"Je sais que mon conjoint me trompe, et ça ne me dérange pas", Lise 50 ans
"J'entends souvent des femmes se morfondre parce qu'elles ont été trompé… Moi, ça ne me fait ni chaud ni froid !"
La notion de fidélité en amour est propre à chaque couple. Et nous n'en avons pas tous la même définition. A l'image de Lise, 50 ans, qui aime énormément son mari et accepte ses infidélités. Elle nous raconte son histoire.
Nous habitons, mon compagnon et moi, près de Brest. Rien de très étonnant à cela puisqu'il est marin-pêcheur, comme l'était son père et son grand-père avant lui. Un métier qui m'a toujours fasciné, moi la banlieusarde née à Colombes près de Paris, et qui m'a conduite à emménager ici voilà 20 ans quasiment. Nous avons eu un véritable coup de foudre, et je suis encore très amoureuse de lui. De son regard bleu, de son assurance, de sa profonde indépendance d'esprit. Pourtant, il n'est pas toujours très présent car il part souvent en mer plusieurs jours, et surtout, je sais qu'il me trompe régulièrement. Mais cela ne change rien à mes sentiments. Comme si j'étais devenue imperméable à la pluie et au mauvais temps, je ne ressens aucune jalousie ni aucune colère. Je pense vraiment que c'est une vie qui lui convient et le rend heureux, et pour moi, c'est ça qui compte vraiment.
Je sais que beaucoup me jugent, autour de nous. Ils pensent que je suis trop stupide pour voir ce qui se passe. Ça me fait beaucoup rire intérieurement. Bien sûr que je sais qu'il voit sa médium pour autre chose que pour lui dire la bonne aventure, ou qu'il ne part pas toujours aussi longtemps en mer qu'il le dit… Je l'ai surpris, deux fois, alors qu'il était en charmante compagnie dans un café, puis dans un parc. Et je sais aussi, parce que je regarde parfois ses mails, qu'il voit d'autres femmes, dans d'autres pays où il se rend pour la pêche. C'est étrange peut-être, mais le fait que ce soit moi son "port d'attache", celle vers qui il revient toujours, me remplit de fierté. On dit que les hommes ne quittent jamais leurs femmes quand ils sont infidèles, moi, ça me va comme ça. Donc je ne lui ai jamais rien dit. Je fais comme si de rien n'était et bois ses mensonges avec malice.
J'ai un caractère très facile, je ne crie pas, je ne fais pas de reproches aux autres. Je suis sophrologue et j'ai donc le réflexe de méditer dès que ça ne va pas. Au cours de ces longues réflexions, j'ai trouvé quelles étaient pour moi les fondements de mon bonheur : il y a le fait d'être en couple avec lui, il y a mes passions pour le théâtre et la musique, qui me permettent de m'exprimer, et il y a ma très chère liberté. Car ce que les gens ne voient pas, c'est que moi, pendant les absences de mon cher et tendre, je fais ce que je veux. Il ne me demande rien, et je sais que si un jour j'en ai l'envie et l'occasion, je n'hésiterais pas à avoir moi aussi une relation charnelle avec quelqu'un d'autre que lui.
Donc non, je ne suis pas du tout soumise. Je crois et j'ai toujours cru que la possessivité était le pire ennemi de l'homme. On ne doit pas se sentir propriétaire de quoi ou de qui que ce soit. Et on peut très bien tromper en étant heureux en couple. Changer les autres est une perte de temps et d'énergie, accepter leur personnalité, dans tous ces aspects, permet de se concentrer vraiment sur soi et sur ce qui nous rend heureux. Moi je sais que je n'ai pas besoin de sa fidélité, et elle est là, ma vraie liberté.
