Anne Sila : quand l'artiste se dévoile

Elle a marqué les esprits dans la saison 4 de The Voice. Un an après l’émission, Anne Sila sort son premier album, "Amazing Problem". Nous l’avons rencontrée une semaine avant le lancement de l’opus. Confidences en chansons.

Anne Sila : quand l'artiste se dévoile
© Universal / Mercury

En 2015, Anne Sila signait une reprise toute en douceur de Je t'aimais, je t'aime et je t'aimerai de Francis Cabrel dans The Voice, et conquérait le cœur des membres du jury et de millions de téléspectateurs. Sa personnalité et sa voix douce, juste, envoûtante et un brin jazzy ont permis à l'artiste d'accéder à la finale du télé-crochet. Un an plus tard, Anne Sila sort son premier album Amazing Problem et remplit l'Olympia. C'est dans un bar de la capitale que nous la rencontrons. Simple, souriante et naturelle, l'artiste est accompagnée par Leo Montana, son pianiste. Alors qu'elle interprète 3 titres de son album et une reprise inédite, nous sommes frappés par sa voix, fragile et forte à la fois. Rencontre avec une artiste, une vraie.

Découvrez en exclusivité le titre Put your hands on me, extrait de l'album Amazing Problem : 

La musique a-t-elle toujours fait partie de votre vie ?
Anne Sila :
On peut dire ça oui. Enfant, mon papa me chantait des chansons accompagné de sa guitare pour m'endormir. J'écoutais beaucoup Barbara et j'ai toujours chanté d'aussi loin que je me souvienne. Ce n'est que vers 18 ans que je me suis dit que j'aimerais en faire mon métier.

Votre papa était médecin, votre maman infirmière. Pourtant, vous avez choisi la musique. Pourquoi ?
Mes parents m'ont donné la possibilité de faire de la musique. A l'origine, je voulais devenir prof d'anglais. Ce n'est qu'une fois mon bac en poche et mon inscription à l'université effectuée, que plusieurs propositions me sont tombées dessus. J'ai pensé que la meilleure solution était d'arrêter la fac pendant un an pour me consacrer à la musique et voir si cela fonctionnait ou non. Je n'ai jamais repris le chemin de l'école…

Vous avez fait des études de jazz. Qu'est-ce qui vous attire dans ce style musical ?
En réalité, le jazz est arrivé un peu par hasard : je suis tombée amoureuse d'un batteur qui faisait du jazz et en parallèle, j'ai fait un stage dans le festival Crest Jazz Vocal. C'est au cours de ce stage que j'ai été fascinée par l'une des artistes qui semblait heureuse de chanter. Je me rappelle m'être dit que j'aimerais être aussi épanouie qu'elle. Depuis, je m'amuse avec mon groupe Magnetic Orchestra…

Vous êtes même partie à New York…
A l'époque, j'étais au conservatoire à Valence et deux frères sont venus y faire une masterclass. Le contrebassiste François Moutin, m'a dit qu'il voulait travailler avec moi sauf qu'il habitait New York. Je suis donc partie sur un coup de tête pendant deux mois, avant d'enchaîner les allers-retours. J'y ai découvert énormément de choses, j'ai joué dans des clubs de jazz et j'ai même rencontré Ray Angry qui a coréalisé l'album... J'avais 20 ans, on écrivait des chansons ensemble et je lui ai dit qu'un jour on ferait un album ensemble. C'est aujourd'hui chose faite.

Votre album s'appelle Amazing problem. Pourquoi ?
Lorsque j'ai rencontré Ray à New York, la première chose qu'il m'ait dite était "You're an amazing problem !". C'était une façon de dire que j'allais casser la baraque.  C'est donc en hommage à cette phrase-là.

Le premier single s'appelle Le monde tourne sans toi. Parlez-nous de ce titre.
J'aime à dire que c'est une chanson d'introspection plutôt qu'une chanson d'amour. Elle parle de ce qui est bon pour nous, des directions que nos vies doivent prendre, mais que l'on ne fait pas de peur de blesser les personnes auxquelles on tient. Elle me touche car c'est quelque chose que l'on vit tous.

Découvrez la version acoustique de Le monde tourne sans toi, extrait de l'album Amazing Problem :

Vous écrivez vos propres chansons. Comme se passe ce processus ?
En général, c'est sur le vif : quand je rencontre des gens ou que je vis de belles histoires. Les chansons écrites en anglais l'ont souvent été lors de mes séjours à New York… Cet album, c'est le résumé de 6 ans de ma vie finalement.

Faire l'Olympia fin avril : un rêve qui se réalise ?
C'est une sensation très étrange car le concert affiche complet alors que l'album n'est pas encore sorti. Le public ne sait pas ce que je vais proposer sur scène… C'est une marque de confiance et bien sûr, un rêve.

