l'âge, ou par des dynamiques sociales comme la perte d'un individu dominant, ce phénomène bouscule nos certitudes. Il démontre que la biologie est loin d'être figée et que la transition, loin d'être une anomalie, est un mécanisme d'adaptation parfaitement naturel.