À la retraite, le calcul paraît assez simple : on additionne ses pensions, on regarde ce qui arrive sur le compte et on organise son budget avec cette somme. Pourtant, pour savoir si une personne a droit à une aide, l'administration ne regarde pas seulement ce montant. Elle peut aussi tenir compte des revenus du conjoint, du loyer, du patrimoine, du revenu fiscal de référence ou encore du coût d'un établissement pour personnes âgées. C'est ce qui explique qu'une personne avec 1 300 euros de pension puisse avoir droit à un coup de pouce alors qu'une autre, avec exactement la même retraite, n'y aura pas accès.
Le problème, c'est qu'il faut encore penser à vérifier. Toutes les aides ne sont pas versées automatiquement et les critères changent d'un dispositif à l'autre. Il ne faut donc pas se dire : "Je touche plus de 1 000 euros, je n'ai droit à rien" ou, à l'inverse, "Avec moins de 1 500 euros, j'ai forcément droit à quelque chose". Il n'existe pas de montant de pension magique qui ouvre ou ferme toutes les portes. Pour faire le point, le plus pratique reste de sortir son dernier avis d'impôt, de connaître le montant de ses pensions et de son loyer, puis de regarder sa situation sur les simulateurs officiels.
La Caf ou la MSA peuvent déjà renseigner sur les aides liées au logement, la caisse de retraite sur celles destinées aux faibles ressources et le CCAS de la commune peut faire un point plus global. Ce dernier est particulièrement utile lorsqu'on ne sait même pas quoi demander : plutôt que de chercher aide par aide au hasard, on peut y présenter sa situation et vérifier les dispositifs accessibles. Il faut aussi refaire ce petit tour lorsque la situation change. Un veuvage, un déménagement, une baisse de revenus ou une entrée en établissement peuvent modifier les droits, même plusieurs années après le départ à la retraite.
Très concrètemet, les quatre aides à vérifier sont l'Aspa, l'APL ou l'ALS, le chèque énergie et l'ASH. L'Aspa peut compléter les ressources des personnes âgées qui disposent de faibles revenus et la demande passe généralement par la caisse de retraite. Pour le logement, l'APL concerne certains logements conventionnés tandis que l'ALS peut prendre le relais dans d'autres situations : le plus rapide est de faire directement une simulation auprès de la Caf ou de la MSA. Le chèque énergie sert, lui, à payer certaines dépenses d'énergie et dépend notamment du revenu fiscal de référence et de la composition du foyer. Enfin, l'ASH s'adresse aux personnes âgées dont les ressources ne permettent pas de payer certains hébergements, notamment en Ehpad, en résidence autonomie ou en unité de soins de longue durée. Elle se demande auprès du département, avec un dossier qui peut notamment être déposé par l'intermédiaire de la mairie ou du CCAS.
Le plus utile est donc de ne pas attendre qu'un organisme appelle pour annoncer une bonne nouvelle, ce genre de coup de téléphone reste assez rare. Avec une petite pension, mieux vaut faire soi-même un bilan de ses droits, puis recommencer après un changement important de situation. Et si les démarches en ligne donnent mal à la tête, le CCAS constitue souvent une bonne porte d'entrée : avec l'avis d'impôt, les justificatifs de retraite et les principales charges du foyer, il peut aider à repérer les demandes qui valent réellement la peine d'être déposées.