Claire Hédon, journaliste choisie par Edouard Philippe comme Défenseure des droits

Claire Hédon a été choisie par Edouard Philippe pour succéder à Jacques Toubon dans le poste de Défenseure des droits. Femme engagée, présidente d'ATD-Quart Monde et journaliste de talent, la nouvelle élue risque de faire l'unanimité... Portrait d'une passionnée.

Claire Hédon, journaliste choisie par Edouard Philippe comme Défenseure des droits
© ANDBZ/ABACA

C'est une recommandation d'Edouard Philippe qu'Emmanuel Macron a prise en compte, malgré leurs récents différends. Le Premier ministre a proposé au président de la République de nommer la journaliste Claire Hédon en tant que Défenseure des droits, selon une déclaration de l'Elysée dans un communiqué. La présidente d'ATD-Quart Monde devrait donc succéder à Jacques Toubon, dont le mandat prend fin en juillet, six ans après avoir été désigné par François Hollande. Il reste toutefois une étape à passer pour que Claire Hédon soit officiellement la nouvelle Défenseure des droits. "Le Président de l'Assemblée nationale et le Président du Sénat sont saisis de ce projet de nomination, afin que la commission intéressée de chacune des assemblées se prononce", lit-on.
Selon les déclarations d'une responsable d'ATD-Quart Monde à l'AFP, c'est l'action de Claire Hédon au sein de l'ONG qui a fait pencher la balance.  "La défense des droits fondamentaux est également la vocation centrale d'ATD-Quart Monde, c'est d'ailleurs cela qui a dû jouer dans le choix d'Édouard Philippe", a-t-elle expliqué.

Qui est Claire Hédon, future Défenseure des droits ?

Brillante journaliste, Claire Hédon a fait ses gammes sur les ondes de France Bleu puis de France Inter, avant d'exceller au micro de la radio RFI, où elle a notamment présenté l'émission Priorité Santé, de 2003 à 2017. 

C'est lors d'un reportage dans un bidonville de Bangkok, en Thaïlande, qu'elle découvre l'association ATD-Quart Monde, dont l'objectif est de lutter contre l'extrême pauvreté à travers le globe. "On n'était pas dans l'assistanat mais dans une position plus égale, où l'on aide les gens à se battre pour leurs droits. En rentrant je me suis rendu compte que la grande pauvreté n'était pas forcément au bout du monde et qu'autour de moi en France, il y en avait. Et dans un pays que l'on dit sixième puissance économique, c'était inacceptable", avait-elle confié au micro de France Culture.

Claire Hédon, une femme de combats

Touchée par cette initiative, elle décide de rejoindre le mouvement, d'abord en tant que bénévole. En 2005, elle gravit les échelons et devient membre du conseil d'administration de l'ONG, avant de devenir vice-présidente puis présidente, en 2015.

Claire Hédon est convaincue que sa pratique du journalisme et son action au sein d'ATD-Quart Monde sont étroitement liées. "Il y a toujours eu un lien entre mon travail et ATD. Mes vingt ans passés dans le mouvement ont influencé ma manière de travailler. Même s'ils s'expriment mal, les gens ont des choses à dire", avait-elle déclaré à Nouvelle République.

La présidente d'ATD-Quart Monde avait d'ailleurs accueilli Emmanuel Macron dans l'un des centres du mouvement, à Noisy-Le-Grand, en Seine-Saint-Denis, en septembre 2018. En 2017, son expérience lui a même permis d'être nommée membre du Comité consultatif national d'éthique. Un profil idéal pour le poste, donc !