D'UN MONDE PLUS GRAND à HAUTE TENSION : Cécile de France en 4 rôles-clés

A 44 ans, Cécile de France est plus inspirée et inspirante que jamais. En 20 ans de carrière, la comédienne belge s'est démarquée du tout-venant en empruntant une trajectoire fascinante et hétérogène, faite de rôles variés et pertinents. Le Journal des Femmes revient sur quatre de ses expériences emblématiques.

D'UN MONDE PLUS GRAND à HAUTE TENSION : Cécile de France en 4 rôles-clés
© LAURENT VU/SIPA/SIPA

Marie dans Haute Tension (2003)

C'est probablement le rôle le plus physique de toute sa carrière. Celui pour lequel elle a carrément été entraînée, pendant deux mois, par l'ex champion de boxe thaï amateur Edouard Nikitine. Dans Haute Tension, film de genre ultra radical, qui ouvrit un boulevard aux Etats-Unis au prodigieux cinéaste Alexandre Aja (il y tourna ensuite le remake de La Colline a des Yeux, Piranhas 3D ou le récent Crawl), Cécile de France incarne Marie, une jeune étudiante qui part réviser ses examens à la maison de campagne des parents de sa meilleure amie, Alex (interprétée par Maïwenn). La nuit, un tueur en série de passage dans le coin décime les parents et kidnappe Alex. Marie va alors tout faire pour sauver leurs peaux.
Tournée en six semaines en Roumanie, cette œuvre prouve la capacité de Cécile de France à embrasser un rôle que beaucoup d'autres auraient rejeté. Et lui octroie une reconnaissance à l'international.

Isabelle dans L'Auberge Espagnole, Les Poupées Russes et Casse-Tête Chinois (2002, 2005 et 2013)

Sous les traits d'Isabelle, Cécile de France a hérité d'une aura 100% générationnelle. En lui offrant une place de choix dans L'Auberge Espagnole, premier volet de ce qui sera un formidable triptyque, Cédric Klapisch en a fait une figure montante et incontournable du cinéma français. La comédienne y incarne précisément l'une des meilleures amies de Xavier, le personnage principal campé par Romain Duris.
Cette héroïne attachante et drôle, elle a pu la peaufiner, la construire, vivre avec elle au fil des films et explorer une palette de jeu diversifiée dont les contours ont évolué avec les expériences qu'elle a traversées. Rappelons en effet que l'on fait sa connaissance en programme Erasmus à Barcelone en 2002 pour la retrouver, plus de dix ans plus tard, en 2013, à New York. Au total, les trois longs-métrages ont rassemblé 7,4 millions de spectateurs. Chapeau !

Madame de la Pommeraye dans Mademoiselle de Joncquières (2018)

Sa merveilleuse interprétation de Madame de la Pommeraye dans Mademoiselle de Joncquières lui a valu sa troisième nomination au César de la Meilleure Actrice après celles d'Un Secret (2008) et de La Belle Saison (2016).
Dans cette truculente réalisation d'Emmanuel Mouret, chantre du badinage amoureux et du marivaudage en tous genres, Cécile de France se glisse sous les traits d'une jeune veuve qui s'amourache du marquis des Arcis (excellent Edouard Baer), réputé comme étant un libertin invétéré. Le temps passant, ce dernier l'aime de moins en moins, et la délaisse. Furieuse, elle fomente, avec Mademoiselle de Joncquières (Alice Isaaz) et sa mère, un plan machiavélique pour l'humilier et le faire souffrir. Cécile de France s'y révèle irrésistiblement jubilatoire. Son incarnation est aussi fluide et limpide que l'écriture déployée ici. Un plaisir !

Corine dans Un Monde Plus Grand (2019)

Avec Haute Tension, c'est très certainement la prestation la plus viscérale de toute sa carrière. Dans Un Monde plus Grand, en salles le 30 octobre, Cécile de France incarne Corine Sombrun, la première femme à avoir induit la transe par la seule volonté. Après la perte de l'amour de sa vie, cette dernière s'est rendue en Mongolie pour un reportage sur les mystères Mongols. A cet effet, elle découvre, grâce à un chaman, qu'elle peut entrer en état de transe et accéder à un univers bien plus ample.
La cinéaste et écrivain Fabienne Berthaud a eu la bonne idée d'exhumer cette trajectoire et de confier ce rôle à Cécile de France, en la mettant face à des acteurs non-professionnels, qui jouent leur propre vécu. Il en résulte un véritable lâcher-prise qui participe du voyage sensoriel et humain que vivra le spectateur. Vers une quatrième nomination aux César ? La probabilité est grande.

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