Christophe Castaner ne portera finalement pas plainte contre Camélia Jordana

Après avoir publiquement condamné les propos de Camélia Jordana sur les violences policières, Christophe Castaner a décidé de ne pas porter plainte contre la chanteuse.

Christophe Castaner ne portera finalement pas plainte contre Camélia Jordana
© Pool/ABACA - Berzane Nasser/ABACA

[Mis à jour le 19 juin 2020, à 10h44] Les tensions semblent s'apaiser entre Camélia Jordana et Christophe Castaner. Le 23 mai dernier, le ministre de l'Intérieur avait fortement condamné les propos de la chanteuse lorsqu'elle avait avancé sur le plateau d'On n'est pas couché que "des hommes et des femmes (…) se font massacrer pour nulle autre raison que leur couleur de peau" par les forces de l'ordre. Après presque un mois de silence, Christophe Castaner a décidé de ne pas porter plainte afin "de ne pas offrir une deuxième tribune" à la chanteuse.

Cet épisode était intervenu quelques jours avant la mort de George Floyd aux États-Unis, qui a provoqué une vague de mobilisation antiraciste sur le territoire et au-delà. En France, la manifestation organisée par la famille d'Adama Traoré avait rassemblé plus de 20 000, dont Camélia Jordana, Adèle Haenel, Nadège Beausson-Diagne etc…

Difficile donc pour un membre du gouvernement d'intervenir sur le thème de la violence policière. Plus globalement, Christophe Castaner a confié avoir déposé sept plaintes et signalements sur le principe de l'article 40 selon lequel "Toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire (…) acquiert la connaissance d'un crime ou d'un délit est tenu d'en donner avis sans délai au procureur de la République (…)", depuis sa nomination. Aucune des plaintes n'avait été retenue par la justice.

"Je ne me sens pas en sécurité face à un flic en France"

Invitée le 23 mai de l'émission On n'est pas couché sur France 2, Camélia Jordana a parlé à cœur ouvert des violences policières : "Je parle des hommes et des femmes qui vont travailler tous les matins en banlieue et qui se font massacrer pour nulle autre raison que leur couleur de peau, c'est un fait", déclare-t-elle sur le plateau de Laurent Ruquier.

"Il y a des milliers de personnes qui ne se sentent pas en sécurité face à un flic, et j'en fais partie. Aujourd'hui j'ai les cheveux défrisés, quand j'ai les cheveux frisés, je ne me sens pas en sécurité face à un flic en France. Vraiment", a expliqué l'ex-candidate de la Nouvelle Star.

Camélia Jordana et Christophe Castaner, bientôt le face à face ?

Les propos accusateurs de la jeune femme ont provoqué la colère des syndicats des Forces de l'Ordre, et celle du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, qui a réagi sur Twitter: "Non, madame, 'les hommes et les femmes qui vont travailler tous les matins en banlieue' ne se font pas 'massacrer pour nulle autre raison que leur couleur de peau', ces propos mensongers et honteux alimentent la haine et la violence. Ils appellent une condamnation sans réserve".

Le syndicat de police Alliance a dénoncé dans un communiqué le 24 mai des "accusations inadmissibles envers les policiers (racisme, meurtres…)" et son intention de saisir le procureur de la République. Idem pour le syndicat des commissaires de la police nationale, qui a fustigé un "témoignage consternant d'une 'nouvelle star de la bêtise' qui démontre en deux minutes la pauvreté de sa pensée (…)".

En réponse à la vague de sur les réseaux sociaux, Camélia Jordana s'est dite "épatée par toutes ces réactions, enthousiaste par la réouverture du débat public" sur Twitter. Elle a également proposé au locataire de la Place Beauvau, garant de la Sécurité des Français, Christophe Castaner, de "débattre en direct sur le plateau de son choix". Les hostilités sont lancées.

Sur Twitter, les internautes ont choisi leur camp. Dans la journée du 25 mai, les hastags #JeNeSuisPasCameliaJordana et #MoiAussiJ'aiPeurDevantLaPolice étaient devenus des "Trending topics", soit les sujets les plus repris sur Twitter.