Quand Manon passe à la station-service avec son Mitsubishi Outlander, elle s'en sort généralement pour 35 euros. Une petite dépense pour un SUV familial qui affiche 140 000 kilomètres au compteur. Et il ne s'agit pas simplement de remettre quelques litres dans le réservoir : "En général, j'attends vraiment que le voyant de réserve s'allume pour aller faire le plein", raconte-t-elle. À l'heure où le carburant représente un sacré budget pour les familles, la différence se voit rapidement sur le compte bancaire.
Car un SUV, c'est pratique pour transporter les enfants, les courses et les bagages, mais généralement moins sympathique au moment de sortir la carte bleue. Avec leur poids et leur gabarit, ces véhicules consomment souvent davantage qu'une voiture compacte. Manon estime d'ailleurs qu'un plein équivalent à l'essence classique lui coûterait presque le double. "Si je roulais à l'essence, je paierais facilement plus de 60 euros à chaque plein. Là, je m'en sors pour 35 euros environ", explique-t-elle. Sur la base de deux pleins par mois, cela représenterait 600 euros sur une année, même si la consommation réelle doit aussi entrer dans le calcul.
Alors, comment fait-elle ? Son Mitsubishi Outlander essence est équipé d'un boîtier de conversion au superéthanol E85, un dispositif qui permet d'utiliser un carburant nettement moins cher que le sans-plomb traditionnel. "La voiture était déjà équipée quand je l'ai achetée, donc je n'ai pas eu à faire installer le boîtier", précise Manon. Dans sa station habituelle, le litre d'E85 coûte actuellement 0,86 euro, ce qui lui permet d'acheter environ 40 litres pour 35 euros. Et ce n'est pas une option réservée aux mécaniciens amateurs : en France, l'installation d'un boîtier homologué par un professionnel habilité est parfaitement légale et coûte généralement entre 700 et 1 500 euros selon le modèle du véhicule.
De nombreux véhicules essence peuvent d'ailleurs être convertis, à condition que leur motorisation soit compatible avec un boîtier homologué. C'est notamment le cas de nombreuses citadines, berlines et SUV essence de marques comme Renault, Peugeot, Citroën, Volkswagen ou Toyota. En revanche, impossible d'en équiper une voiture diesel. Le dispositif adapte notamment la quantité de carburant injectée dans le moteur pour permettre l'utilisation de l'E85, qui contient entre 65 et 85 % d'éthanol selon la saison.
Mais est-ce vraiment rentable ? Oui, car même si une voiture consomme environ 25 % de carburant en plus avec l'E85 qu'avec de l'essence classique, son prix au litre reste suffisamment bas pour faire des économies. Selon Bioéthanol France, un automobiliste parcourant 13 000 kilomètres par an pouvait ainsi économiser 687 euros sur son carburant en février 2026, et même plus de 960 euros avec les prix relevés en septembre. De quoi rentabiliser le coût d'installation du boîtier en un à deux ans environ dans les situations les plus favorables. Et une fois l'installation remboursée, les économies continuent à chaque plein.