AU NOM DE LA TERRE : 3 bonnes raisons de voir le film

En salles le 25 septembre, "Au Nom de la Terre" marque les premiers pas d'Edouard Bergeon à la réalisation. En résulte un récit autobiographique poignant, porté par Guillaume Canet, qui ausculte les difficultés du monde agricole. Voici trois bonne raisons de le découvrir !

AU NOM DE LA TERRE : 3 bonnes raisons de voir le film
©  Diaphana Distribution

Au Nom de la Terre : un récit qui vient des tripes

En 2013, Edouard Bergeon livre un documentaire douloureux avec Les Fils de la Terre. Lequel s'intéresse aux conditions de vie difficiles des agriculteurs français. Le réalisateur en connaît un rayon sur la triste question : son père, Christian, est décédé le 29 mars 1999 après avoir ingéré des pesticides. Quand Guillaume Canet découvre cette œuvre, il est saisi et bouleversé, au point d'en envisager une transposition. Il apprendra plus tard qu'un scénario est déjà dans les tuyaux : celui d'Au Nom de la Terre. Dans ce premier long métrage, Bergeon fictionnalise son quotidien auquel il donne vie avec une véracité et une honnêteté infaillibles. A travers le parcours de Pierre Jarjeau (Guillaume Canet), il retrace, de manière implacable, toutes les contrariétés économiques et les imprévus dévastateurs qui font de la vie d'un agriculteur un combat épuisant pour la survie. Son film est, à cet effet, pensé comme un crescendo menant à un sordide point de non-retour.    

Au Nom de la Terre, l'illustration d'une sombre réalité 

Quand Pierre, le protagoniste du film, rentre du Wyoming pour retrouver sa fiancée Claire (Veerle Baetens), il est porté par l'espoir. Celui de chouchouter la ferme familiale et honorer son amour pour la terre. Les saisons passent –la temporalité du scénario s'étale précisément sur une quarantaine d'années– et tout est beau fixe. Seulement, insidieusement, les dettes commencent à se creuser et assèchent le sol du quotidien. L'époque change. Les impératifs avec. Pierre s'écharpe avec son propre père (Rufus), qui ne comprend pas les nouvelles méthodes du métier. Des cris. Des crispations. Aux investissements financiers succèdent bientôt la fatigue morale et la décrépitude physique. De sollicitations bancaires à l'incendie accidentel, la famille tout entière, sous les yeux apeurés du fils unique (Anthony Bajon), titube et sombre, donnant à vivre, avec une palpable intimité, les mécanismes qui mènent à la déraison. A la mort.

Au Nom de la Terre : un casting au diapason

Son abnégation suinte. Son envie de rendre hommage à l'homme qu'il incarne, aussi. Guillaume Canet avait pourtant la pression, celle de se glisser sous les traits du défunt père de celui qui le filme. Un défi pour lequel il s'est investi en poussant le mimétisme et la ressemblance avec son sujet à son maximum. Le comédien, de tous les plans, a pu aussi compter sur des partenaires inspirés. Rufus est parfait en père amer, symbole d'une époque destituée et témoin d'un ordre nouveau, qu'il exècre. Veerle Baetens, révélée au public français grâce à son rôle inoubliable de chanteuse en deuil dans Alabama Monroe, est vibrante en épouse solide, qui essaye de ne jamais rompre. Quant à Anthony Bajon, salué au Festival de Berlin en 2018 pour son rôle puissant de toxicomane en reconstruction dans La Prière, il constate l'effondrement de ce monde avec la fragilité de son regard. En somme : une distribution au cordeau !  

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"Au nom de la terre // VF"