Haley Bennett passe de star montante à étoile avec SWALLOW

Après avoir multiplié les seconds rôles ces dernières années, l'actrice américaine Haley Bennett, 32 ans, truste pour la première fois la tête d'affiche au cinéma. Dans "Swallow" de Carlo Mirabella-Davis, en salles le 15 janvier, elle étincelle sous les traits d'une femme au foyer esseulée souffrant de la maladie de Pica. Portrait.

Haley Bennett passe de star montante à étoile avec SWALLOW
© Matt Baron/REX/SIPA

"Pour elle, l'art : c'est faire ou mourir." C'est en ces termes que le cinéaste Carlo Mirabella-Davis décrit, avec enthousiasme, la comédienne américaine Haley Bennett. Dans Swallow, son excellent premier long-métrage, il a en effet recruté cette native de Fort Myers, en Floride, pour le rôle principal. Celui d'une desperate housewives mariée à un type imbuvable, qui la considère comme un des vulgaires bibelots d'une maison aussi clinquante que désincarnée. Victime du syndrome rare de Pica, cette dernière, enceinte, se met bientôt à avaler des objets divers pour tromper et/ou congédier son spleen. A 32 ans, Bennett trouve clairement sous ces traits tourmentés le chemin d'une véritable mise en orbite artistique. Diaphane, tout en subtilité et en retenue, elle esquisse le portrait aux dentelures cronenbergiennes d'une femme qui, de victime d'un système répressif –belle-famille impayable incluse–, va reprendre possession de son corps et se retourner, symboliquement, contre les forces d'oppression qui l'assignent à l'atonie.

Rembobinons. Née le 7 janvier 1988, Haley Bennett a des ascendances anglaise, écossaise, irlandaise, allemande et lituanienne. Ses parents, qui se sont rencontrés à l'église, divorcent alors qu'elle n'a que six ans. C'est le début d'une enfance nomadique durant laquelle elle oscille entre l'Ohio, chez son papa, et la Floride chez sa maman. Toujours à la périphérie des villes, au coin des banlieues. Elle affirme volontiers qu'elle avait un côté garçon manqué, fruit de sa relation avec son père qui lui a légué l'amour du basket ou de la pêche, et que sa mère, plus artiste dans l'âme, lui a légué une belle dose de féminité et de force. Très vite, elle révèle des aptitudes pour le jeu mais aussi pour le chant, entonnant notamment avec succès des airs devant ses camarades de classe. A 18 ans, elle convainc sa mère de rallier Los Angeles pour décrocher les étoiles et mettre des paillettes sur sa route. Elle y décroche, nos sans difficultés, un agent influent. C'est le début de l'ascension.

Le cinéma lui déroule le tapis rouge

Sa première apparition sur grand écran la propulse directement au rang de talent à suivre, puisque, en 2007, elle donne la réplique à Hugh Grant et Drew Barrymore dans la comédie Le Come-Back. Elle y incarne une chanteuse populaire qui propose à un artiste has been de se remettre en selle le temps d'un duo. Trois ans plus tard, c'est le réalisateur emblématique Gregg Araki qui lui offre l'un des rôles principaux du détonnant et psychédélique Kaboom. Antoine Fuqua lui fait ensuite confiance à deux reprises, la plaçant face à Denzel Washington dans Equalizer (2014) et Les Sept Mercenaires (2016). S'ensuivent notamment La Fille du Train, l'adaptation du roman homonyme de Paula Hawkins par Tate Taylor ou Thank You for Your Service dans lequel elle croise la route de Miles Teller.

Mais il lui aura ainsi fallu attendre Swallow pour enfin décrocher ce haut de l'affiche qu'elle méritait tant. En transformant brillamment l'essai –et dire que son personnage était périlleux à jouer est un euphémisme–, elle confirme les espoirs placés en elle. Sacrée meilleure actrice lors du Tribeca Film Festival au début de l'année 2019, elle sera prochainement à l'affiche de The Red Sea Diving Resort de Gideon Raff face à Chris Evans et de The Devil All the Time  d'Anthony Campos, aux côtés de Tom Holland et Robert Pattinson. Et ce n'est pas tout : Ron Howard l'a recrutée pour Hillbilly Elegy, basé sur les mémoires de J.D. Vance, qu'il tournera sous la houlette de Netflix. Elle y donnera la réplique à Amy Adams, Glenn Close et Freida Pinto.