Mort d'Hanane Al-Barassi, avocate féministe tuée en pleine rue en Libye

Sidération pour le peuple libyen... et le monde entier. Hanane Al-Barassi, avocate militant pour les Droits des Femmes, a été abattue le 10 novembre dans une rue de Benghazi, la seconde plus grande ville du pays.

Mort d'Hanane Al-Barassi, avocate féministe tuée en pleine rue en Libye
© Hanane Al-Barassi Capture d'écran Instagram @etaine_eire

La Libye est sous le choc. L'avocate et militante des droits des femmes Hanane Al-Barassi a été assassinée, mitraillée de 30 balles, dans la rue, alors qu'elle se trouvait dans sa voiture le 10 novembre. "Hanane al-Barassi a été tuée par balles dans la Rue 20, l'une des plus grandes artères commerçantes de Benghazi"a annoncé l'AFP via une source sécuritaire locale.
"Quelques minutes auparavant, elle diffusait une vidéo en live sur Facebook", a-t-on appris par la même source. Au cours de cette vidéo, l'avocate se disait "menacée", en critiquant des groupes armés proches de Khalifa Haftar, Maréchal et commandant en chef national de l'Armée libyenne depuis 2015.
Agée de 46 ans, Hanane Al-Barassi était une figure emblématique du féminisme, partageant régulièrement sur les réseaux sociaux des témoignages de femmes victimes de violences. Elle dirigeait également une association défendant les Droits des Femmes. 

Hanane Al-Barassi voulait dénoncer la corruption en Libye

Dans un communiqué publié sur Twitter, Amnesty International a fermement condamné la tuerie. 

"La veille de sa mort, Hanane [Al-Barassi] a déclaré sur les réseaux sociaux qu'elle allait publier une vidéo exposant la corruption du fils du dirigeant de la LAAF ['Armée nationale libyenne, autoproclamée par Haftar, ndlr]Saddam Haftar", a détaillé l'ONG.

"L'assassinat d'Hanane met en évidence la menace qui pèse sur la vie des femmes qui s'expriment sur les questions politiques en Libye", a conclu Amnesty International.

En 2019, elle avait été emprisonnée durant plusieurs mois par les hommes de Khalifa Haftar, selon RFI.

Cet acte atroce survient un an et demi après la disparition de la parlementaire Siham Sergewa. Cette dernière avait été enlevée par un groupe armé à Benghazi, après de vives critiques sur l'offensive menée par Haftar sur la capitale libyenne, Tripoli.