Le "Violeur de la forêt de Sénart", jugé aux Assises : 34 victimes répertoriées...

Accusé de 18 viols et 16 agressions sexuelles dans une forêt de l'Essonne, Aïssa Z. comparaît devant la Cour d'Assises d'Evry. Certaines de ses victimes étants décédées aujourd'hui, ce sont leurs proches qui ont témoigné pour elles.

Le "Violeur de la forêt de Sénart", jugé aux Assises : 34 victimes répertoriées...
© 123RF

C'est une affaire sordide, digne de la série Cold Case: Affaires Classées. Identifié depuis 2015 et soupçonné d'être "le violeur à la mobylette" ou "au scooter", Aïssa Z. est jugé depuis le 15 septembre par la Cour d'Assises d'Evry-Courcouronnes, pour viols et agressions sexuelles à l'encontre de 34 femmes entre 1995 et 2001, dans une forêt limitrophe de l'Essonne et de la Seine-et-Marne.
Mercredi 30 septembre, les juges ont commencé à étudier deux agressions subies par des victimes, décédées aujourd'hui. Sept d'entre elles sont mortes. Leurs proches, enfants ou compagnons, sont venus rapporter leurs paroles à la barre.

Des témoignages glaçants

Francis* (le prénom a été changé) a pu recevoir une partie des témoignages de Monique* (le prénom a été changé), avec qui il a vécu pendant 14 ans. Si elle est décédée depuis 2017, l'homme qui a "refait [sa] vie" confie au Parisien-Aujourd'hui en France vouloir témoigner "pour sa mémoire, pour la représenter, par respect pour elle."

Elle s'est faite agresser le 12 août 1999, pendant qu'elle promenait son chien dans la commune Draveil, en Essonne. Elle avait 52 ans. Elle évite le viol de peu, car "elle a le réflexe de dire qu'elle avait le Sida", explique son compagnon. Monique doit tout de même subir la masturbation de son agresseur, qui s'enfuit au guidon de sa mobylette, une fois son affaire terminée. 

S'il n'a pas tout de suite su ce qui était arrivé à compagne, Francis avait tout de même remarqué un comportement inhabituel. Monique "rase les murs" et semble angoissée lorsqu'ils se promènent dans la forêt maudite. 

Lorsqu'ils se sont rencontrés, elle avait déjà été victime de son agresseur quatre ans plus tôt. C'est un reportage à la télé sur un fait divers dans l'Essone qui la fait craquer. 

"Tais-toi sinon je te tue"

Marianne* (le prénom a été changé) a elle aussi croisé la route du "violeur de la forêt de Sénart". 

Décédée depuis 2014, c'est sa fille, Clarisse* (le prénom a été changé) qui porte sa voix à l'audience, après s'être constituée partie civile. À peine retraitée, sa mère à 63 ans lorsqu'elle croise le chemin d'Aïssa Z.. 

Nous sommes le 12 mars 1996 et elle est la deuxième victime du prédateur sexuel. Clarisse décrit une agression des plus violente en racontant que sa mère est prise à la gorge avant de se retrouver au sol. 

Violée, son agresseur lui tient des propos menaçant : "Tais-toi, sinon je te tue." Le témoignage est aussi saisissant qu'effroyable, d'autant que la fille de la victime "a été en quelque sorte le témoin direct de cette agression", explique Me Arnaud Simonard, avocat de la partie civile. 

En effet, c'est Clarisse, qui a aujourd'hui l'âge de sa défunte mère, au moment de son viol, qui l'a accompagnée à l'hôpital en état de choc. Elle se souvient de tout et fait aujourd'hui un transfert. Pour l'avocat, la fille de la victime est présente "pour que sa mère ne soit pas qu'un numéro dans la liste des victimes"

Les témoignages de deux des proches des victimes, aujourd'hui décédées s'ajoutent à ceux d'autres femmes, toujours vivantes. 

Le verdict du procès du "violeur de la forêt de Sénart" est vendredi 9 octobre.