Mort de Jean-Pierre Bacri : à nous de faire la gueule !

Il avait le flegme sûr, l'humour noir, l'intelligence vive… et bougonnait mieux que n'importe qui. Emporté par cette saleté de crabe, Jean-Pierre Bacri a cassé sa pipe un "lundi de déprime" et nous allons tous le regretter. Triste 18 janvier…

Mort de Jean-Pierre Bacri : à nous de faire la gueule !
© Jean-Pierre Bacri en 2012 BAZIZ CHIBANE/SIPA

[Mis à jour mardi 19 janvier à 09h24] L'acteur, réalisateur, râleur de génie Jean-Pierre Bacri est mort à l'âge de 69 ans des suites d'un cancer le 18 janvier, a annoncé son agent. Le journaliste Olivier Benkemoun, sur CNews, l'a décrit "un personnage formidable dans le cinéma", et a estimé: "À 69 ans, ça paraît jeune". Pour lui, si le cinéaste est décédé prématurément, ce serait à cause de son addiction au tabac. "Je crois que c'était un fumeur important et invétéré depuis longtemps", a-t-il déclaré avant de préciser toutefois: "Je ne vais pas rentrer dans des détails que je ne connais pas".
Durant les derniers mois de sa vie, le réalisateur a été soigné, entre autres, par Pierre Squara, chef du service réanimation à la clinique Ambroise-Paré de Neuilly-sur-Seine. Le médecin a raconté sur BFM TV les ultimes instants de la vie de l'artiste: "On l'a trouvé comme dans ses films. Il a exigé d'être traité comme tout le monde. Il a fait preuve d'un grand courage parce que la fin n'a pas été facile. Il fallait négocier. Parfois, il disait non. Alors on devait argumenter et on a eu des dialogues qui ressemblaient un peu à ceux de ses films". Et d'ajouter, meurtri: "Je fais partie de cette équipe de malheureux médecins qui l'ont accompagné ces derniers mois. Je dis 'malheureux' parce qu'on aurait bien voulu faire plus pour lui".*

Cette grande figure du cinéma née à Castiglione en Algérie a marqué le public par ses nombreux rôles et collaborations, notamment dans Cuisine et dépendances, La Cité de la peur ou encore Le Goût des autres. Récompensé aux Molières, mais aussi aux César, Jean-Pierre Bacri était un artiste de talent, un homme entier et particulier, et le légendaire collaborateur, compagnon, puis ami d'Agnès Jaoui..

Il a découvert le cinéma grâce à son père 

Jean-Pierre Bacri tombe amoureux du 7e art dès son enfance, grâce à son père. Si celui-ci est facteur en semaine, il est surtout guichetier le week-end dans le cinéma Star de la ville...

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

A post shared by devildredd (@devildredd)

De placeur à acteur

A 25 ans, le jeune Jean-Pierre Bacri s'imagine une carrière dans la publicité. Pour gagner son pain, il effectue un job de placeur à l'Olympia... et décide par la suite de se lancer dans une formation d'acteur au Cours Simon et au Cours de Jean Périmony. En parallèle, il écrit des pièces de théâtre. Il commence à partir des années 70 à prouver son talent en écrivant les pièces Tout simplementLe Timbre ou encore Le Doux Visage de l'amour.

En 1979, il fait ses débuts au cinéma dans Le Toubib, de Pierre Granier-Deferre. Mais le public le remarque véritablement lorsqu'il se glisse dans la peau d'un proxénète dans Le Grand Pardon, d'Alexandre Arcady, en 1981.

Pourquoi il s'est (réellement) lancé dans le cinéma

Jean-Pierre Bacri s'est lancé dans la comédie, certes par passion pour le jeu d'acteur, mais aussi (et surtout) pour les avantages procurés par ce métier... 

"J'ai fait ce métier, principalement au début, parce que ça permettait de se lever tard. Comme j'avais travaillé dans une banque pendant un an et demi, je m'étais promis de ne plus jamais faire ça, me lever à 7h et mettre un costard et une cravate", avait-il confié au micro d'Europe 1.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

A post shared by LaCinetek (@lacinetek)

Grincheux... vraiment ?

Si certains lui reprochent de ronchonner, l'acteur, lui, n'en a cure. "Je me fiche que l'on me trouve bougon. Sourire ce n'est pas un acte banal. Je souris à ce qui me fait sourire. Celui qui me dit : 'Vous faites toujours la gueule' je ne vais pas lui courir après dans la rue pour lui dire: " Attends, attends je ne suis pas bougon, je suis plus intéressant que ça", avait-il assuré dans Psychologies.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

A post shared by W. Wilson (@l_embellie_arts)

La rencontre qui a tout changé

En 1987, Jean-Pierre Bacri rencontre Agnès Jaoui en jouant dans la pièce L'Anniversaire de Harold Pinter, Commence alors une véritable histoire d'amitié, puis d'amour. Les acteurs deviennent en couple et collaborent sur plusieurs films tels que Smoking / No Smoking, Un Air de Famille ou encore Le Goût des Autres.

Son lien indéfectible avec Agnès Jaoui

Après des années passées en couple, Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri voient leur romance s'étioler... jusqu'à cesser totalement. Mais leur amitié, elle, reste intacte. "Je ne vois aucune raison d'arrêter. Je ne trouverai jamais de meilleure partenaire : c'est une femme magnifique, intelligente et une très belle personne", confiait-il à Version Femina.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

A post shared by Movies (@kinemartem)

Sa vision (particulière) de la fidélité

Le comédien a souvent fait preuve d'un esprit libre... même en amour. "La fidélité, je ne vois pas ce que ça vient faire dans le couple. C'est du roman de gare. Quand on est avec sa femme depuis dix ans et que tout d'un coup on cède à un coup de chaleur parce que l'occasion, l'herbe tendre… La belle affaire! Le problème n'est pas de le faire, c'est de le dire", avait-il assuré à Psychologies.

Pourquoi il n'a pas eu d'enfants

Jean-Pierre Bacri n'a jamais eu d'enfants, pas même avec l'amour de sa vie, Agnès Jaoui, mais il n'a gardé aucun regret. Il avait déclaré à Psychologies: "La nature n'a pas voulu… Mais je n'en conçois pas de manque. Si ça avait existé, ça aurait été bien, mais ça n'a pas été… J'ai un côté un peu stoïcien qui me fait faire les deuils à une vitesse supersonique",