Comment et où acheter des fleurs locales et de saison ?

Aujourd'hui, 9 fleurs sur 10 vendues en France sont produites à l'étranger et importées. Une aberration écologique qui pèse aussi lourdement sur la filière horticole hexagonale. Pourquoi faut-il changer notre mode de consommation des fleurs et comment y parvenir ? Pistes de réflexion et solutions.

Comment et où acheter des fleurs locales et de saison ?
© Amina Filkins - Pexels

Déjà bien compliquée parce qu'ultra mondialisée, la situation de la filière des fleurs en France a aussi été éprouvée par la crise liée au Covid-19. Par voie de conséquence, le bilan environnemental est, lui aussi, catastrophique. Pourquoi ? Et comment, vous et moi, pouvons-nous agir pour faire évoluer la manière de produire et de vendre les fleurs ? Réponses. 

Etat des lieux de la filière des fleurs en France

Pour mieux comprendre ce qui cloche, il faut d'abord se pencher sur les lieux de production des fleurs coupées que nous achetons. A 85%, ces dernières sont cultivées à des milliers de kilomètres de chez nous. Essentiellement produites au Kenya, en Équateur ou en Colombie, elles transitent ensuite par la Hollande. Depuis les années 1950, l'industrie hollandaise des fleurs domine ce marché mondial par deux biais : le marché aux fleurs d'Aalsmeer, le plus grand à l'échelle de la planète et une distribution hégémonique. Conséquences ? Des fleurs dont le prix augmente au fur et à mesure de leur voyage jusqu'à nous, des fleurs moins fraîches aussi, puisque cueillies en moyenne 10 jours avant d'arriver chez le fleuriste et des émissions de carbone qui crèvent le plafond.

Communiqués par Fleurs d'ici, voici quelques chiffres-clés pour prendre toute la mesure du problème :

  • 9 fleurs sur 10 consommées en France sont importées de l'étranger
  • 1 bouquet de 25 roses importées = l'équivalent CO2 d'1 trajet Paris-Londres en avion
  • En France, 9 exploitations horticoles sur 10 ont disparu en l'espace de 50 ans
  • Les producteurs et fleuristes français ont perdu 40% de leur chiffre d'affaires pendant le premier confinement
  • 15% des fleuristes ont fermé boutique en 2020, en raison de la crise sanitaire
  • Au Kenya, les salaires dans les serres de roses se situent autour de 100$/mois
  • On trouve jusqu'à 25 substances chimiques interdites en Europe dans un bouquet de fleurs importées
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© Fleurs d'ici

Faire honneur au Slow Flower

C'est au milieu des années 2000, aux Etats-Unis, qu'émerge ce mouvement. Après l'Angleterre c'est en France que le Slow Flower fait des émules. Comme une réponse à la déconnexion entre humains et fleurs, le Slow Flower veut redonner du sens et de la valeur aux fleurs qui poussent à côté de chez nous, renouer avec la culture des fleurs de manière durable et raisonnée aussi. A l'instar de la slow food avant lui, le mouvement Slow Flower prône une consommation dépourvue d'intermédiaires. Fervent défenseur de l'horticulture locale, il invite à respecter la saisonnalité des fleurs et repose sur des productions en circuits courts. Concrètement, c'est utiliser des fleurs locales et de fait, de saison, se servir des fleurs à tous les stades - du bouton à la graine jusqu'au compostage - et donc éviter le gâchis mais aussi relocaliser la production en étant toujours plus proche des fleuristes. De quoi en finir avec les fleurs étrangères clonées, bourrées de pesticides et laisser place à des variétés plus respectueuses de la saisonnalité, tout aussi belles bien que différentes. L'éducation du grand public est essentielle pour y parvenir. Il existe d'autres fleurs qui valent le coup d'être mises en scène dans nos intérieurs. 

Privilégier des fleurs en circuits courts

Cela peut paraître évident et pourtant, fonctionner en circuit court est une façon de consommer des fleurs locales et de saison qui reste encore à la marge. Heureusement, des associations comme le Collectif de la Fleur Française, créée par Hélène Taquet, floricultrice, fondatrice de Popfleurs et fille d'agriculteur et Sixtine Dubly, journaliste et auteur de "La tentation des fleurs" se mettent au service du Slow Flower. Afin de renforcer le lien à la terre, d'encourager les savoir-faire agricoles et l'artisanat, elles ont imaginé le premier Annuaire Slow Flower. Grâce à lui, retrouvez tous les acteurs de la fleur française, pour tendre vers des achats de fleurs en direct du producteur

Se renseigner sur la saisonnalité

Comme pour les fruits et légumes, connaître la saisonnalité des fleurs est un moyen imparable de s'y retrouver et de repérer les bonnes variétés à consommer et à quelle saison. Parmi les absurdités les plus souvent rencontrées, il y a la rose rouge qui fleurit pourtant d'avril à octobre, offerte à la Saint Valentin ou les pivoines en plein automne... Rendez-vous sur l'onglet fleurs de saison du Collectif de la Fleur Française pour découvrir celles qui fleurissent en fonction de votre région. 

Où acheter des fleurs locales et de saison ?

On vous en parlait plus haut, l'annuaire Slow Flower du Collectif de la Fleur Française est un bon outil pour trouver les fleuristes et horticulteurs qui proposent des fleurs locales et de saison près de chez vous. 

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© Fleurs d'ici

Autre option ? Faire confiance à Fleurs d'ici, un acteur engagé dans la sauvegarde de l'horticulture française. Fondée par Hortense Harang et Chloé Rossignol, deux femmes elles aussi inspirées par le Slow Flower, Fleurs d'ici vend des fleurs éthiques et produites en France. Comment ? Grâce à une plateforme sur laquelle les acheteurs de quatorze grandes villes à la recherche d'un beau bouquet peuvent commander en ligne à des fleuristes indépendants ou des producteurs proches de chez eux. La livraison se fait ensuite à vélo ou avec un véhicule électrique et sans trop d'emballages. En bonus, Fleurs d'ici propose de (re)découvrir, au fil des saisons, des variétés oubliées qui ont fait les belles heures de l'horticulture française.

Enfin, nombreuses sont les marques qui proposent aujourd'hui des abonnements pour recevoir des fleurs, livrées directement chez vous. Si, en règle générale, les bouquets vendus sont composés de fleurs de saison, la provenance des fleurs n'est pas toujours localisée sur le territoire français mais plutôt en Europe. Notre conseil ? Jeter un coup d'œil aux sites de la marque qui vous fait de l'œil avant de passer commande. 

(Re)connaître les certifications en vigueur

Bien qu'ils ne suffisent pas à garantir l'achat de fleurs éco-responsables et de qualité, ces labels et certifications sont tout de même à prendre en compte. Parmi eux, on trouve : 

  • Plante bleue : la certification horticole délivrée aux professionnels français, engagés dans une démarche respectueuse de l'environnement, 
  • Fleurs de France : il assure que les fleurs sont cultivées en France, 
  • Label Rouge : c'est la garantie de végétaux de qualité supérieure, il concerne roses, dahlias, géraniums, fruitiers, les plantes acidophiles et sapins de Noël.