La première semaine de juillet est particulière : elle donne une indication sur la météo des semaines suivantes
Début juillet, un phénomène bien connu des climatologues peut donner une première indication sur la tendance qui dominera le reste de l'été.
La météo est sur toutes les lèvres. Après deux épisodes de canicule précoces qui ont déjà frappé la France, beaucoup se demandent si le reste de l'été sera du même acabit ou si un changement est enfin en vue. Les prévisions à plusieurs semaines restent très incertaines, mais les météorologues savent qu'il existe une période particulière : les dix premiers jours de juillet. Sans permettre de prédire l'avenir, elle peut donner une indication sur la tendance des semaines suivantes.
La raison se joue à plusieurs kilomètres au-dessus de nos têtes. À cette époque de l'année, le courant-jet, ce puissant ruban de vents qui dirige les perturbations sur l'Europe, a parfois tendance à se stabiliser. Lorsqu'il conserve la même position pendant plusieurs jours, les grands régimes météorologiques changent moins facilement. Un anticyclone peut alors s'installer durablement et favoriser des journées chaudes et sèches, tandis qu'un flux venu de l'Atlantique peut maintenir un temps plus frais et plus perturbé. Ce n'est pas une certitude, mais une configuration qui augmente les chances de voir le même type de météo se prolonger.
Cette particularité est d'ailleurs connue depuis des siècles. Bien avant les satellites et les modèles numériques, les habitants d'Europe centrale avaient remarqué que le temps observé au début du mois de juillet se prolongeait souvent pendant plusieurs semaines. De cette observation est née la règle des "Sept Dormants", une tradition populaire longtemps considérée comme du folklore. Aujourd'hui, les climatologues y voient surtout la traduction d'un phénomène bien réel : c'est souvent à cette période que les grandes circulations atmosphériques prennent leur place pour une bonne partie du cœur de l'été.
Si cette règle est surtout vérifiée en Allemagne, le phénomène atmosphérique qui l'explique concerne toute l'Europe occidentale. Les masses d'air et les centres de hautes ou de basses pressions ne s'arrêtent pas aux frontières. Lorsqu'un vaste anticyclone s'installe début juillet, il peut influencer la météo française pendant plusieurs semaines. À l'inverse, un courant océanique plus dynamique peut favoriser un temps plus frais et plus perturbé. Les régions méditerranéennes restent toutefois un peu à part, car elles répondent à des mécanismes climatiques spécifiques.
Cela ne signifie pas que la météo de tout l'été est déjà écrite. Des épisodes orageux, des décrochages d'air frais ou, au contraire, de nouvelles vagues de chaleur peuvent toujours modifier la situation. Mais si les conditions observées en cette première semaine de juillet ont tendance à se maintenir, elles pourraient donner un premier indice sur la suite de la saison. Or, pour le moment, le temps reste globalement chaud sur une grande partie de la France. Après deux canicules déjà enregistrées depuis le début de l'été, cette évolution sera suivie de près dans les prochains jours afin de savoir si cette chaleur durable s'installe ou si un changement de régime météo se dessine.