"Nadège violée à 9 ans" : l'actrice Nadège Beausson-Diagne réclame l'inscription de l'amnésie traumatique dans la loi

Militante chevronée pour le droit des femmes et des minorités, Nadège Beausson-Diagne a lancé un appel sur les réseaux sociaux à prendre le compte l'amnésie traumatique dans les procédures judiciaires et dans la loi française...

"Nadège violée à 9 ans" : l'actrice Nadège Beausson-Diagne réclame l'inscription de l'amnésie traumatique dans la loi
© Shootpix/ABACA

Après le confinement, pas question de relâcher la vigilance sur les violences sexuelles. Alors que l'hémicycle s'enflamme sur le décret des ordonnances de protection, Nadège Beausson-Diagne  s'est servie des réseaux sociaux pour attirer l'attention sur d'autres vides juridiques qui pénalisent les victimes de viol.

Nadège Beausson-Diagne, violée à deux reprises

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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Dans un post publié le 17 juin, l'actrice de 47 ans a réclamé que le principe d'amnésie traumatique, la levée de prescription ou l'imprescriptibilité des crimes sur mineurs soient inscrits dans les textes de lutte contre les violences sexuelles. En plus de ses revendications, la compagne de Geoffroy Jeff Tekeyan révèle avoir été violée à deux reprises :

"Nadège violée à 9 ans violée à 35 ans Stops violences sexuelles", écrit-elle à côté du cliché. La comédienne tague ensuite Sarah Abitbol, Andrea Bescond, Marlène Schiappa et d'autres personnalités, pour les interpeller et les inviter à rejoindre le débat.

L' amnésie traumatique, handicap pour les victimes de violences sexuelles

Même si Nadège Beausson-Diagne ne parle explicitement d'avoir souffert d'amnésie traumatique, l'actrice semble fermement tenir à ce que ce phénomène soit désormais pris en compte dans les plaintes de victimes de violences sexuelles. Elle utilise d'ailleurs le hashtag #AmnesieTraumatique à plusieurs reprises, sur un écriteau puis dans son commentaire, avec les hashtags #Pedocriminalité #StopPrescription.

Ce phénomène psychologique, qui décrit une période pendant laquelle une victime n'a pas conscience des violences qu'elle a subie, peut durer plusieurs mois voire des années. Ainsi, des victimes qui se rappellent de leur agression de nombreuses années après les faits se retrouvent dans l'impossibilité d'attaquer leur bourreau, en raison du délai de prescription.

Le terme avait d'ailleurs été évoqué lorsque des milliers d'internautes avaient partagé le hashtag #Iwas au début du mois de juin, évoquant des viols à 4,7 ou 13 ans. Nadège Beausson-Diagne y avait alors participé.

En août 2018, le délai de prescription pour crimes sexuels commis sur des mineurs avait été allongé de 20 à 30 ans, à compter de la majorité. Les victimes peuvent porter plainte jusqu'à leurs 48 ans, ce qui reste insuffisant aux yeux de beaucoup d'associations.