Dire une chose une fois, puis deux, puis cinq. Hausser le ton parce qu'aucune réaction n'arrive. Beaucoup de parents connaissent ce scénario par cœur. À force de devoir répéter les mêmes demandes, certains finissent par penser que leur enfant ne les écoute pas, qu'il fait exprès ou qu'il teste leurs limites. Mais, selon plusieurs spécialistes du développement de l'enfant, le problème ne vient pas forcément d'un manque d'obéissance.
Sur Instagram, l'experte en développement personnel Ferda Aleva a récemment attiré l'attention sur un réflexe très répandu dans les familles. Selon elle, lorsqu'un parent répète sans cesse une demande, il envoie malgré lui un message particulier à son enfant. Celui-ci comprend progressivement qu'il n'est pas nécessaire de réagir immédiatement. À force d'entendre plusieurs fois la même consigne avant qu'une conséquence n'arrive ou que le ton ne change, il apprend que la première demande n'est pas vraiment la plus importante. Résultat : il attend souvent la deuxième, la troisième, voire la quatrième relance avant d'agir, comme lorsqu'on lui demande d'aller se brosser les dents ou de se mettre au lit.
Dans ce contexte, plusieurs professionnels estiment qu'une consigne gagne en efficacité lorsqu'elle est donnée dans de bonnes conditions. C'est précisément ce que met en avant Ferda Aleva avec une approche qu'elle résume en trois étapes : "Stop, abaisse-toi, connecte-toi". Concrètement, elle recommande d'abord de s'arrêter et d'éviter la répétition automatique. Ensuite, de se mettre physiquement à la hauteur de l'enfant afin d'établir un contact visuel. Enfin, de créer une connexion avant de parler, en disant son prénom, en posant éventuellement une main sur son bras et en formulant la consigne une seule fois, calmement et clairement.
Cette méthode ne garantit pas qu'un enfant obéira immédiatement dès la première tentative. Ferda Aleva rappelle d'ailleurs que les changements prennent du temps. En revanche, elle permet de sortir d'un cycle où les rappels incessants deviennent la norme. L'objectif n'est pas d'obtenir une réaction instantanée à tout prix, mais de faire comprendre que chaque parole compte dès qu'elle est prononcée. Une façon, aussi, de préserver l'autorité parentale sans transformer chaque consigne en épreuve d'endurance.
Les spécialistes de l'éducation rappellent également qu'un enfant est souvent absorbé par ce qu'il est en train de faire. Lorsqu'il joue, regarde un livre, construit quelque chose ou discute avec un frère ou une sœur, il ne passe pas forcément d'une activité à une autre aussi rapidement qu'un adulte l'imagine. Une consigne lancée depuis l'autre bout de la pièce peut donc ne pas capter pleinement son attention. Ce n'est pas nécessairement de l'opposition. C'est parfois simplement une question de disponibilité mentale.