Liposuccion : tout ce qu'il faut savoir

Cuisses affinées, ventre plat... La liposuccion permet de corriger l'aspect de la silhouette. Conseils et témoignages : zoom sur cette technique de chirurgie esthétique.

Liposuccion : tout ce qu'il faut savoir
© puhhha

Avant de prendre la décision de subir une liposuccion, il est primordial d'avoir toutes les cartes en main. À qui s'adresser pour une opération en toute sécurité, quels sont les prix, comment booster les résultats après l'intervention et surtout avoir tous les conseils d'un médecin pour être certaine que cette technique de chirurgie corresponde à votre profil. 

Liposuccion : pour qui ?

Cette intervention de chirurgie esthétique se destine aux femmes comme aux hommes. Néanmoins, ce sont environ 80 % de femmes contre 20 % d'hommes qui ont actuellement recours à la liposuccion. Les résultats sont davantage visibles sur des patients relativement jeunes qui disposent d'une peau tonique et élastique, qui se galbe plus facilement une fois l'excès de graisse supprimé. Contrairement aux nombreuses idées reçues, la liposuccion ne permet en aucun cas de maigrir mais seulement d'enlever les cellules graisseuses localisées qui résistent aux régimes. Elle n'est pas indiquée dans les cas d'embonpoint généralisé ou d'obésité. Le mieux est donc de disposer d'un poids normal et stable au moment de l'intervention.

Liposuccion : à qui s'adresser ?

La liposuccion est un acte chirurgical à part entière et doit donc être réalisé avec un chirurgien qualifié en qui vous avez totalement confiance. Pour le trouver, adressez-vous au Conseil National de l'Ordre des Médecins. La première consultation vous permet de juger du sérieux du praticien et à celui-ci d'évaluer votre demande. S'il juge que cette intervention est réalisable, il pratique alors un examen approfondi à l'aide de radios, de photos et doit obligatoirement proposer deux documents écrits, à savoir un devis contenant les qualifications du praticien, le lieu de l'intervention, le prix et les références à son assurance professionnelle. Quant au second, il s'agit d' un consentement éclairé, qui doit reprendre la totalité de l'information (type d'intervention, d'anesthésie, risques et suites opératoires et résultat à atteindre). 

Sachez aussi qu'il n'y a pas de nombre précis de visites à respecter, hormis la première faite avec le chirurgien et une autre réalisée avec l'anesthésiste, entre un mois et une semaine avant l'intervention. Un délai obligatoire de réflexion de 15 jours doit également être tenu, entre la consultation et la liposuccion. Enfin, une consultation post-opératoire est conseillée une semaine après la liposuccion.

Liposuccion prix 

Avant d'aller consulter, sachez que la liposuccion n'est pas prise en charge par la sécurité sociale que dans de rares cas. En principe, une intervention de chirurgie esthétique est remboursée uniquement lorsqu'elle est justifiée par une maladie ou une séquelle d'accident. Dans ce cas, elle est prise en charge à 100 % par la sécurité sociale (frais d'intervention, honoraires du chirurgien et hospitalisation uniquement dans un établissement pubic). Les cas litigieux doivent faire l'objet d'une demande spécifique qui permettra à la sécurité sociale de vérifier le bien-fondé du remboursement.

Sachez qu'une consultation chez un chirurgien esthétique coûte en moyenne entre 50 et 150 euros. Concernant l'intervention en elle-même, elle va dépendre aussi de l'anesthésie (locale ou générale) et des zones à traiter. A titre d'exemple, il faut compter entre 1 500 à 3 000 euros environ pour une liposuccion de la culotte de cheval ou des cuisses, de 900 à 1 900 euros pour la ceinture abdominale, entre 700 et 1 100 euros pour les genoux et enfin, pour le visage (menton et bajoues), comptez entre 1 200 et 1 800 euros. A cela, n'oubliez pas d'y ajouter les soins prescrits par votre chirurgien, à savoir un panty et quelques antalgiques.

Liposuccion : déroulement de l'opération

Pratiquée pour la première fois à la fin des années 1970, la liposuccion, appelée aussi lipoaspiration, est la méthode la plus répandue pour supprimer le volume de graisse sur de nombreuses zones du corps : les cuisses, la ceinture abdominale, les hanches, la culotte de cheval, les genoux... La durée de l'intervention et le degré d'anesthésie (générale ou locale) dépendent du nombre de zones à traiter et de l'importance de l'opération. Il faut compter en moyenne 30 minutes pour une intervention sur une zone et jusqu'à deux heures sur plusieurs zones.

