Bourvil, 50 ans déjà : la femme de sa vie, ses enfants et sa face cachée

Qui était vraiment Bourvil, artiste fauché en pleine gloire à 53 ans ? Famille, jalousie, maladie et secrets... Découvrez ce que vous ne savez (peut-être) pas sur André Robert Raimbourg...

Bourvil, 50 ans déjà : la femme de sa vie, ses enfants et sa face cachée
© NANA PRODUCTIONS/SIPA

Cinquante ans après sa mort, Bourvil continue de vivre à travers la mémoire des Français. Mais qui était donc le légendaire comédien ? Dès son enfance, ce fils d'agriculteurs normands, dont le vrai nom est André Robert Raimbourg, rêve de jouer la comédie comme son idole Fernandel. C'est grâce à lui que Bourvil décide de tenter sa chance dans le monde artistique. Ses premiers pas, il les fait dans l'armée en décidant de s'y engager (avant l'appel) et en intégrant la fanfare du régiment en tant que cornettiste. Puis, l'artiste en herbe investit les scènes de music-hall et les cabarets pour y faire des imitations comiques de son idole Fernandel ou pour interpréter un personnage de sa création, le "comique-paysan". En 1945, il débute sa carrière avec sa chanson Les Crayons et se fait peu à peu une place de choix dans le monde du cinéma français.

Il joue avec les plus grands réalisateurs, de Jean-Pierre Mocky à Melville en passant par Gérard Oury. Il tourne avec Brigitte Bardot, Jean-Paul Belmondo ou encore Michèle Morgan. On se souvient forcément de lui dans La Grande Vadrouille et Le Corniaud, où il donne la réplique à Louis de Funès, Naissance d'un mythe...

Bourvil et de Funès : jalousie et mésentente 

Si Bourvil partage souvent l'affiche avec Louis de Funès, le second a de véritables élans de jalousie envers le premier. Lors du tournage du Corniaud, le réalisateur Gérard Oury montre cinq heures de rushes du film à l'homme aux quarante visages, dans lesquelles l'on aperçoit uniquement Bourvil...

Furieux de se voir voler la vedette, Louis de Funès fait une monumentale crise de jalousie au point de faire une "grève du masque" pendant 24 heures, c'est-à-dire, jouer uniquement la partie écrite du scénario, sans faire les légendaires grimaces et mimiques qui caractérisent l'acteur... Finalement, d'autres scènes avec Louis de Funès sont ajoutées, dont celle de la douche avec l'homme musclé.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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Bourvil : ce jour où il a frôlé la mort

Décidément, le tournage du Corniaud n'est pas de tout repos, puisque Bourvil frôle la mort en tournant une scène à bord d'une Cadillac. Il fait malencontreusement une marche arrière alors qu'il se trouve sur la jetée du port de Naples... mais parvient (heureusement) à manœuvrer pour s'arrêter à quelques pas du vide... Ouf ! 

Bourvil en famille : femme et enfants

Bourvil est également un époux et père de famille comblé, qui n'hésite pas à prendre au moins six semaines de congés par an pour profiter des siens.

Avec son épouse Jeanne Lefrique, il a deux fils, Dominique, né en 1950, et Philippe, né en 1953. Le premier est actuellement avocat et a été député de Loire-Alantique jusqu'en 2017, le second est professeur de Finances à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et à l'ESCP Europe.

L'acteur et sa femme profitent de leur amour, tantôt dans leur appartement parisien, tantôt dans leur maison de compagne à Montainville, dans les Yvelines, près de leur voisin et ami Georges Brassens. 

Bourvil : la face cachée

Jean-Pierre Mocky, qui connaît bien le mythique comédien, a dévoilé une autre facette de Bourvil, auprès de TV Mag : "On dit qu'il était gentil. Non, il n'était pas gentil du tout. Il était coléreux et détestait qu'on le prenne pour un con. Il disait qu'il était artiste et qu'il pouvait jouer, comme Fernandel, des rôles dramatiques. Mais, comme il était d'origine paysanne, on l'a cantonné à des rôles d'idiot, pensant qu'il n'avait aucune personnalité".

Maladie et mort

En 1967, alors qu'il tourne dans Les Cracks, de Marcel Camus, Bourvil a un accident de vélo plutôt sérieux et est transporté d'urgence à l'hôpital. C'est en faisant un examen plus poussé qu'il apprend qu'il est atteint de la maladie de Kahler, un cancer de la moelle osseuse. Il décide de taire sa maladie. Seuls sa femme et son frère sont au courant du mal qui le ronge. 

Ses chances de survie sont quasi impossibles, mais l'acteur prend contact avec le maximum de médecins et autres praticiens pour tenter de guérir son mal. Malgré tout, il décède le 23 septembre 1970 dans son appartement parisien, non sans souffrances, après avoir joué dans son dernier film, Le Mur de l'Atlantique, de Marcel Camus...

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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"Personne ne l'a oublié"

Il est alors inhumé au cimetière de Montainville, où il possédait sa maison de campagne. Preuve que les Français continuent de faire vivre sa mémoire, la tombe est toujours régulièrement visitée.

"Beaucoup d'artistes populaires morts au dernier demi-siècle, dont Romy Schneider enterrée à seulement huit kilomètres de Bourvil, à Boissy-sans-Avoir, ont choisi d'être inhumé hors de Paris sous des monuments que rien ne distingue de leurs voisins. Pour autant, la tombe de Bourvil est toujours couverte de fleurs fraîches mêlées à des messages d'admiration. Personne ne l'a oublié", a expliqué Bertrand Beyern, guide de cimetières, auprès du Figaro.

Mort de son épouse

Son épouse, elle, décède 16 ans plus tard. Alors qu'elle se rend au cimetière de Montainville pour fleurir la tombe de son époux, elle est victime d'un terrible accident de la route qui lui fauche la vie. Jeanne Lefrique est ensuite enterrée dans le caveau familial, près de Bourvil. Réunis dans la mort...