Romain Duris, éternel rebelle

Dans "Nos Batailles", Romain Duris incarne un père célibataire, quitté par son épouse, qui lutte pour le bien-être de ses enfants. Un rôle poignant, à la hauteur du talent d'un acteur pas comme les autres. Retour sur la carrière de ce trublion au sourire étincelant.

Romain Duris, éternel rebelle
© Aurore Marechal/ABACAPRESS.COM

On l'a découvert dans Le Péril Jeune de Cédric Klapisch. Avouons-le, sa belle gueule de rebelle et son air bohème nous ont fait immédiatement fantasmer. Quelques années plus tard, on le retrouvait devant la caméra du même réalisateur, qui le filmait, complètement dépaysé, en apprenti écrivain dans sa foutraque Auberge Espagnole. En "adulescens" qui se cherchait, Romain Duris confirmait son talent et trouvait son public (nous, mais pas que). Puis, dans le costume chic et sexy de l'Arnacoeur prêt à se déhancher sur une choré de Dirty Dancing pour séduire Vanessa Paradis, l'acteur nous emmenait au 7e ciel. Déjà très Populaire dans les comédies, le beau brun prouvait aussi qu'il savait user de son regard ténébreux dans le registre noir. Son De battre mon coeur s'est arrêté nous touchait en plein cœur.
Au fil d'une irréprochable filmographie, Romain Duris a confirmé son talent d'homme à tout (savoir) faire y compris se hisser sur des talons et enfiler une robe pour devenir Une nouvelle amie... ou une soutane dans La Confession de Nicolas Boukhrief, Romain Duris, prêtre défroqué suscite l'attirance de toutes les femmes et plus particulièrement de Barny, interprétée par la superbe Marine Vacth.
En ce qui concerne l'acteur, son charme hypnotique ne peut laisser indifférent. Peut-être est-ce dû à son côté rebelle optimiste, énigmatique et plein de contradictions...

Romain Duris : un agitateur, un provocateur

Né en 1974 d'un père architecte et d'une mère danseuse, Romain Duris a cultivé son âme d'artiste depuis le plus jeune âge. Un moyen de s'exprimer pour ce benjamin qui a grandi au côté d'un grand frère, François et d'une grande sœur, Caroline. "En tant que petit dernier d'une famille, il a fallu que je m'impose pour exister et pour le faire comprendre aux autres. C'est une position qui, souvent, incite à vouloir se faire aimer", confiait-il à Psychologies.

À l'école Duperré, il se passionne pour le dessin avant de se tourner vers la musique. Après une brève expérience dans un groupe de jazz-rap, il est remarqué à la sortie des cours par un directeur de casting, intrigué par son look bobo avant l'heure de jeune artiste négligé. C'est ainsi qu'il fait ses débuts d'acteur à 18 ans, en 1994, dans Le Péril jeune, réalisé par Cédric Klapisch.

Le comédien novice enchaîne ensuite les rôles de rebelles incompris dans Mémoires d'un jeune con ou Dobermann. En 1999, le succès frappe à la porte : Romain Duris est nommé dans la catégorie du meilleur espoir masculin aux César pour son rôle dans Gadjo Dilo, de Tony Gatlif, dans lequel il campe un Parisien qui parcourt la Roumanie à la recherche d'une chanteuse tzigane. Un personnage en adéquation avec sa personnalité. "À l'époque, mon idée du cinéma était de l'ordre de la bohème, de l'éclaté, du risque", explique l'acteur dans L'Express. Pendant le tournage, il boit de la vodka avec le chef d'un village tzigane, par une nuit glaciale. L'aventure, le dépassement de soi et des limites portent ce jeune rebelle qui navigue à contre-courant dans les eaux du succès. Déjà à ses débuts, il n'accepte les rôles qu'au coup de cœur.

Romain Duris : l'omnipotent

Les années passent et Romain Duris laisse peu à peu son style débraillé au placard et diversifie ses rôles. Avec L'Auberge espagnole, de Claude Klapisch, c'est la consécration. Romain Duris obtient le rôle de Xavier, personnage principal, naïf et innocent, qui part en Espagne afin d'apprendre la langue et atterrit dans une auberge avec sept colocataires de contrées différentes. Au début des années 2000, le comédien confirme ses talents en incarnant tour à tour le dandy Arsène Lupin dans le film du même nom, un pianiste en devenir dans De Battre mon cœur s'est arrêté, ou encore un Jean-Baptiste Poquelin facétieux dans Molière.

Romain Duris, à contre-courant

Paré de son plus beau sourire, Romain Duris s'essaie à la comédie dans l'Arnacœur de Pascal Chaumeil, dans lequel il tente de séduire l'hypnotique Vanessa Paradis. Un rôle qui achève de le faire connaître auprès du public français… Au point de devenir un acteur populaire ? Surtout pas ! Le sympathique brun persiste et signe, dans Marie Claire : "Si une chose peut vraiment me déprimer, c'est que l'on me range dans une case bien confortable du cinéma français. Du style : le type installé. Quelle horreur. En réaction, et en prévention, je continue à jouer au con de temps en temps. Et à ne pas me prendre au sérieux." L'énigmatique quadra tient également à protéger sa vie privée. On sait qu'il est père de deux garçons de 9 et 5 ans, nés de son union avec l'actrice Olivia Bonamy, mais il ne tient pas à en dire plus. Un dernier conseil, ne lui demandez pas de selfie, il y a de grandes chances qu'il refuse. Dont acte.

Audacieux, le comédien continue d'enfiler de nouveaux habits et se travestit même en femme pour le film Une nouvelle amie, de François Ozon, dans lequel il donne la réplique à Anaïs Demoustier. Une performance qui lui vaut d'être nommé au César du meilleur acteur.

Romain Duris : l'émotion avant tout

Dans Nos Batailles, en salles le 3 octobre, Romain Duris s'illustre dans un rôle qu'il connaît bien : celui de père aimant. Olivier, ouvrier d'usine, se retrouve désemparé lorsque son épouse décide de quitter le foyer, le laissant seul avec ses enfants. Face à ces nouvelles responsabilités, un défi compliqué se présente à lui : assumer son rôle de père célibataire tout en continuant à être efficace et disponible dans sa vie professionnelle. Après le rebelle, le souriant, l'audacieux, on découvre un Romain Duris bouleversant, qui improvise toutes les scènes, qui plus est. Le réalisateur Guillaume Senez se contente de donner la trame aux comédiens ; à eux d'inventer les dialogues. l'expérience a plu à l'acteur avide de liberté, qui explique au JDD : "C'était quasiment comme repartir de zéro. Je me sens désormais porté par une énergie nouvelle qui me pousse à ne plus m'appuyer sur les mots mais sur mes émotions. Ce film m'a donné des ailes." Et nous d'assurer que l'acteur Romain Duris continuera de voler haut, très haut.

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