LA BONNE EPOUSE : 3 bonnes raisons de découvrir cette comédie féministe

Après "Séraphine", César du Meilleur Film en 2009, ou encore "Sage Femme", le réalisateur Martin Provost nous ouvre les portes d'une école ménagère dans "La Bonne Epouse", en salles le 11 mars. Juliette Binoche, Yolande Moreau et Noémie Llvovsky forment le trio de tête de cette réjouissante comédie sur l'émancipation féminine.

LA BONNE EPOUSE : 3 bonnes raisons de découvrir cette comédie féministe
© Memento Films

Martin Provost, La Bonne Epouse et l'amour des femmes

Elles sont le fil conducteur de sa filmographie. Le kérosène. L'âme. Et, quelque part, la raison d'être de son regard de cinéaste, si juste et sensible. Qu'il soit question de maternité (Le Ventre de Juliette, 2003 ; Sage-Femme, 2017), de destinée artistique (Séraphine, 2008) ou de violences conjugales (Où va la Nuit ?, 2011), les femmes ont composé le yin et le yang de la filmographie de Martin Provost. Entre elles et lui, c'est un amour fou, constant, cimenté par le souvenir de sa propre mère, laquelle trouve son empreinte, d'une façon ou d'une autre, chez toutes les héroïnes qu'il a immortalisées au fil des projets. C'est encore le cas pour Paulette, le personnage central de sa nouvelle réalisation : La Bonne Epouse. Directrice d'une école ménagère dans laquelle elle enseigne à des jeunes filles l'art d'être une fée du logis, cette dernière voit ses certitudes vaciller quand son mari meurt et que, un peu plus tard, ressurgit un amour de jeunesse. Deux électrochocs qui la pousse, avec ses concitoyennes, à épouser la trajectoire d'une exaltante libération sexuelle à l'aube de mai 68.   

Juliette Binoche dans "La Bonne Epouse". © Memento Distribution

Les écoles ménagères : un sujet absolument passionnant 

On l'oublie parfois, mais un bon film, c'est avant tout une histoire originale. En se penchant sur les écoles ménagères, Martin Provost a eu l'excellente idée de porter à l'écran un sujet très peu couru au cinéma. La Bonne Epouse nous ramène ainsi à une époque où, dans le milieu rural, de nombreuses jeunes filles étaient envoyées dans ce type d'établissement pour y apprendre la broderie, le jardinage, la cuisine, l'horticulture, la comptabilité, le repassage… et même, comme en témoigne une séquence cocasse dudit long-métrage, l'art de servir le thé. C'est un pan de l'Histoire qui s'ouvre dès lors aux spectateurs, un segment temporel durant lequel, plus que jamais, le patriarcat régnait en maître. Ce faisant, Provost donne un écho actuel à son labeur en rappelant à tout un chacun le chemin traversé par les femmes et toutes les injonctions qu'il leur a fallu éluder. Sur un ton comique et dans une atmosphère colorée et soignée, il célèbre salutairement la sororité et l'émancipation de la gent féminine.  

La Bonne Epouse : un casting inspiré 

Il la compare volontiers à Anna Magnani en raison de sa capacité de pleurer en riant. Martin Provost a eu du flair et a visé juste en confiant le rôle-titre de cette réalisation à Juliette Binoche. Décentrée de ses rôles dramatiques habituels, la comédienne française s'en donne à coeur joie en tissant un personnage d'abord joyeusement caricatural puis fondamentalement terrestre et sensible. Autour d'elle, les autres ne sont pas en reste. A commencer par son binôme féminin composé de Noémie Lvovsky, hilarante en soeur zélée et Yolande Moreau, toujours géniale dans la peau de la femme poético-barrée. Edouard Baer est parfait en amour du passé et François Berléand emballant en mari qui passe et trépasse. C'est d'ailleurs la première fois que Martin Provost s'attèle à un tournage choral de cette ampleur et la bonne humeur qu'il a mise sur le plateau contamine les spectateurs jusqu'à un final osé, touchant, qu'il serait malvenu de spoiler. On en sort en tout cas avec le coeur en montgolfière et le sourire aux oreilles.      

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"La bonne épouse // VF"