Le principe est simple : le chirurgien introduit de fines canules par de petites incisions, situées généralement à des endroits discrets tels que les plis naturels de la peau. Il peut ensuite aspirer l'excès de graisse et sculpter l'ensemble de la zone ciblée, afin qu'elle s'intègre mieux à l'ensemble de la silhouette. L'important reste que le maniement de la graisse sous-cutanée soit douce et régulière, afin d'éviter les ondulations inesthétiques. A noter que cette opération ne laisse quasiment aucune cicatrice (sinon, celles-ci disparaissent au fil du temps). Dans les quelques heures qui suivent l'intervention, il est obligatoire de porter un panty. Il s'agit d'une sorte de collant de contention qui sert à compresser les zones traitées et à panser les hématomes. Il doit obligatoirement être porté quelques heures après l'intervention, de jour comme de nuit, et ce durant trois semaines. Celui-ci est prescrit sur ordonnance, non remboursé par la sécurité sociale et coûte environ 50 euros.

Avant l'intervention

La liposuccion est un acte chirurgical qui doit être organisé plusieurs semaines à l'avance. Il n'y a pas de nombre de consultations donné, seule la première avec le chirurgien et celle avec le médecin anesthésiste sont obligatoires. Au cours de cette première consultation avec votre chirurgien, il vous sera délivré votre devis (coût de l'intervention, honoraires, résultats escomptés...) ainsi que votre ordonnance de panty, qui s'achète en pharmacie ou par correspondance et coûte environ 80 euros. Néanmoins, il est préférable de l'essayer sur place, pour vérifier qu'il vous convient et éviter qu'il ne vous serre trop. Prenez votre taille habituelle, de façon à vous sentir le plus à l'aise possible.
Entre une semaine et un mois après cette consultation chirurgicale, il vous faudra aussi prendre rendez-vous avec le médecin anesthésiste. Il établira un bilan pré-opératoire complet (analyses sanguines entre autres) et décidera si vous devez subir une anesthésie générale ou locale. Une fois ces deux consultations faites, vous pourrez déposer votre formulaire de réservation d'hospitalisation dans l'établissement où votre chirurgien esthétique exerce. Concernant vos bagages, ne vous encombrez pas ! Prenez le strict minimum, à savoir une trousse de toilette, une ou deux tenues confortables et larges (le plus souvent un survêtement) et une paire de chaussures plates et souples.

La préparation à l'intervention

Vous devez impérativement arriver à la clinique le matin de l'intervention, le temps de vous installer dans votre chambre, de vous doucher si besoin est, de rencontrer l'équipe médicale et de poser les dernières questions à votre chirurgien, avant l'intervention. Le plus souvent, les infirmières administrent une pré-médication sous forme d'un léger calmant, pour permettre aux patientes un peu anxieuses d'attendre l'opération de façon plus sereine.
Au moment de l'intervention, vous serez emmenée au bloc opératoire, où l'équipe est déjà présente avec les consignes à tenir : la désinfection du matériel, l'installation des champs opératoires ainsi que les schémas des incisions à réaliser. L'intervention dure généralement entre une demi-heure et deux heures, selon la quantité de graisse à supprimer. L'anesthésiste pourra ensuite procéder à l'anesthésie, en injectant un produit par perfusion qui prend effet au bout de quelques minutes.

Après l'intervention

L'opération terminée, l'équipe médicale vous reconduira à votre chambre, où vous serez alors en phase de réveil. Au bout de quelques heures, vous pourrez mettre votre panty que vous devrez porter jour et nuit. Il est également fréquent d'avoir une perfusion dans les 24 heures qui suivent l'intervention, celle-ci contenant notamment des antalgiques et des calmants, pour atténuer les éventuelles douleurs et améliorer le confort de la patiente. Concernant la durée du séjour, elle est d'une journée avec la nuit de l'intervention inclue. Et lorsque vous sortez de l'établissement (dans la matinée si tout se passe bien), vous pourrez bouger et marcher mais avec une certaine gêne. Mieux vaut alors vous réserver trois à cinq jours de repos ou davantage si besoin est. Au bout d'une semaine environ, a lieu la consultation post-opératoire, qui permet au chirurgien qui vous a opéré d'effectuer un contrôle et de retirer les fils de sutures. Cette visite n'est pas obligatoire mais il est fortement conseillé de l'effectuer. Enfin, sachez que les résultats ne seront pas visibles dès les premiers jours, alors patience... Et bien sûr, si vous ressentez le besoin de voir à nouveau votre chirurgien dans les semaines qui suivent, c'est tout à fait possible. L'important reste de vous sentir soutenue par votre entourage comme par votre chirurgien et surtout, de vous reposer le temps nécessaire.

