3 bonnes raisons de se laisser séduire par LES ENVOÛTÉS

En salles ce 11 décembre, "Les Envoûtés" marque la huitième réalisation de Pascal Bonitzer. Il y convoque Sara Giraudeau et Nicolas Duvauchelle le temps d'une intrigue où valsent l'amour et la mort. Le Journal des Femmes vous invite à entrer dans la danse.

3 bonnes raisons de se laisser séduire par LES ENVOÛTÉS
© SBS Distribution

Les Envoutés : un récit universel

A l'origine était une nouvelle –Les Amis des Amis de Henry James. Fasciné par elle, le réalisateur et scénariste Pascal Bonitzer a longtemps souhaité l'adapter au cinéma. Et c'est chose faite ! Dans Les Envoûté, les contours victoriens disparaissent au profit d'une intrigue contemporaine. On y suit Coline, une journaliste-pigiste chargée par sa rédactrice en chef de mener une enquête sur un mystérieux artiste vivant reclus dans le sud-ouest de la France. L'objet de l'article ? L'intéressé estime avoir aperçu le fantôme de sa mère avant que celle-ci ne livre son dernier souffle. A son arrivée au Pays Basque, la fragile et insaisissable héroïne va graduellement s'amouracher du jeune homme et se confronter aux douleurs du cœur. Appariant l'amour et la mort, Bonitzer explore ici le sentiment de jalousie mordant, dévorant, et dont on a tous été les esclaves, un jour ou l'autre.    

Les Envoutés : une approche sensorielle

Le film de fantôme est un genre très codifié. Nous en connaissons le tempo et l'imagerie par cœur. Raison pour laquelle le cinéaste a opté pour une approche plus organique, délaissant les passages obligés et autres poncifs. Grâce à la lumière magnifique de son chef-opérateur Pierre Milon, il parvient à installer une atmosphère toute particulière, oscillant entre réalisme et saillies éthérées. Mieux : il a compris –comme son idole du fantastique Jacques Tourneur– qu'il est bien plus évocateur de suggérer que de montrer. A l'instar de la nouvelle, qui ne donne aucune réponse définitive, et qui favorise un récit indirect, Bonitzer privilégie le hors-champs et laisse les silences exprimer leurs mots et leurs maux. Les Envoûtés tire aussi profit des paysages, de la brume et de la forêt, lesquels achèvent d'en faire un conte moderne et intemporel.  

Les Envoutés :  un duo alchimique

Ça n'aurait pu être qu'elle ! Le producteur Saïd Ben Saïd a eu du flair en suggérant à Pascal Bonitzer de confier le rôle principal des Envoûtés à Sara Giraudeau, alors tout juste auréolée du César de meilleur second rôle féminin pour sa remarquable prestation dans Petit Paysan. La mine diaphane, ce flegme si particulier, cette fragilité chevillée au corps… C'est comme si tout en elle était déjà un peu Coline. Face à elle, Nicolas Duvauchelle donne le change avec brio en trouvant un rôle intéressant, qui l'éloigne louablement des bagarreurs et petites frappes qu'il a l'habitude d'incarner. Ensemble, ils composent une valse étrange et inquiétante, fantastique et étrangement réaliste. Une danse de l'existence et du morbide qui ne livre ses réponses qu'à la toute dernière minute. De quoi tenir le spectateur en haleine !