Demain est à Nous, Au Nom de la Terre : nos coups de cœur du 25 septembre

Admirez le parcours hallucinant d'enfants altruistes et généreux. Plongez dans le quotidien tourmenté d'un agriculteur saisi par les tracas de son métier. Découvrez la remise en question d'un cadre sup viré de sa boite. "Demain est à Nous", "Au Nom de la Terre" et "Ceux qui Travaillent" sont nos conseils ciné de la semaine.

Demain est à Nous, Au Nom de la Terre : nos coups de cœur du 25 septembre
© Apollo Films

Demain est à nous de Gilles de Maistre

En France, Arthur peint des tableaux qu'il revend pour venir en aide aux SDF. En Guinée, Aïssatou monte au créneau pour empêcher les mariages forcés des mineures. Au Pérou, José Adolfo a monté une banque coopérative pour sensibiliser les plus jeunes à la question environnementale… ect. Après Le Premier Cri, dans lequel il suivait plusieurs grossesses dans différents pays, ou Mia et le Lion Blanc, qui a réuni 1,5 million de spectateurs en salles, le réalisateur Gilles de Maistre a sillonné le monde pour les besoins de Demain est à Nous. Son objectif ? Nous prévenir que les enfants ont tapé du poing sur la table et pris leur destin en main. Dans sa louable démarche, il parvient à éluder le piège de l'angélisme, du portrait béat, grâce à la sincérité qui émane de chaque sujet immortalisé. Par leurs gestes, emprunts d'humanité, délestés de toute idée reçue, par leurs mots réconfortants et rassembleurs, ces (grands) gamins éclairent la voie du futur, laissant souvent les adultes autour d'eux émerveillés. Ou cois. De quoi redonner foi en l'autre, en l'humanité et en demain. 

Avec José Adolfo, Arthur, Aïssatou (1h24)

Au Nom de la Terre d'Edouard Bergeon

Quand Pierre (Guillaume Canet) rentre du Wyoming pour retrouver sa fiancée Claire (Veerle Baetens), il est porté ce bonheur de chouchouter la ferme familiale. Les saisons passent et tout est beau fixe. Sauf que les dettes se creusent bientôt. L'époque change. Les impératifs avec. Pierre entre en conflit avec son père (Rufus), qui ne comprend pas les nouvelles méthodes du métier. Puis viennent les cris, les crispations, les investissements financiers, la fatigue morale, la décrépitude physique et l'incendie. La famille tout entière titube et sombre, donnant à vivre, avec une palpable intimité, les mécanismes qui mènent à la déraison. Inspiré par son documentaire Les Fils de la Terre, lui-même basé sur la vie de son père -décédé le 29 mars 1999 après avoir ingéré des pesticides-, Edouard Bergeon livre ici un récit autobiographique poignant dans lequel il exhume les différents problèmes qui ont mené sa famille au drame. Il retrace implacablement toutes les contrariétés économiques et les imprévus dévastateurs qui font de l'existence d'un agriculteur un combat épuisant pour la survie. Glaçant. 

Avec Guillaume Canet, Veerle Baetens, Anthony Bajon (1h43)

Ceux qui Travaillent de Antoine Russbach

Frank est cadre supérieur dans une grande entreprise de fret maritime. Sa vie de famille est quasiment sacrifiée pour sa vie professionnelle. Un jour, tout part en vrille. Face à une situation de crise à bord d'un cargo, ce dernier, dos au mur, dans l'urgence, est forcé de prendre -seul- une décision qui va précipiter son licenciement. D'un coup, il perd tout, trahi par un système et une hiérarchie pour lesquels il avait une confiance infinie et aveugle. Commence dès lors une douloureuse remise en question… Présenté en première mondiale lors du dernier Festival de Locarno, Ceux qui Travaillent marque les premiers pas ultra prometteurs du cinéaste suisse Antoine Russbach. Sans idéologie ni dogmatisme, sans non plus s'ériger en censeur, en ennemi ou allié du capitalisme, l'intéressé dresse un portrait froid de la violence du monde du travail, du cynisme qui cancérise les rapports de force. Au cœur de cet engrenage, Olivier Gourmet trouve un nouveau rôle sur-mesure, pour lequel il déploie des trésors d'interprétation. 

Avec Olivier Gourmet, Adèle Bochatay, Louka Minnella (1h42)