LES PARFUMS : 3 bonnes raisons d'en sentir les essences

En salles le 1er juillet, "Les Parfums" de Grégory Magne, salué au Festival de Saint-Jean-de-Luz, met en scène Emmanuelle Devos sous les traits d'une intraitable et solitaire créatrice de fragrance dont le quotidien est bousculé par son nouveau chauffeur (Grégory Montel). Le Journal des Femmes en a séquencé les trois atouts.

LES PARFUMS : 3 bonnes raisons d'en sentir les essences
© Pyramide Distribution

Entrer dans un métier méconnu

C'est un métier peu commun, passionnant dans ce qu'il charrie, et sur lequel le cinéma français ne s'est presque jamais penché : les nez. Ces derniers ont la particularité de mélanger les senteurs, qu'ils maîtrisent avec une érudition olfactive phénoménale, pour créer des parfums. Telle est la profession de l'héroïne du bien-nommé Les Parfums, le second long-métrage de Grégory Magne –huit ans après L'air de rien qu'il avait co-dirigé en 2012 avec Stéphane Viard. Le cinéaste en question, soucieux d'apporter un maximum de véracité à sa peinture, n'a pas hésité à solliciter des pointures de ce domaine d'activité, très sélect, afin de n'écorcher aucune terminologie. Ainsi, le personnage d'Anne Walberg nous apparaît directement crédible dans ses dialogues et ses gestes, nous conviant dans les silences et les sensations de son métier. Pour autant, cette comédie feel-good évite le piège de l'instantané unilatéralement professionnel.

Deux solitudes qui se rencontrent

En effet, magnifique –comme toujours– sous les traits de l'héroïne, Emmanuelle Devos esquisse davantage le portrait d'une femme seule que celui d'une parfumeuse émérite. D'ailleurs, quand on la découvre au début de l'intrigue, on comprend que ses faits de gloire sont derrière elle et qu'elle court désormais derrière des chimères. Solitaire, inadaptée socialement et imposant à ceux qui la croisent un comportement de diva égotique, elle trouve bientôt un contradicteur attachant que son arrogance n'impressionne guère : son chauffeur (impeccable Grégory Montel). Lui-même est au bout du rouleau, mis sous pression par un patron aux allures mafieuses (Gustave Kervern) et tentant à cor et à cri d'être un bon père pour sa fille. Grégory Magne scelle ainsi le parfum entêtant d'une rencontre entre deux "apparents" losers, enlisés dans leurs bulles de mélancolie, qui vont se serrer les coudes pour laisser passer de l'oxygène dans leurs vies respectives.      

Un traitement d'une grande douceur

Et, somme toute, quoi de mieux que la route pour réfléchir, pour inviter à l'introspection, pour entièrement repenser le sens de la vie et, peut-être, enfin apprendre de ses erreurs ? C'est par le prisme judicieux du road-trip –puisqu'Anne accepte les missions que son agent lui dégote aux quatre coins de la France– que le scénario va précipiter le rapprochement inévitable des personnages principaux. Surtout, n'espérez aucune péripétie spectaculaire au fil du voyage. Là, tout passe par une forme de délicatesse, de douceur et, par-dessus tout, de regards. Ce sont, in fine, les regards posés l'un sur l'autre qui vont agir comme les catalyseurs d'une potentielle guérison psychologique. Le duo -d'abord antagoniste puis alchimique- que forment Emmanuelle Devos et Grégory Montel participe à cet effet très largement dans le charme du long-métrage. Les deux comédiens apportent des arômes subtils à leur composition pour dégager une fragrance de cinéma invitante.   

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"Les parfums // VF"