Démission de Christiane Taubira : la décision d'une femme libre

L’Elysée a annoncé à travers un communiqué que Christiane Taubira, ministre de la Justice, a remis sa démission le 27 janvier. Elle sera remplacée par le député socialiste du Finistère, Jean-Jacques Urvoas.

Démission de Christiane Taubira : la décision d'une femme libre
© PJB Sipa

La nouvelle est tombée le 27 janvier via un communiqué officiel de L'Elysée. La Garde des Sceaux, Christiane Taubira"a donné sa démission au Président de la République, qui l'a acceptée", peut-on y lire.
Sur son compte Twitter officiel, l'ex-ministre de la Justice écrit : "
Parfois résister c'est rester, parfois résister c'est partir. Par fidélité à soi, à nous. Pour le dernier mot à l'éthique et au droit." Christiane Taubira "aura mené avec conviction, détermination et talent la réforme de la Justice et joué un rôle majeur dans l'adoption du mariage pour tous", a déclaré François Hollande.
Cette décision de se retirer du gouvernement intervient au moment où le Premier ministre Manuel Valls doit défendre auprès de l'Assemblée son projet de loi sur la déchéance de la nationalité. Texte pour lequel l'ancienne ministre de la Justice a toujours exprimé son désaccord.
Christiane Taubira sera remplacée par le député socialiste du Finistère, Jean-Jaccques Urvoas, récompensé pour son travail à la présidence de la commission des lois, qu'il occupe depuis 2012.

Souvent comparée à l'"électron libre" du parti socialiste par ses pairs Christiane Taubira aura marqué à jamais la vie politique françaises par des lois fortes, des prises de positions controversées et les nombreuses attaques dont elle fût la cible.
Née le 2 février 1952, elle commence sa carrière politique en 1978 dans le militantisme au sein du Mouvement guyanais de décolonisation, fondé par son mari Roland Delannon quatre ans plus tôt.
En 1981, elle abandonne sa carrière de militante pour fonder avec son époux son propre parti : Walwari.
Ce dernier la trahit en se présentant en 1998 aux élections régionales contre le parti Walwari sans l'avertir.  C'en est trop. Christiane Taubira écrit ces mots dans son livre Mes météores : "Un parti fracas­sé. Un couple en miettes".
En 1993, elle accède au poste de Députée de Guyane qu'elle occupe jusqu'en 2012 et siège également à au Parlement européen pendant cinq ans. A partir de 1997, elle rallie le groupe socialiste et travaille avec Lionel Jospin. En 2002 elle saute le pas et s'inscrit comme candidate au Parti radical de gauche lors des élections présidentielles et obtiendra 2,32% des voix au premier tour. Suite à la victoire de François Hollande en 2012, elle intègre le gouvernement en devenant Garde des Sceaux et ministre de la Justice, jusqu'à sa démission le 27 janvier 2016.
Au cour de ses mandats, Christiane Taubira a profondément marqué le ministère de la Justice avec la loi sur la recon­nais­sance de l'es­cla­vage comme crime contre l'hu­ma­ni­té sur les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes à laquelle elle donne son nom. On ne peut également oublier ses prises de position pour le mariage pour tous qu'elle qualifie de "réforme de civilisation".
Christiane Taubira a souhaité démissionner par conviction et par résistance. Son départ relance déjà le débat sur la parité au gouvernement, puisque plus aucune femme n'est désormais à la tête d'un ministère régalien. Le travail pour l'égalité continue.  

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La nouvelle est tombée le 27 janvier via un communiqué officiel de L'Elysée. La Garde des Sceaux, Christiane Taubira, "a donné sa démission au Président de la République, qui l'a acceptée ", peut-on y lire. Sur son compte Twitter officiel ,...