Covid université : concours maintenus, aides aux étudiants

Ce 31 mars, Emmanuel Macron a annoncé que les étudiants pourraient continuer à aller une fois par semaine à l'université malgré les nouvelles restrictions. Les concours devraient être maintenus sous une forme adaptée. Le point sur les dernières annonces.

Covid université : concours maintenus, aides aux étudiants
© Auremar/123RF

[Mise à jour du 1er avril à 12h30]. Ce 31 mars, Emmanuel Macron a annoncé lors d'une allocution télévisée l'extension des mesures de restriction sanitaires à l'ensemble de la France et la fermeture des établissements scolaires pendant 4 semaines. Le chef de l'Etat a cependant précisé que les étudiants qui le souhaitaient pouvaient continuer à se rendre à l'université en avril "pour une journée de cours par semaine". Jean Castex a quant à lui donné des précisions concernant les concours lors d'une intervention à l'Assemblée Nationale ce 1er avril. Les concours de l'enseignement supérieur prévus au cours des quatre prochaines semaines "seront maintenus" et leurs conditions d'organisation "adaptées" a indiqué le Premier ministre. Il a ajouté que les examens ne pouvant se faire en distanciel seront en revanche "reportés autant que possible" sur "le mois de mai".

Quelles aides pour les étudiants en temps de Covid ?

Le gouvernement prend très au sérieux le mal être de certains étudiants en pleine crise sanitaire. "Notre jeunesse est en proie au doute sur son avenir (...) Aucun étudiant n'est laissé pour compte et livré à lui-même", a déclaré Gabriel Attal le 17 février. Le porte-parole du gouvernement rappelle qu'une aide de 200 euros a été versée en juin aux jeunes les plus précaires, et 150 euros ont été attribués en novembre 2020 pour les élèves boursiers. Ces derniers ont également pu bénéficier de repas à un euro en septembre, une opération qui a été finalement étendue à tous les étudiants de France qui en font la demande. "Tous les étudiants qui le souhaitent peuvent avoir accès à deux repas complets par jour pour deux euros au total", a-t-il précisé. Ainsi, ce sont près de 1,350 million de repas à un euro qui ont été servis à travers 500 points de restauration partout en France, durant les trois premières semaines de mise en place de ce dispositif. Chèques psychologiques, aides aux étudiants, gels des droits d'inscription à l'université pour la rentrée 2021... On fait le point sur les dernières annonces qui concernent les jeunes.

