Le 16 décembre 2023 devait être le plus beau jour de sa vie, et pourtant... En devenant Miss France 2024, devant 7,5 millions de téléspectateurs, Eve Gilles a alors acquis une notoriété qui s'est immédiatement accompagnée d'effets négatifs. La jeune reine de beauté originaire du Nord a très vite été critiquée aussi bien sur sa très fine silhouette que pour sa coupe de cheveux à la garçonne. Puis le cyberharcèlement s'est poursuivi même après la fin de son année de règne, son compagnon en faisant, lui aussi, les frais.
Elle a répondu aux questions du Journal des Femmes.
Vous subissez le cyberharcèlement depuis votre élection. Avec le recul, si vous aviez su à l'époque que vous alliez subir tout ça et l'ampleur que cela prendrait, auriez-vous quand même choisi de vous présenter à Miss France ?
Honnêtement, je ne sais pas. D'un côté, j'ai envie de dire que oui parce que même s'il y a eu des épreuves, notamment ce harcèlement qui était assez violent, aujourd'hui, je suis contente de ma vie et de ce que je peux entreprendre dans mon quotidien. Mais d'un autre regard, je me dis que je n'ai pas été la seule impactée par tout ça. Et même si mes parents sont fiers de moi, je sais qu'ils ont aussi traversé des périodes où ça a été très compliqué pour eux en tant que proches...
Ressentez-vous de la culpabilité par rapport à ce qu'ils ont pu vivre ?
Oui, par moments j'ai l'impression que c'est un peu de ma faute s'ils ont vécu tout ça, et s'ils le vivent encore. Evidemment, ils me rassurent à chaque fois. Aujourd'hui, mes proches s'amusent même à répondre aux personnes malveillantes. Donc ça va mieux. Mais par exemple, ma maman a toujours énormément de mal, parce qu'elle avait été très critiquée quand on l'avait interviewée après mon élection. Elle m'a donc déjà prévenue : 'Je ne veux plus jamais faire d'interview, peu importe le nouveau projet que tu entreprends, je te préviens, je ne veux plus répondre aux journalistes.' Alors je sais que ça laisse des traces.
Finalement, diriez-vous que Miss France vous a davantage fait douter ou donné confiance en vous ?
Un peu des deux parce que mon année de règne a malgré tout été psychologiquement très difficile. Avant Miss France, j'étais en pleine confiance : comme tout le monde, il y avait certaines choses de mon corps que je n'aimais pas forcément, mais ce n'est pas pour autant que j'en complexais. J'étais très heureuse de qui j'étais. Et sur mon année Miss France, ma confiance en moi en a pris un coup ! Mais après mon année de règne, Miss France m'a aidé à regagner en estime de moi. Par exemple, ils m'ont incitée à tenter l'élection de Miss Supranationale et cette aventure m'a donné un boost de confiance en moi comme jamais !
Quel rapport entretenez-vous avec votre corps aujourd'hui ?
Après Miss France, j'ai eu énormément de mal à poster des photos en maillot de bain ou à me voir en maillot de bain. Des fois, je les postais pour voir si je recevrais encore des critiques. Et dernièrement, par exemple, sur ma dernière aventure, j'ai posté une photo où je n'ai eu que des commentaires positifs. J'ai eu presque les larmes aux yeux parce que j'étais contente de n'avoir que des messages positifs, mais ce n'est pas normal. Ça ne me viendrait jamais à l'esprit de voir quelqu'un porter quelque chose qui ne me plaît pas et lui dire 'Ah, t'es moche.'
Quel conseil donneriez-vous aux candidates de cette année ?
Je pense que ce serait de profiter de l'instant, d'éviter de se poser trop de questions en se demandant si l'on fait bien ou pas, etc. Ce sont des aventures qui passent vite et si l'on réfléchit trop à ce que les autres vont penser, cela gâche un peu l'expérience. On ne vit pas pour les autres, il y a des moments où l'on doit malgré tout être un peu égoïste. Il faut vivre pleinement cette aventure !