Menacée d'extinction, 15 % de la flore française est en danger

Sur les quelques 4 982 espèces de plantes indigènes recensées en France et passées à la loupe, 742 sont aujourd'hui menacées ou quasi menacées. Liste rouge, enjeux pour la flore sauvage et axes d'amélioration pour inverser la tendance, on vous dit tout.

Menacée d'extinction, 15 % de la flore française est en danger
© 123RF/Stillfx

Par flore vasculaire, on entend plantes à fleurs, fougères et conifères, soit près de 5 000 espèces indigènes recensées en France métropolitaine. Sur trois années, les Conservatoires botaniques aidés d'une quarantaine de botanistes experts ont rassemblé et étudié de manière approfondie cette flore vasculaire, soit près de trente millions de données floristiques. Alors qu'en 2012 il n'y avait "que" 512 menacées, en 2019, ce sont 421 espèces qui se révèlent menacées et 321 autres quasi menacées. Un constat pour le moins préoccupant qui soulève des questions essentielles quant à la gestion de nos ressources et à la préservation de la biodiversité à l'échelle nationale comme locale. Avec la mise à jour de la Liste rouge des espèces menacées en France, le Comité français de l'Union Internationale pour la conservation de la nature (l'UICN), la Fédération et le réseau des Conservatoires botaniques nationaux (FCBN), l'Agence française pour la biodiversité (AFB) et le Muséum national d'Histoire naturelle (MNHN) tirent la sonnette d'alarme. 

Des menaces bien réelles pèsent sur la flore vasculaire de France

Changements climatiques, modification, voire destruction des habitats naturels, urbanisation croissante et artificialisation des terres, intensification ou abandon de certaines pratiques agricoles et forestières... Autant de phénomènes qui représentent des menaces à plus ou moins court terme pour les plantes à fleurs, fougères et conifères métropolitains. Sans oublier une compétition malsaine avec des plantes introduites et, plus inattendu, un piétinement dû à la surfréquentation touristique. 

Quelles plantes sont susceptibles de disparaître ?

En danger critique, le Panicaut vivipare souffre de la disparition des zones humides, drainées et asséchées pour l'agriculture ou la construction de nouvelles zones urbaines. En danger, la Turgénie à larges feuilles, une espèce dite "messicole", qui accompagne les moissons depuis les débuts de l'agriculture, est aujourd'hui fortement affectée par l'intensification agricole et par l'usage excessif d'herbicides non spécifiques. Quant au Séneçon des cours d'eau, lui aussi classé en danger, il est mis en péril par l'artificialisation des berges et la canalisation des cours d'eau. Enfin, classés Vulnérables, la Spiranthe d'été et le Bouleau nain souffrent de l'abandon progressif du pastoralisme et des changements de pratiques agricoles.

Si la flore vasculaire disparaît, quelles en seraient les conséquences ?

Ce n'est un secret pour personne, le monde végétal est au cœur du fonctionnement des écosystèmes qui nous entourent. Et on lui doit une fière chandelle. Grâce à lui, nous pouvons nous nourrir, nous vêtir, nous abriter et nous soigner. À moyen ou long terme, l'érosion croissante de la diversité floristique affectera donc notre économie, notre alimentation, notre santé et plus largement notre bien-être. C'est aussi le visage et la variété des paysages qui nous entourent qui risque d'être détériorée. 

Quels sont les axes d'amélioration et que faire pour (ré)agir ?

Certains acteurs, à l'instar des Conservatoires botaniques nationaux, se mobilisent déjà sur le terrain et mettent en place des plans d'actions nationaux. Concrètement ? Plusieurs espèces comme la Saxifrage œil-de-bouc et le Panicaut vivipare sont replantées, des sites naturels abritant des plantes menacées comme la Renoncule à fleurs latérales ou la Benoîte à fruits divers bénéficient de mesures de gestion et de protection. Des banques de semences se développent et la mise en culture de plants contribuent à la conservation des espèces les plus menacées, comme la très rare Saxifrage de Gizia. Pour aller plus loin et pérenniser ces actions, il est de bonne augure que le grand public soit sensibilisé et prenne conscience de l'urgence de la situation et que les autorités concernées fassent de même. A domicile, on dit adieu aux pesticides pour mieux jardiner au naturel ! Une évolution profonde des pratiques de notre société est possible, il ne tient qu'à nous d'y parvenir. 

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© Fédération des Conservatoires botaniques nationaux