Quelles artistes vous inspirent ?
En ce moment, j'aime beaucoup Beth Hart, mais aussi James Blake. Barbara m'a beaucoup marquée, Allain Leprest aussi. C'est sans doute lui que j'admire le plus d'ailleurs.

Avec quel(s) artiste(s) aimeriez-vous collaborer ?
James Blake pour voir comment il travaille. Josef Salvat aussi.

Découvrez la reprise jazzy de You don't know what love is de Billie Holiday :

Qu'est-ce qui vous a poussé à participer à l'émission The Voice ?
On m'avait contactée plusieurs fois pour participer à l'émission. A l'époque, j'avais peur de ne pas être à la hauteur et surtout de ne pas être à ma place. J'étais dans une période de transition et de doute. Comme la personne insistait, j'ai accepté de la rencontrer et de passer les castings. Finalement, je ne le regrette pas. Pendant l'émission, j'étais libre de mes choix et des arrangements.

Vous avez été rapidement considérée comme l'une des favorites de l'émission. Pourquoi selon vous ?
Je n'arrive pas à me l'expliquer. Je pense que c'est quelque chose de personnel, pas forcément lié à la voix, mais à ce que le public a ressenti au moment où il a vu la performance. Peut-être mes cheveux aussi (rires) ! Je sais juste que lors des auditions à l'aveugle, j'étais pleine d'émotion et cela s'est peut-être senti.

Quel est votre plus beau souvenir ?
Le premier direct où j'ai interprété Empire State of Mind. J'étais tellement stressée à l'idée de faire cette prestation devant des millions de téléspectateurs que je n'avais pas envie de monter sur le plateau. J'ai pleuré en coulisses pendant une heure. Finalement, c'est celle qui a le plus marqué les gens. Mais la prestation qui me rend le plus fière est Chandelier le jour de la finale.

Parlez-moi de votre relation avec Florent Pagny.
Nous sommes toujours en contact, il est même venu me voir à La Cigale en novembre dernier. Il est très bienveillant et me conseille sans cesse. C'est grâce à lui que je suis là.

Vous avez fait vos premiers pas en tant qu'actrice dans la série Falco. Pouvez-vous nous en parler ?
J'ai accepté pour la même raison que The Voice, car les choses que je ne connais pas m'attirent. J'aime bien les prises de risque. Pour Falco, j'ai eu la chance d'être entourée d'une super équipe. C'était un plaisir de tourner dans cette série.

Lady Gaga surnomme ses fans les "little monsters". Vous, "les lucioles". Pourquoi ?
Avec mon amie Amandine, dès qu'on rencontre des personnes qui nous tirent vers le haut et sont bénéfiques pour nous, on les surnomme les lucioles. Ce sont des personnes qui émanent de bonnes énergies. Mon public, ce sont mes lucioles, ils éclairent ma route, c'est grâce à eux que je vis tout ça.

Où vous voyez-vous dans 10 ans ?
J'espère être sur scène avec les cheveux longs (rires) ! Mes cheveux courts, c'est devenu une marque de fabrique malgré moi mais ils commencent à me manquer… La scène, c'est l'endroit où je me sens vraiment bien. Aujourd'hui, on peut s'évader facilement via les réseaux sociaux. Ce qui me plaît en concert, c'est que 2000 personnes puissent vivre la même chose au même moment.

Quelle question aimeriez-vous qu'on vous pose ?
Un truc philosophique du genre "Qu'est-ce que le bonheur ?" ou "Comment être heureux ?". J'aime bien ces questions-là.

Découvrez la version acoustique de T'es canon, extrait de l'album Amazing Problem :

Qu'est-ce que vous menez à la baguette ?
Les répétitions : c'est très carré avec moi.

Qu'est-ce qui vous met des trémolos dans la voix ?
Quand on me rappelle un beau souvenir de personnes qui ne sont plus forcément là.

Qu'est-ce que vous envoyez valser ?
Les carcans.

La dernière fois que vous l'avez mise en sourdine ?
Jamais, je crois que je parle trop.

La dernière fois que vous vous êtes réveillée en fanfare ?
Je sors d'une grippe et le jour où je me suis sentie mieux, je me suis levée toute contente.

Quelle chanson entonnez-vous le plus en ce moment ?
En ce moment, c'est What do you mean de Justin Bieber.

Une musique qui adoucit les mœurs ?
N'importe quelle chanson de Passenger. C'est doux et posé.

Vous arrive-t-il de jouer du pipeau ?
Pas vraiment. Je suis plutôt cash, je n'arrive pas à cacher mes émotions.

Amazing Problem, l'album d'Anne Sila, dans les bacs le 29 avril 2016 © Universal / Mercury

 

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