Le 22 octobre, Téva diffusera à 21h le documentaire inédit La meute en réseau, dans lequel l'ancienne Miss France Ève Gilles (23 ans) prendra notamment la parole pour revenir sur le cyberharcèlement dont elle a été victime après son élection. Elle en a parlé en interview avec Le Journal des Femmes. Alors qu'elle a repris ses études de mathématiques, elle ne compte rien lâcher en justice face à ses haters !

Vous venez de reprendre vos études pour devenir statisticienne. Comment allez-vous depuis cette rentrée ?

Ça va, un peu fatiguée avec la reprise des études, mais c'est pour le mieux. Donc je serre un peu les dents sur la rentrée et puis ça ira. Cela fait du bien de prendre un peu de distance. De base, j'aimais énormément ce que je faisais avant Miss France et je me suis toujours posé la question : pourquoi je devrais m'interdire d'y retourner ? Cela me fait plaisir d'apprendre, de remettre mon cerveau dans ces mécanismes-là et me dire que, certes, j'ai fait une pause de deux ans, mais je n'ai finalement pas tout perdu.

Vous est-il déjà arrivé pendant votre période de règne ou même après, de vous auto-censurer sur les réseaux par peur des réactions ?

Oui, complètement. Il m'arrive de renoncer de poster une story d'un moment où je suis hyper naturelle parce que j'ai peur que l'on se moque, que l'on dénigre, etc. A chaque fois, c'est une boucle infernale. Au final, on poste ce qui est beau, ce qui est lisse, mais il y a des choses du quotidien que l'on ne montre pas forcément parce qu'il y a cette peur d'être critiquée par rapport à ça. Par exemple, c'est tout bête, mais lorsqu'on filme un contenu chez nous, ce n'est pas forcément toujours parfaitement rangé, comme dans toutes les maisons, alors on va retoucher ça en vidéo ou en photo. Il faut y penser sous peine de se faire traiter de "souillon" sur les réseaux.

Vous avez également été critiquée en tant que candidate de Danse Avec Les Stars. Etait-ce encore plus difficile d'être harcelée tout en se mettant à nu de cette façon ?

Je pense que cela a été moins dur par habitude, d'ailleurs ce n'est pas normal de s'habituer à ce genre de choses... Dans Danse avec les stars, c'était un peu par moments, comme une thérapie mais devant le monde entier, au lieu d'être dans un cabinet seule avec le psychologue. Donc, même si on avait des critiques, c'était plus simple à vivre parce que, justement, on était en train d'apprendre à se connaître et à relativiser.

Votre compagnon a été dévoilé dans Danse Avec Les Stars et immédiatement après, il a été visé par de nombreuses critiques négatives. Regrettez-vous que votre relation ait été révélée ?

Personnellement, je n'avais pas de problème à montrer mon compagnon, c'est plutôt lui qui ne souhaitait pas qu'on le voit. Du moins, on n'avait pas encore prévu une éventuelle officialisation… Alors je ne parlais pas de lui en interview. Et donc, je ne m'attendais pas à ce qu'il arrive sur Danse avec les stars ! Mais j'étais très contente qu'il le fasse parce que moi, je n'avais aucun problème à dire que je suis avec lui. Encore aujourd'hui, je n'ai aucun problème avec ça. Je n'ai rien à cacher parce que je suis très fière de lui et de ce qu'il a accompli au quotidien, je suis soulagée qu'on puisse se montrer. Mais il s'est rendu compte, en se prenant une vague de haine, de ce que j'ai pu vivre. Ces critiques lui ont fait mal, il ne l'a pas bien vécu, alors il s'est dit que ce n'était peut-être pas la meilleure idée que d'avoir fait ça… mais on ne le regrette pas non plus. 

A la fin du documentaire, on apprend que vous aviez déposé plainte pour cyberharcèlement. Où en êtes-vous ? 

Pour l'instant, je dois encore continuer le dossier avec mon avocate. Mais avec la reprise des études, je n'ai pas eu beaucoup de temps pour moi. J'ai dû repousser parce que les rendez-vous tombaient sur des moments où j'avais beaucoup de cours que je ne pouvais pas louper. D'ici les prochaines vacances, ça devrait reprendre son cours. Mais de toute façon, j'ai déjà vu avec elle que peu importe le temps que ça prendrait, le plus important, c'est d'aller au bout. Et de le faire, peu importe qu'on gagne, qu'on perde ou que des gens soient condamnés, j'ai envie au moins qu'ils aient un peu peur. Parce que la peur doit changer de camp !

Quels sont vos projets, outre la reprise de vos études ? 

Je participe à un spectacle de danse, qui est pour l'instant dans le Nord-Pas-de-Calais, autour de l'acceptation de soi, pour justement promouvoir la confiance en soi. Tout le monde se met des masques et c'est naturel de le faire, mais peut-être qu'il y a des moments où on peut s'autoriser à les retirer. C'est vraiment ça la beauté de ce spectacle. J'en suis très fière.