Liposuccion : effets secondaires

Même si la liposuccion a été réalisée avec sérieux par un chirurgien compétent, il existe plusieurs effets secondaires normaux et qui varient d'une patiente à l'autre, à savoir des œdèmes ou des ecchymoses dits post-traumatiques, impressionnants à la vue mais qui s'estompent au bout de quelques semaines. Les cas d'hématomes, d'infections, de phlébites, d'anémie ou d'asthénie sont exceptionnels. De manière générale, les douleurs rencontrées à la suite de la liposuccion d'intensité modérée et ressemblent davantage à des courbatures. Néanmoins, cela varie d'une personne à l'autre, selon la sensibilité et la condition physique antérieure à l'intervention. Enfin, sachez que le résultat ne sera pas observable avant 3 ou 4 mois.

Liposuccion : meilleurs résultats

Que se soit avant et après la liposuccion, il y a plusieurs règles à respecter pour optimiser le résultat. Selon le Docteur Pierre Nahon, il est nécessaire de réduire sa consommation de tabac voire de l'interrompre au moins un mois avant l'intervention ainsi que la consommation d'alcool et toutes supplémentations médicamenteuses qui pourraient modifier la coagulation du sang (aspirine, anti-dépresseurs?). Côté alimentation, le mieux est de se restreindre ou mieux encore, de perdre un ou deux kilos. "Certaines patientes ont tendance à penser qu'elles peuvent manger ce qu'elles veulent sous prétexte qu'elles vont se faire liposuccer et reviennent parfois avec deux kilos de plus, au moment de l'opération", explique Pierre Nahon. Une fois l'intervention effectuée, il est primordial de changer son hygiène de vie si celle-ci laissait à désirer. Il faut alors surveiller quotidiennement son apport calorique : "L'objectif est de ne surtout plus grossir pour conserver le résultat. Certaines patientes sont tellement motivées par le résultat obtenu qu'elles n'ont plus aucun mal à se mettre au régime", raconte Pierre Nahon. Enfin, si le sport est déconseillé durant le mois qui suit l'opération, il est important de se remettre par la suite à une activité physique afin de raffermir son corps, en pratiquant par exemple de la gym, du jogging, de la natation ou du vélo, deux ou trois fois par semaine. Et, pour faire un minimum d'exercice durant la journée, préférez la marche à pied pour rentrer du bureau ou encore privilégiez les escaliers à l'ascenseur. 

Liposuccion : les conseils d'un médecin

Qui sont vos patients et quelles sont les raisons qui les poussent à consulter ?
Docteur Pierre Nahon
 Je reçois une majorité de femmes et parfois des hommes. La raison qui les poussent à vouloir tenter la liposuccion est davantage esthétique que médicale. Cela peut aller des simples complexes ou d'un mal-être à une réelle détresse psychologique et ce, à des périodes bien précises de la vie hormonale d'une femme. Je rencontre donc des jeunes filles à partir de 16 ans qui souhaitent perdre leur ventre arrondi d'adolescente. Il y aussi les femmes qui ont subi une nouvelle distribution de la graisse sur les hanches et le ventre après leur accouchement et enfin les femmes ménopausées, à cause de la chute des hormones et du stockage de la graisse sur la ceinture abdominale.

Quel doit être l'état d'esprit du patient qui va subir une lipoaspiration ?
Avant tout, il est nécessaire de prendre conscience de l'importance d'un tel acte. Pour qu'une liposuccion soit réussie et bien vécue, elle doit d'abord avoir été bien indiquée par le chirurgien, c'est-à-dire cohérente. Il est également important que la patiente soit réaliste quant aux résultats qui dépendront du volume de la surcharge de graisse à supprimer mais aussi de sa motivation à entretenir par la suite ce résultat. L'entourage aussi a un grand rôle à jouer : il ne doit pas montrer d'hostilité afin de mettre au maximum en confiance la personne qui va se faire opérer. Et puis selon moi, il n'est pas bon pour l'équilibre psychologique de faire les choses "en cachette", ni d'avoir des échéances, qui ne font qu'engendrer du stress. Bien sûr, la patiente doit être sûre de son choix et bien convaincue que la liposuccion demeure la seule solution. Enfin, mieux vaut se réserver une quinzaine de jours après l'intervention, pour récupérer et s'habituer à l'idée que son corps va changer.

Dans quels cas est-il impossible d'opérer ?
Il est rare que l'on ne puisse pas pratiquer de liposuccion. Toutefois, cela peut arriver en cas de problème médicaux sévères. C'est alors au chirurgien ainsi qu'à l'anesthésiste de décider de la faisabilité de l'intervention, lors du bilan préopératoire. Par exemple, en cas de pathologies graves (leucémies, séropositivité) ou de problèmes psychologiques lourds, le chirurgien peut demander l'avis du spécialiste qui suit habituellement la patiente. Le but est de s'assurer qu'elle supportera les contraintes médicales liées à l'intervention et que celle-ci sera bénéfique à son moral. Il peut aussi m'arriver de demander à des patientes de suspendre leur consommation d'antidépresseurs. Mais, encore une fois, la patiente est garante de sa santé : elle doit bien réfléchir et être consciente de son état de santé, avant de passer à l'acte.

