MADE IN BANGLADESH, SEULES LES BÊTES... : nos coups de cœur ciné du 4 décembre

Découvrez le quotidien de travail éprouvant des ouvrières du textile bangladaises. Reconstituez le puzzle d'une étrange disparition. Regardez le monde avec le regard d'un clown triste. "Made in Bangladesh", "Seules les Bêtes" et "It Must be Heaven" sont nos conseils ciné de la semaine.

MADE IN BANGLADESH, SEULES LES BÊTES... : nos coups de cœur ciné du 4 décembre
© Pyramide Distribution

Made in Bangladesh de Rubaiyat Hossain

Shimu, 23 ans, travaille au sein d'une usine textile de Dacca, au Bangladesh, dans des conditions absolument innommables. Quotidien éreintant, salaire de misère, problèmes de santé en rafale… Face à cette vie douloureuse et sans perspectives épanouissantes, elle décide, en embarquant quelques collègues dans son élan, de monter un syndicat pour construire un avenir plus respirable. Fruit de plus de trois ans de recherches, Made in Bangladesh de Rubaiyat Hossain est inspiré de la véritable trajectoire de Daliya Akter, une travailleuse du textile qui a fait bouger les lignes de son pays en soulevant une vague d'émancipation. Ce drame d'utilité publique, entre ombres et lumières, célèbre les femmes et épingle l'autorité patriarcale et le monstre capitalistique qui asservit les peuples, sans scrupule, pour le plaisir de sa grosse panse. Les super-héroïnes n'ont pas toujours le costume de Wonder Woman.   

Avec Rikita Shimu, Novera Rahman, Deepanita Martin (1h35)

Seules les Bêtes de Dominik Moll

Adapté du roman homonyme de Colin Niel, Seules les Bêtes a pour point de départ la disparition mystérieuse d'une femme (Valeria Bruni Tedeschi) dans les Causses. Un événement tragique qui réunit et entremêle plusieurs destins : un couple de fermiers (Laure Calamy et Denis Ménochet), une serveuse (la révélation Nadia Tereszkiewicz), un cyber-criminel ivoirien (Guy Rober N'Drin) et un homme solitaire (Damien Bonnard). Divinement écrite et impeccable construite, l'intrigue multiplie les points de vue des personnages et révèle ses délectables secrets par couches successives. Ainsi, grâce à sa mise en scène au cordeau, Dominik Moll –à qui l'on doit l'inoubliable Harry, un ami qui vous veut du bien– nous embarque dans un thriller aux contours fantastico-drolatiques dont on ne perd pas une miette, jusqu'à son implacable résolution. Une jubilation portée par des acteurs prodigieux, toujours au service du plaisir du spectateur !   

Avec Denis Ménochet, Laure Calamy, Valeria Bruni-Tedeschi (1h57)

It Must be Heaven d'Elia Suleiman

4 films en 23 ans. Elia Suleiman prend son temps et c'est tant mieux. Car chacune de ses oeuvres est brodée et usinée avec soin, longuement mûrie et pensée. En témoigne le sublime It Must Be Heaven, salué par une mention spéciale du jury lors du dernier Festival de Cannes. Dans ce bijou de poésie burlesque, qui rappelle tant Buster Keaton ou Jacques Tati, dont il est l'un des héritiers, le cinéaste se met en scène quittant sa Palestine pour trouver une nouvelle terre d'accueil. Il va ainsi balader sa silhouette de clown triste entre Paris et New York, observant des scènes quotidiennes dont le caractère (faussement) banal est complètement représentatif de la bêtise ou de la violence du monde. Alliant nostalgie, mélancolie et humour ravageur, le maestro nous offre un trip contemplatif, une méditation sur nous-même et sur ce monde fou qui nous entoure. Une merveille !

Avec Elia Suleiman, Gael Garcia Bernal, Tarik Kopty (1h42)

MADE IN BANGLADESH, SEULES LES BÊTES... : nos coups de cœur ciné du 4 décembre
MADE IN BANGLADESH, SEULES LES BÊTES... : nos coups de cœur ciné du 4 décembre

Made in Bangladesh de Rubaiyat Hossain Shimu, 23 ans, travaille au sein d'une usine textile de Dacca, au Bangladesh, dans des conditions absolument innommables. Quotidien éreintant, salaire de misère, problèmes de santé en rafale… Face à...