350 000 retraités sont concernés : dès le 1er juillet, cet avantage financier disparaît
C'est un coup dur qui se profile pour des milliers de seniors. Dès le mois prochain, la disparition d'un avantage accordé automatiquement depuis des années va frapper de plein fouet près de 350 000 personnes.
À compter de cet été, de nombreux retraités vont voir leurs factures s'alourdir. Du jour au lendemain, un avantage va purement et simplement passer à la trappe pour toute une tranche d'âge : jusqu'ici appliqué automatiquement dès 70 ans, seuls les seniors de plus de 80 ans pourront désormais y avoir droit. Selon les derniers chiffres de l'Urssaf, ce sont donc pas moins de 348 000 retraités qui seront concernés par cette coupe budgétaire, d'autant plus sévère qu'elle ne concerne pas une dépense de confort, mais un besoin essentiel au quotidien et au maintien de l'autonomie.
Selon la direction de la Sécurité sociale, cette suppression va permettre une économie de quelque 100 millions d'euros à l'État. En revanche, pour les particuliers concernés, cela va se transformer en une hausse d'environ 15 % sur un poste de dépense parfois vital : l'aide à domicile. De l'aide-ménagère au jardinier, en passant bien sûr par l'auxiliaire de vie ou même l'infirmière par exemple... Un décret publié le 8 avril 2026 "modifie la condition d'âge, en passant de 70 à 80 ans, pour ouvrir droit au bénéfice du dispositif d'exonération de cotisations patronales au titre de la rémunération d'aides à domicile". Le gouvernement prévoyait initialement une rétroactivité au 1er janvier 2026, mais les fédérations ont réussi à repousser l'application de cette mesure au 1er juillet.
Dans les faits, ce changement transforme radicalement le reste à charge des foyers concernés. Jusqu'ici dispensés des cotisations patronales de Sécurité sociale (maladie, vieillesse, allocations familiales) dans la limite de 65 heures par mois, ces particuliers employeurs vont désormais devoir s'en acquitter au taux en vigueur. L'impact sur le portefeuille sera immédiat. Pour un salarié à domicile rémunéré au Smic par exemple, le surcoût se situera autour de 2,15 euros bruts par heure de travail pour l'employeur. La Fepem (Fédération des particuliers employeurs de France) estime même que, pour des salaires plus élevés, la hausse brute pourrait aller jusqu'à 3,18 euros par heure de travail.
Concrètement, si vous payez une aide-ménagère pour 20 heures par mois au Smic horaire (soit 12,31 euros bruts), la suppression de cet abattement générera un surcoût d'environ 43 euros chaque mois. Sur une année, cela équivaut à 516 euros supplémentaires. Pour un senior nécessitant une assistance plus soutenue de 50 heures mensuelles, la facture s'alourdira brutalement de plus de 107 euros, soit 1290 euros par an. Heureusement, quelques "garde-fous" subsistent pour atténuer ce choc financier : 50 % de ces nouvelles charges pourront être récupérées via le crédit d'impôt, ce qui divisera le surcoût réel par deux.
Dans le cas des exemples cités précédemment, cela signifie une hausse finale de 258 euros par an pour la personne qui emploie une aide 20 heures par mois, et de 645 euros pour celle qui a besoin de 50 heures. Les couples pourront continuer à bénéficier de l'exonération si l'un des deux partenaires a plus de 80 ans, à condition de fournir les pièces justificatives nécessaires auprès de l'Urssaf. Certains septuagénaires pourront toutefois y avoir droit aussi, à condition d'être bénéficiaires de l'Allocation personnalisée d'autonomie (APA), de la Prestation de compensation du handicap (PCH), d'une allocation pour tierce personne, d'une pension d'invalidité, d'une rente accident du travail ou d'une pension vieillesse. Pour les autres, cette nouvelle donne force à anticiper davantage le budget aide à domicile, voire à le réduire faute de moyens.