Les dernières actualités concernant les étudiants

  • Un remboursement de 85 euros sur le pass Imagine'R. La présidente d'Ile-de-France Mobilités (IDFM) Valérie Pécresse a déclaré ce 31 mars dans 20 minutes qu'elle souhaitait "faire un geste de dédommagement" envers les étudiants de la région, qui ont moins utilisé les transports en raison de la crise sanitaire. Valérie Pécresse souhaite proposer lors du prochain conseil d'administration d'IDFM, le 14 avril, "la mise en place d'un dédommagement de 85 euros, correspondant à trois mois de passe Imagine'R"
  • Un accès aux vaccins avant la rentrée prochaine ? Le vice-président de la conférence des présidents d'université (CPU) a indiqué, ce 17 mars, qu'il aimerait que les étudiants puissent travailler dans des conditions normales lors de la prochaine rentrée scolaire et plaide pour leur accès à la vaccination contre le coronavirus. "Il faut pouvoir donner accès à la vaccination aux étudiants et à l'ensemble des personnels de l'enseignement supérieur et de la recherche avant la rentrée scolaire prochaine", explique Guillaume Gellé. "Il faut leur donner une perspective d'une année universitaire la plus normale possible (...) Ils ont besoin d'un horizon plus optimiste", ajoute-t-il.
  • Un plan d'aide contre la précarité étudiante dans les Yvelines. Le département des Yvelines a annoncé, ce 18 mars, avoir mis en place trois opérations d'aides alimentaires et deux actions d'aide au revenu étudiant en partenariat avec l'université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) et le CROUS de Versailles. Le département va ainsi prendre en charge l'euro restant du dispositif des repas à 1 euro dans les CROUS mis en place par l'Etat, faciliter financièrement la distribution de paniers alimentaires et de produits de première nécessité à coûts réduits par une épicerie solidaire et proposer des repas à petits prix pour les étudiantes et étudiants de l'IUT de Mantes-la-Jolie. Le conseil départemental a aussi déployé des dispositifs de soutien à l'emploi étudiant : 500 étudiants ont été recrutés à un poste " d'agents de convivialité" dans le cadre du programme YES + et 20 postes d'agents logistiques auprès de la Croix Rouge et des Restos du Coeur vont être crées.
  • Un ticket-restaurant étudiant à l'étude. Face aux difficultés rencontrées par les étudiants en pleine pandémie, le sénateur centriste Pierre-Antoine Levi propose la création d'un ticket-restaurant étudiant. Sa proposition de loi a été cosignée par 79 sénateurs de différents courants politiques. Semblable au titre-restaurant des salariés, ce ticket restaurant serait acheté par les étudiants auprès des Crous au tarif social étudiant soit 3,30 euros et aurait une valeur de 6,60 euros. Ils pourraient l'utiliser pour acheter des plats à emporter dans les restaurants ou pour faire leurs courses. "L'objectif de ce dispositif social est de permettre aux étudiants de réduire les dépenses alimentaires", indique Pierre-Antoine Levi.
  • Gel des droits d'inscription à l'université. Ce 10 mars, la ministre de l'Enseignement supérieur a annoncé sur Europe 1 le gel des droits d'inscription à l'université à la rentrée prochaine pour aider les étudiants à faire face à la crise sanitaire. "Normalement ils augmentent avec l'inflation (mais) nous allons les geler pour la deuxième année consécutive", a confié Frédérique Vidal. La ministre a aussi annoncé le gel des loyers dans les résidences Crous qui sont habituellement indexés sur l'inflation. Enfin, elle a indiqué qu'elle avait "bon espoir" d'augmenter la jauge actuelle à l'université. "Je prépare avec l'ensemble des établissements un plan pour permettre à tous les étudiants de retrouver leurs profs", a indiqué Frédérique Vidal.
  • Renforcement du mentorat. Lors d'un déplacement en Seine-Saint-Denis ce 1er mars, Emmanuel Macron a annoncé son intention de développer le mentorat qui consiste en l'accompagnement d'un jeune par un actif ou un retraité, pour l'aider dans sa formation ou sa recherche d'emploi. "Ce que je veux, c'est que chaque jeune qui en a besoin puisse avoir un mentor. Et aussi qu'on offre la possibilité à des cadres en entreprise, à des jeunes qui ont déjà une expérience, d'aider d'autres jeunes, de leur faire confiance, de les accompagner, de leur apporter leur propre exemple de vie", a expliqué le chef de l'Etat. Lancé en 2018, le dispositif " 1 jeune, 1 mentor " qui complète le plan plus global "1 jeune, 1 solution" n'a pas encore eu le succès escompté : à ce jour il existe seulement 25 000 "mentors". Emmanuel Macron veut multiplier leur nombre par quatre et passer à 100 000 cette année, puis à 200 000 en 2022. "J'espère même qu'on pourra aller plus loin, plus vite et plus fort ", a ajouté le président de la République.
  • Des protections hygiéniques gratuites pour les étudiantes, dès la rentrée 2021. La ministre de l'Enseignement supérieur a annoncé ce 23 février que les protections périodiques seraient gratuites pour toutes les étudiantes, dès la rentrée 2021. Cette nouvelle mesure attendue par les associations féministes et les étudiantes vise à lutter contre la précarité des jeunes. Ainsi, 1500 distributeurs de protections hygiéniques seront installés dans les résidences universitaires des Crous ainsi que les services de santé.
  • Report des stages. Les étudiants peinent actuellement à trouver des stages en raison de la crise sanitaire et de la généralisation du télétravail "Au deuxième et troisième trimestre (2020), on a compté 20% de stages en moins", a confirmé la ministre du Travail sur FranceInfo ce 11 février. Le gouvernement a donc décidé d'agir. "Frédérique Vidal, la ministre de l'Enseignement supérieur, réfléchit à décaler ces stages (...) il faut assouplir les règles pour valider les cursus", a ajoute Elisabeth Borne.
  • Résiliation des abonnements annuels des étudiants à Nantes. Conscients que beaucoup d'étudiants rencontrent actuellement des difficultés financières, Nantes Métropole a décidé de faciliter la résiliation de leur abonnement annuel de transports en commun après 8 mois d'engagement. "Il suffira d'un simple mail pour pouvoir résilier ou basculer sur l'offre sur mesure. Une mesure attendue par ceux qui sont retournés vivre chez leurs parents dans une autre ville par exemple", a indiqué Johanna Rolland, la maire de Nantes, selon Ouest France. Les étudiants peuvent adresser un mail ou un courrier à la société des transports Semitan (semitan@tan.fr), avant le 15 mars accompagné d'une copie de leur carte d'étudiant pour demander la résiliation ou la modification de leur abonnement.
  • Universités : un jour en présentiel par semaine pour les étudiants. S'ils le souhaitent, les étudiants peuvent désormais se rendre un jour par semaine à l'université en présentiel. "Un étudiant doit avoir les mêmes droits qu'un salarié (...) S'il en a besoin, il doit pouvoir revenir à l'université un jour par semaine" dans des amphis avec une jauge maximum de 20%, avait expliqué Emmanuel Macron en janvier. Les étudiants ont également la possibilité de continuer à suivre les cours à distance. Emmanuel Macron avait cependant averti les étudiants : "le retour à la normale n'est pas envisageable au deuxième semestre" de l'année universitaire et il faudra vivre "avec les contraintes" sanitaires "jusqu'à l'été". Rappelons que les cours en présentiel dans les universités, mais aussi les grandes écoles ont été suspendus fin octobre 2020. Au début du mois d'octobre, le gouvernement avait déjà demandé aux universités qui se trouvaient dans une zone d'alerte renforcée ou maximale de réduire le nombre d'étudiants qu'elles accueillaient dans leurs locaux. 

