C'est le nombre d'heures de travail à ne pas dépasser par jour pour vivre heureux, selon une étude
Une étude sérieuse s'est penchée sur ce qui distingue vraiment une journée "banale" d'une journée réussie. Et tout se joue dans le nombre d'heures consacrées au travail...
On fantasme souvent la journée parfaite comme un moment sans contraintes, sans réveil, sans obligations. Pourtant, dans la réalité, le travail reste incontournable pour la plupart des gens. Plutôt que de l'éliminer, la question devient donc plus pragmatique : combien de temps faut-il y consacrer pour que la journée reste agréable ? C'est précisément ce qu'ont voulu comprendre des chercheurs en analysant des données très concrètes sur le quotidien de milliers de personnes.
Pour y parvenir, des équipes de l'Université de Colombie-Britannique au Canada et de l'Université de Bâle en Suisse se sont appuyées sur l'American Time Use Survey, une vaste enquête américaine dans laquelle les participants ont détaillé leurs activités quotidiennes et évalué ensuite la qualité de leur journée. Grâce à des outils d'apprentissage automatique, les chercheurs ont passé au crible plus de 100 activités différentes afin d'identifier celles qui revenaient le plus souvent dans les journées jugées "meilleures que la normale". Le résultat dessine des tendances assez claires sur l'équilibre entre travail, loisirs et interactions sociales.
Premier enseignement : travailler ne ruine pas forcément la journée, à condition de ne pas en faire trop. En parallèle, d'autres facteurs entrent en jeu. Voir ses amis ou sa famille, par exemple, est fortement associé à une meilleure journée, mais seulement jusqu'à un certain point. Les interactions sociales semblent bénéfiques lorsqu'elles durent environ deux heures ; au-delà, leur impact positif ne progresse plus vraiment. Même logique pour l'activité physique, qui reste corrélée à une meilleure qualité de journée jusqu'à plusieurs heures, probablement en raison des effets bien connus de l'exercice sur le bien-être. À l'inverse, rester longtemps devant un écran n'apparaît pas comme un levier d'amélioration, pas plus que les tâches ménagères.
Puis, en croisant toutes les données, les chercheurs ont observé que les journées les mieux évaluées étaient rarement celles où le travail occupait la majeure partie du temps. À partir d'un certain seuil, la probabilité de vivre une "bonne journée" diminuait nettement. Ce seuil se situe à six heures de travail par jour. Au-delà, les personnes ont moins de chances de considérer leur journée comme réussie. Ce chiffre ne signifie pas qu'il faudrait imposer une règle stricte à tout le monde, ni qu'un emploi du temps idéal existe. Il rappelle simplement qu'un équilibre se joue dans la répartition du temps, entre activité professionnelle, relations sociales et loisirs actifs.
À noter que Dunigan Folk, l'un des chercheurs à l'origine de cette analyse, a tenu à préciser : "L'un des principaux enseignements est que les gens gagneraient à consacrer moins de temps aux activités passives et plus de temps aux activités actives. J'espère que ces résultats inciteront les gens à mieux réfléchir aux compromis qu'ils font au quotidien et aux avantages que procure le fait de consacrer du temps à différentes activités". Inspirant, non ?
