Niels Schneider : ce qu'il dit et ce qu'il fait, de Dolan à Mouret

Aux côtés de Camelia Jordana, il crève l'écran dans "Les Choses qu'on dit, les Choses qu'on fait", le nouveau long-métrage d'Emmanuel Mouret, en salles le 16 septembre. A 33 ans, Niels Schneider s'épanouit dans sa formidable ascension artistique. Il est aujourd'hui au sommet.

Niels Schneider : ce qu'il dit et ce qu'il fait, de Dolan à Mouret
© Jean Michel Nossant/SIPA

Ils étaient faits pour se rencontrer. Dans Les Choses qu'on dit, les Choses qu'on fait, le cinéaste Emmanuel Mouret propulse Niels Schneider vers de nouvelles hauteurs. Pour les besoins de ce drame en crève-coeur, le comédien franco-canadien de 33 ans campe Maxime, un jeune homme réservé qui va rendre visite à son frère à la campagne. A la gare, c'est l'épouse de ce dernier, momentanément absent, qui l'accueille. En attendant son retour, les deux personnages, que Mouret observe dans leurs beautés et leurs contradictions, vont se livrer à des confessions intimes. Lesquelles vont, inéluctablement, triturer leurs certitudes, dessinant l'inconstance des hommes face au monde, et face aux choix cornéliens des amours qu'il place sur leurs routes.

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"Les choses qu'on dit, les choses qu'on fait // VF"

Dans son phrasé comme dans son souffle, Niels Schneider donne la réplique à Camelia Jordana avec cette grâce naturelle qui éclaire le cinéma depuis une douzaine d'années. Après un rôle d'adolescent suicidaire dans le sublime et méconnu Tout est Parfait d'Yves-Christian Fournier, c'est Xavier Dolan qui décèle sa cinégénie et son talent. D'abord dans J'ai tué ma mère en 2009. Et surtout dans Les Amours Imaginaires, dans lequel il est la pièce maîtresse d'un triangle amoureux. Sa prestation, drapée dans une atmosphère pop et ouatée, lui vaut le Trophée Chopard de la révélation masculine 2011 au Festival de Cannes. C'est parti pour une longue route ! 

Une trajectoire admirable

En une douzaine d'années de carrière, Niels Schneider a en effet déjà tourné dans une trentaine d'oeuvres. Sa filmographie est à son image : elle suinte la curiosité, l'envie de se mettre en danger, de tenter, quitte à se tromper de temps en temps. Mais on y trouve surtout son goût pour les auteurs : Héléna Klotz (L'âge atomique), Yann Gonzalez (Les Rencontres d'après Minuit), Etienne Faure (Désordres) ou Anne Fontaine (Gemma Bovary). 2016 sera en tout cas l'année de sa bascule, avec le polar Diamant Noir d'Arthur Harari dont l'action se situe dans le milieu diamantaire d'Anvers. Etoile magnétique plongée dans les ténèbres, il séduit l'Académie des César qui lui attribue la statuette de la révélation masculine. La mise en orbite est totale. 

Une grâce que s'arrachent les cinéastes

Un an plus tard, c'est dans le biopic Dalida de Lisa Azuelos qu'on le retrouve sous les traits de Jean Sobierski, un des amants de la célèbre chanteuse. En 2018, face à Virginie Efira (sa compagne à la ville, avec qui il tournera plus tard dans Sibyl de Justine Triet), il irradie dans Un Amour Impossible de Catherine Corsini sous les traits d'un brillant jeune homme issu d'une famille bourgeoise dont s'amourache une employée de bureau modeste.

Cette adaptation du roman homonyme de Christine Angot achève d'en faire un visage incontournable du cinéma français. Et ses choix, passionnants, de continuer à s'orienter vers l'éclectisme et le défi : à l'instar de sa performance -probablement la meilleure à ce jour- dans Sympathie pour le Diable, le premier long-métrage de Guillaume de Fontenay où il impressionne de mimétisme en redonnant vie au reporter de guerre Paul Marchand lors du Siège de Sarajevo entre 1992 à 1993.

Niels Schneider et Camelia Jordana dans "Les Choses qu'on dit, les Choses qu'on fait". © Pyramide Distribution

Cette année, dans le film choral Les Choses qu'on dit, les Choses qu'on fait, Emmanuel Mouret tire le meilleur de son jeu, de son aura, et l'emmène dans son univers riche de mots, d'émotions et de douloureux pétillements. Niels Schneider y est renversant, touchant, juste, nous rappelant, une nouvelle fois, la force séductrice, émouvante et parfois destructrice de son regard.

Une nomination au César du Meilleur Acteur ne serait clairement pas volée l'année prochaine.