Emploi, aide de 500 euros, pour qui ?

  • Face à la perte de confiance en l'avenir, et les difficultés des jeunes à trouver un emploi, "nous avons multiplié les aides pour l'apprentissage, pour la capacité à être recruté en CDI ou en CDD de plus de trois mois, en incitant les entreprises à employer des jeunes", a assuré Gabriel Attal. Aussi, pour ceux qui rencontrent des difficultés malgré toutes ces mesures, "une aide spécifique, qui peut représenter jusqu'à 500 euros est ouverte aux jeunes diplômés en difficultés, y compris les non boursiers". Pour en bénéficier, ces jeunes seront accompagnés par Pôle Emploi ou par l'association pour l'Emploi des Cadres, l'Apec.
  • 1600 référents créés et 20000 tuteurs contre la solitude des jeunes. Pour "répondre à cette angoisse, à ce mal-être" des jeunes, liés à la solitude et à l'isolement, Gabriel Attal a indiqué que le gouvernement avait "décidé d'embaucher deux jeunes par cité universitaire pour créer du lien" auprès des jeunes. Le gouvernement compte employer 20 000 tuteurs dans l'enseignement supérieur et prévoit 1600 emplois de référents dans les cités universitaires.
  • Pour la reprise des cours des étudiants, "nous avons ouvert la voie en garantissant à chaque étudiant la possibilité de bénéficier d'un jour en cours en présentiel par semaine" précise Gabriel Attal. Aussi, pour lutter contre la détresse psychologique, le nombre de psychologues a été doublé à l'université et des chèques psy sont mis en place pour permettre à ceux qui en ont besoin de bénéficier d'une aide adaptée et de séances gratuites avec un professionnel. Enfin, le porte-parole du gouvernement a promis que les mesures destinées à soutenir les étudiants seront appliquées partout en France. "Il n'y aurait rien de pire que des promesses non suivies d'effet", a conclu Gabriel Attal. 

Les jeunes en souffrance psychologique

C'est une enquête qui a révélé l'ampleur du mal être des plus jeunes. Réalisée par l'Institut Ipsos pour la Fondation Fondamental et publiée ce 28 janvier, elle confirme que les jeunes sont en grande souffrance psychologique. Près d'un tiers des 18-25 ans ont des pensées suicidaires et plus d'un sur cinq ont été victimes de troubles dépressifs "sévères ou modérément sévères" au cours des deux semaines précédentes. En outre, la plupart de ces jeunes ne sont pas optimistes concernant leur avenir plus ou moins proche : près de deux tiers d'entre eux estiment que la crise sanitaire "aura des conséquences négatives sur leur santé mentale". C'est pour cette raison que le gouvernement a annoncé la mise en place de chèques psychologiques à destination des jeunes, pour leur permettre de consulter plus facilement. 

