Tout le monde pense bien faire mais ruine ses haies : voici la bonne date pour les tailler
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Tout le monde pense bien faire mais ruine ses haies : voici la bonne date pour les tailler

Tailler ses haies au mauvais moment, c'est comme arroser une plante morte ou peindre un mur trempé : l'intention est bonne, le résultat désastreux. En pensant bien faire, vous sacrifiez en réalité des mois de croissance. Voici le bon timing.

Votre jardin part en friche ? Les branches débordent ? Les voisins tordent le nez ? Il est temps de remettre de l'ordre. Ainsi, le premier réflexe consiste bien souvent à dégainer le taille-haie, afin de redonner un cadre propre et verdoyant à votre extérieur. Néanmoins, il est primordial de s'exécuter à la bonne date, si vous souhaitez préserver la santé de vos végétaux. 

En effet, quand on coupe une haie, on lui impose un stress. Comme l'explique Eva Monheim, arboriste certifiée : "Le pire moment pour tailler les haies, c'est lorsqu'elles sont en pleine expansion". Elles doivent cicatriser, redistribuer leur énergie et relancer des bourgeons. Si elles sont en pleine croissance ou en transition vers une autre phase de leur cycle, elles encaissent mal. C'est pourquoi, une taille mal placée les interrompt net dans leur effort, fragilise les extrémités, et bloque la photosynthèse là où elle est la plus active. C'est aussi à cette période que la plante devient plus sensible aux variations de température. Les jeunes pousses, tendres et non lignifiées, sont très vulnérables si la météo tourne. Un coup de froid, et elles noircissent. Un excès d'humidité, et les champignons s'installent. Un peu trop de soleil, et ça grille.

À l'inverse, une taille au bon moment soutient la plante au lieu de la contrarier. Elle accompagne son rythme, nettoie les parties inutiles sans mettre en péril les zones actives. Toutefois, les haies de feuillus n'ont pas les mêmes besoins que les conifères. Certaines se taillent en deux temps, d'autres une seule fois par an suffit. Mais une chose est sûre : il y a une période qu'il vaut mieux éviter, quelles que soient les variétés plantées. C'est celle que la plupart des jardiniers choisissent, souvent par automatisme, parfois par souci d'anticipation, rarement pour de bonnes raisons. On parle ici de la fin de l'été et du début d'automne. Effectivement, lorsque le soleil laisse place à une saison plus froide, on aime que le jardin soit net pour les mois à venir. Malheureusement, en adoptant ce réflexe, c'est toute la structure de la haie qui en pâtira l'année suivante.

Le bon moment, lui, arrive plus tôt dans l'année, soit juste avant le redémarrage de la croissance. C'est là que la plante est la plus stable. Elle sort doucement de sa dormance, ses réserves sont intactes, ses tissus prêts à se régénérer. Autrement dit, pour la plupart des haies, c'est à la fin de l'hiver ou tout début du printemps que ça se joue.

Ni trop tôt, pour ne pas exposer les jeunes pousses au gel, ni trop tard pour ne pas bloquer la dynamique : un créneau court, mais décisif. Vous l'aurez compris, il vaut mieux laisser vos haies tranquilles jusqu'à l'année prochaine et profiter de l'arrière-saison au jardin sans rien toucher.