Liposuccion, avis et résultats

Claire, 32 ans : "La liposuccion m'a enlevé tous mes complexes !"

"Avant ma liposuccion, en 2003, je disposais de rondeurs localisées au niveau des hanches. Du coup, impossible d'être à la mode et de porter les pantalons taille basse qui me plaisaient tant. J'étais mal dans ma peau au point, qu'un jour, je me suis dit que je ne pouvais plus rester ainsi. J'ai alors pris rendez-vous chez un chirurgien avec lequel le contact est immédiatement bien passé. J'étais si motivée que je n'ai eu aucun scrupule à faire un emprunt que j'ai remboursé progressivement. Peu de temps après, l'intervention a eu lieu en ciblant la culotte de cheval, les cuisses et les fesses. Et franchement, trois ans après, je suis encore ravie du résultat ! Aujourd'hui, j'ai davantage confiance en moi, je peux porter des jupes sans complexe et je ne me cache plus avec mon paréo sur la plage. J'ai tout de même perdu deux tailles, passant du 44 au 40 ! Et, pour préserver ce résultat, je ne suis pas de régime draconien : j'essaye juste de manger raisonnablement et de pratiquer deux fois par semaine une activité physique. Hormis ce résultat qui m'a réellement changé la vie, un seul bémol demeure : la douleur après l'intervention. Chose surprenante, mais normale paraît-il, mes hématomes étaient descendus jusqu'aux pieds ! Mais, la douleur et les bleus ont vite disparus et j'ai pu reprendre mon travail, métamorphosée !"

Michelle, 32 ans : "Pour perdre mes rondeurs après ma grossesse, je ne voyais que la liposuccion"

"J'ai subi ma liposuccion il y a 6 mois, suite à ma grossesse. En plus des kilos pris durant 9 mois, j'avais surtout un affreux bourrelé et une peau qui était devenue bien trop distendue. Et comme le régime ne fonctionnait pas non plus, j'ai alors pensé à la liposuccion, en ciblant la ceinture abdominale ainsi que les fesses, les genoux, les mollets et les hanches. Le résultat est très satisfaisant ! J'ai perdu ces rondeurs qui me complexaient et je peux aujourd'hui m'habiller comme je l'entends. Même si j'ai ressentie une petite appréhension naturelle avant l'intervention, elle s'est vite envolée. Je n'ai même pas ressentie de douleurs, à part quelques courbatures prévisibles. Aujourd'hui, je ne fais pas de régime mais j'essaie malgré tout de garder une alimentation équilibrée. Et pour optimiser le résultat et me muscler, je vais bientôt me mettre à la natation. Donc, si j'avais à conseil à donner, c'est d'être vraiment motivée et surtout de bien se renseigner sur les tarifs et sur la réputation du chirurgien. Le bouche à oreille peut d'ailleurs être une bonne méthode. Moi, c'est une amie qui m'a conseillé le chirurgien qui m'a opéré et j'en ai été ravie."

Monique, 54 ans : "La liposuccion m'a laissé des séquelles esthétiques indélébiles"

"J'ai subi une liposuccion il y a 19 ans car je désirais vraiment en finir avec mes rondeurs et redessiner harmonieusement ma silhouette. Le frère de mon ex mari qui était aussi chirurgien esthétique m'a donc proposé une liposuccion en ciblant à la fois sur les hanches, les cuisses et les genoux. Moi qui pensais que cela allait changer mon existence... Ce fut le cas, mais pas dans le bon sens, au contraire : d'abord, le réveil fut difficile et surtout très douloureux ! Durant un mois entier, j'ai souffert d'affreuses courbatures et j'avais l'impression d'être un "hématome ambulant" ! J'étais couverte d'ecchymoses, sans parler des nuits passées sans pouvoir dormir. Pour l'anecdote, j'avais les chevilles tellement enflées que l'on a dû couper mon panty ! Malgré tout, j'ai repris mon travail assez rapidement, avec beaucoup de difficultés pour me déplacer. Même les aspirines n'y changaient rien. Quant au résultat, n'en parlons pas : j'ai une fesse plus haute que l'autre d'environ 5 centimètres, avec une cuisse plane et l'autre creuse. Sur le coup, j'étais tellement horrifiée que je me suis empressée de reprendre volontairement des kilos, comme pour me punir d'avoir eu l'idée de cette liposuccion. Aujourd'hui, avec l'âge, j'ai appris à vivre avec ces séquelles esthétiques. Ayant également subi par la suite d'autres opérations pour raisons médicales cette fois, j'ai refusé une seconde liposuccion. La morale de cette histoire : j'aurais dû m'abstenir... Mais après tout, peut-être que la technique n'était, à l'époque, pas encore suffisamment mise au point ?"

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