Chèques psychologiques pour les étudiants : comment ça marche ?

Isolement, décrochage et difficultés à se projeter pour leur avenir en cette période de crise sanitaire, les étudiants sont nombreux à avoir le moral en berne et à présenter des signes de dépression. Pour les soutenir, le gouvernement avait annoncé la mise en place de chèques psychologiques pour permettre aux étudiants en difficulté de consulter un psychologue libéral. Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur, avait donné des précisions concernant ces chèques psychologiques ce 1er février. "Il faut aller voir son médecin généraliste au sein du service de santé universitaire ou choisir sur une liste un médecin parmi les professionnels qui ont signé une convention avec les services de santé universitaires. Ensuite, les étudiants n'ont qu'à faire leur choix parmi une liste de psychologues. Les séances prises en charge durent 45 minutes", avait expliqué sur BFM TV Frédérique Vidal qui ajoutait que certains étudiants pourraient aussi être envoyés, au besoin, vers des psychiatres appartenant au même réseau.

 

Quels sont les services universitaires maintenus ?

  • Accueil sur rendez-vous des élèves dans les bibliothèques universitaires et centres de documentation et dans les salles équipées de matériel informatique ;
  • vente à emporter de repas fournis par le restaurant universitaire ;
  • accueil sur rendez-vous dans les services administratifs ;
  • accès aux services de médecine préventive et de promotion de la santé et services sociaux, aux activités sociales organisées par les associations étudiantes, aux laboratoires et unités de recherche pour les doctorants.

Des tests antigéniques et salivaires à l'université

Alors que le gouvernement a annoncé le déploiement d'un million de tests par mois pour les élèves et les enseignants, Frédérique Vidal a également précisé que pour mieux surveiller l'évolution de l'épidémie dans les établissements, des tests antigéniques vont être mis à disposition des universités avec des dépistages individuels ou collectifs.

Ce 5 février, Olivier Véran avait, aussi, annoncé lors d'une conférence de presse que des tests salivaires de détection du Covid-19 seraient réalisés dans les universités "au retour des vacances scolaires". L'examen du test sera ensuite réalisé de manière classique dans des laboratoires. "Ce serait formidable si on pouvait disposer de tests salivaires qui vous rendent un résultat en quelques minutes, mais à ce stade, les études ne sont pas favorables à leur utilisation, parce que la sensibilité des tests qui existent aujourd'hui est trop faible", a ajouté le ministre de la Santé.

Partiels, examens et concours : comment ça va se passer ?

Frédérique Vidal a précisé ce 14 janvier que certains partiels étaient en train de se tenir. "La possibilité est donnée aux établissements de les organiser à distance, ou en présentiel. Certaines matières se prêtent à des évaluations à distance, d'autres non, explique la ministre de l'Enseignement supérieur. En ce qui concerne les examens et concours nationaux, il s'agit des mêmes protocoles sanitaires stricts qu'à la sortie du premier confinement. "Ces examens et concours se déroulent donc en présentiel".

Pourquoi les universités ont-elles fermé ?

Depuis la rentrée universitaire, les établissements d'enseignement supérieur étaient particulièrement touchés. En cause notamment : le mode de vie étudiant. Friands de colocation, de soirées étudiantes, ils passent en outre, bon nombre de leurs journées à suivre leurs cours dans des amphithéâtres bondés. Résultat, une dizaine de clusters avaient été identifiés dans les universités françaises. "La jeunesse paie le prix fort de la crise sanitaire", regrettait Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur, lors de sa conférence de presse de rentrée organisée ce 15 septembre 2020. Pour le gouvernement, si les étudiants étaient de plus en plus nombreux à être infectés par le covid-19, c'était à cause de leurs rassemblements festifs nombreux, comme les week-ends d'intégration et les soirées étudiantes