L'Incroyable Histoire de Laetitia Casta : de top-model à comédienne

Laetitia Casta s'impose dans "L'Incroyable Histoire du Facteur Cheval", où elle interprète Philomène, épouse de Ferdinand Cheval. Bouleversante, l'actrice prouve, s'il le fallait, qu'elle enflamme aussi bien les catwalks que les plateaux de tournage. Retour sur son étonnant parcours.

L'Incroyable Histoire de Laetitia Casta : de top-model à comédienne
© Javier Etxezarreta/EFE/SIPA

Ses yeux bleus, à la fois tendres et mystérieux, racontent son histoire. Laetitia Casta captive l'objectif et subjugue la caméra des réalisateurs avec la même aisance. Émouvante dans L'Incroyable Histoire du Facteur Cheval de Nils Tavernier, en salles le 16 janvier, elle interprète Philomène, épouse du facteur Ferdinand Cheval, qui, malgré les obstacles, se met en tête de construire un Palais Idéal. Un peu comme notre chère artiste, qui, elle, s'est forgée sa carrière idéale et a lutté pour faire sa place dans le monde très fermé du cinéma français. 

L'histoire de Laetitia Casta débute en 1994, sur le sable fin de la plage de Sant'ambrogio, en Corse...

C'est là que cette fille d'une comptable normande et d'un directeur commercial corse est remarquée, à 15 ans, par le photographe Frédéric Cresseaux, qui lui propose de poser pour son objectif. Un coup d'œil à une coupure de Télé 7 Jours flanquée d'une photo de Claudia Schiffer, et l'adolescente candide lâche, d'un ton modéré : "Ça a l'air sympa". Laetitia Casta n'avait jamais vraiment réfléchi à la perspective de devenir mannequin, mais elle accepte de tenter le coup. Bingo ! Elle est immédiatement recrutée par l'agence Madison.

À 19 ans, le jeune top model connaît son premier coup de foudre… artistique. Elle entre dans la maison de couture d'Yves-Saint Laurent, rencontre le célèbre styliste en personne et la magie opère. "Pour la toute première fois, j'avais l'impression qu'on me regardait vraiment. (...) C'était comme si on s'était reconnus, retrouvés", se souvient-elle dans Numéro. La jolie brune à la peau laiteuse devient sa muse.

En 1997, le charmant top model, qui commence à se faire un nom dans le milieu de la mode, se met à nu (littéralement) pour Vogue US. Point de gêne pour celle qui se définit pourtant comme une grande timide. "Le corps d'une femme est beau. La femme incarne le désir, l'envie, le mystère, la création. Je suis fière d'être à la fois ma pensée et mon corps sans avoir honte de qui je suis", assure Laetitia Casta, dans Corse Matin. Cerise sur le gâteau : en 2000, elle est choisie pour servir de modèle au buste de Marianne qui trône dans les mairies, contre Nathalie Simon, Daniela Lumbroso, Estelle Lefébure ou encore Patricia Kaas.

Moteur, action !

Bien loin d'avoir été aveuglée par les flashes des photographes de mode, Laetitia Casta, visionnaire, se prend à rêver d'une carrière au cinéma, à l'époque où les artistes sont inflexiblement rangés dans des cases. "Des réalisateurs très intéressants sont venus à moi dès le départ, sauf qu'à l'époque, je n'en ai pas eu connaissance. Cela n'arrangeait personne. J'étais en plein boom, donc on ne m'en parlait pas", révèle-t-elle dans Numéro. Finalement, son imagination devient féconde et elle fait ses premiers pas sur un plateau de tournage, à 19 ans, dans Astérix et Obélix contre César. La jeune comédienne incarne le personnage de Falbala à l'écran, au côté de Gérard Depardieu et Christian Clavier. De l'art de démarrer sur les chapeaux de roue.

Peu de temps après, l'actrice en devenir campe la résistante Léa Delmas, héroïne du roman de Régine Deforges, dans le téléfilm La Bicyclette Bleue. En 2001, elle devient maman d'une petite Sahteene, née de son amour avec le photographe Stéphane Sednaoui. Une année particulière pour l'artiste : c'est à cette période qu'elle confirme son statut d'actrice et sa volonté de s'ancrer dans le milieu du cinéma. À l'affiche des Âmes Fortes de Raoul Ruiz, projeté au Festival de Cannes parmi les films hors-compétition, la muse d'Yves Saint-Laurent, novice mais pas moins talentueuse, donne la réplique à Frédéric Diefenthal et Arielle Dombasle. Un rôle qui ne tarde pas à lui ouvrir d'autres portes. Elle incarne la pensionnaire d'une maison close dans Rue des Plaisirs, se dévoile sans maquillage dans Le Grand Appartement et s'essaie même au théâtre dans la pièce Ondine.

Laetitia Casta, "sauvée par le cinéma"

Laetitia Casta a beau prendre du galon dans le milieu cinématographique, elle n'en oublie pas le métier qui l'a révélée aux yeux du public et continue donc de poser pour des marques de parfums ou bijoux, comme Swarovski. "Les gens ont tendance à tout segmenter dans le milieu créatif : la mode d'un côté, le cinéma d'un autre. J'ai souvent souffert de cela, alors que j'adore quand les ponts se rejoignent. Cela permet de se renouveler", explique-t-elle, audacieuse, dans Grazia. En 2008, elle rencontre celui qui deviendra le père de ses enfants Orlando et Athéna, Stefano Accorsi, sur le plateau de tournage de La Jeune Fille et les Loups.

En 2011, Laetitia Casta se glisse dans la peau de Brigitte Bardot, dans le film Gainsbourg (Vie Héroïque), un rôle qui lui vaut une nomination aux César, en 2011. À présent, la belle clame haut dans Numéro : "Dans chaque cellule de mon corps, je suis à cent pour cent une actrice". Dès lors, notre modèle qui a su sortir des carcans de la mode enchaîne les rôles et varie les registres : du Thriller avec Arbitrage, où elle joue au côté de Richard Gere, à la comédie avec Sous les Jupes des Filles, en passant par le drame avec Une histoire d'amour. Récemment, elle a brillé dans L'Homme Fidèle, un film de son compagnon Louis Garrel, qu'elle a épousé en 2017. Un véritable triomphe qui constitue… une agréable revanche sur son passé. La téméraire artiste a longtemps souffert de son image de "femme-objet", lorsqu'elle posait pour les objectifs des plus grands photographes. "Et puis à 19 ans, le 7e art m'a sauvée de tout ça", conclut-elle dans Marie Claire. Pour Laetitia Casta, le prince charmant portait le nom de "Cinéma"...

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