Être passionnée de mode ne signifie pas être une "fashion victim" pour autant. En 52 ans d'expérience, Inès de La Fressange le sait d'ailleurs mieux que personne. It-girl avant même que le terme n'existe, la plus célèbre des Parisiennes a écumé des centaines de boutiques et enchaîné plus de séances shopping que le commun des mortels pour affiner son expertise. Si son bon goût lui permet de dénicher des pépites que l'œil non averti n'aurait pas repérées ; au fil des années, sa passion l'a parfois conduit à enchaîner les achats ratés (ces pièces portées une seule fois qui ont toutes fini par dormir au fond de son armoire). Pour "éviter de se faire embarquer dans des achats qui ne nous ressemblent pas", elle a donc fini par développer quelques "stratégies shopping".

Première étape pour ne pas céder aux sirènes du consumérisme : savoir distinguer quand une vendeuse veut notre bien ou quand elle veut seulement nous vendre un bien. Dans son ouvrage La Parisienne (éditions Flammarion), elle révèle donc les phrases "red flags" de conseillères de vente qui doivent nous dissuader de passer à l'achat. "Ces quatre phrases doivent vous faire fuir", écrit-elle. 

Parmi elles, "C'est très tendance cette saison !" Selon l'experte, cette phrase dit déjà tout : en achetant le vêtement en question, vous vous assurez de prendre une pièce qui ne durera pas dans le temps. La mannequin née à Gassin conseille donc d'être attentive "à ce qui vous va" et à ne pas se soucier des tendances éphémères. 

"Je l'ai moi-même acheté, je le porte tout le temps" : la soixantenaire indique que cette phrase est "une astuce de vente très connue chez les vendeurs de voiture". Ainsi, chez les conseillers de vente, la preuve par l'expérience constituerait souvent un mensonge juste pour vous pousser à consommer.

"Ça se porte près du corps" : si une vendeuse vous avance cet argument, c'est seulement parce qu'il n'y a plus la taille au-dessus selon Inès de La Fressange. 

"Ces chaussures vont se faire" : l'ancienne muse de Karl Lagerfeld est très claire : vous vous engagez sur plusieurs mois de souffrance avant de pouvoir être vraiment à l'aise dans la paire. Elle étaye : "Il est possible que vous deviez les porter chez vous durant trois mois avec des chaussettes de ski avant de les mettre à un cocktail." Ça sent le vécu.

Mais si ces phrases doivent vous faire réfléchir à deux fois avant de passer à la case achat, Inès de La Fressange reconnaît tout de même l'autorité des vendeuses : "Souvent, les écouter est utile", car elles ont tout intérêt à bien vous conseiller pour que vous reveniez dans leur boutique, martèle-t-elle dans son livre. Selon ses dires, il faut donc juste se méfier de ces "red flags" qui vous poussent à acheter sans que cela soit forcément dans votre intérêt.