UN MONDE PLUS GRAND : 3 jolies raisons d'ouvrir votre conscience

Pour son quatrième long-métrage, "Un Monde plus Grand", en salles le 30 octobre, Fabienne Berthaud porte à l'écran, entre fiction et réalité, le parcours de Corine Sombrun. Cette dernière, incarnée à l'écran par Cécile de France, a été initiée au chamanisme et a ensuite favorisé les recherches scientifiques dans ce domaine. Une oeuvre à découvrir : la preuve par trois !

UN MONDE PLUS GRAND : 3 jolies raisons d'ouvrir votre conscience
© Haut et Court

Le chamanisme par le prisme de l'intime

A l'origine de ce projet ? Le livre Mon initiation chez les Chamanes de Corine Sombrun, publié en janvier 2004 aux Éditions Albin Michel. Cette pianiste et compositrice s'est découvert des dons pour le chamanisme en 2001, dans le cadre d'un reportage pour BBC World Service en Mongolie. Au son du tambour utilisé par le chamane Balgir, Somprun entre dans une transe incontrôlable et entrevoir soudainement un horizon de possibles. C'est sur cette partie précise de sa vie que revient le long-métrage Un Monde plus Grand de Fabienne Berthaud. La cinéaste a voulu cette transposition romanesque et libre, en mélangeant ses regards fictionnel et documentaire. Loin du psychédélisme de Jan Kounen, le chamanisme y est abordé en suivant les chemins de l'intime. D'ailleurs, la transe est induite par les sons, et non par la prise de drogues. Berthaud se place ainsi à équidistance de l'exploration de l'état de conscience modifiée et de l'auscultation de l'âme d'une femme dévastée par la mort de son amour.

Un dépaysement total

Aller à la découverte de ce récit, c'est ouvrir une fenêtre vers un monde inconnu et fascinant, aux antipodes du confort matériel et des hurlements des grandes villes. L'action du long-métrage se situe en effet en plein cœur de la steppe mongole, dans une région reculée où toutes commodités technologiques sont à oublier. D'ailleurs, on y trouve ni eau, ni électricité. C'est là, à la frontière avec la Sibérie, que l'on retrouve les Tsaatans, un peuple d'éleveurs de rennes vivant dans les forêts proches du lac Khövsgöl. Ce sont eux qui ont initié Corine Sombrun au chamanisme. Fabienne Berthaud est allée filmer à leur côté, en respectant leur mode de vie et leur tradition. Résultat ? Tout ce qu'on voit à l'écran est vrai, réaliste et octroie à cette expérience de cinéma un intérêt massif. Au terme de ce récit initiatique, le spectateur aura vraiment l'impression d'avoir vécu avec eux et d'avoir touché du doigt un segment de leur quotidien.  

Cécile de France, magnétique

Là, au milieu de la Mongolie, entre une pléthore d'acteurs amateurs, trône Cécile de France. Fascinée par le parcours de Corine Sombrun, la comédienne se glisse sous ses traits avec ce mélange de fragilité et de puissance qu'espérait tant la réalisatrice Fabienne Berthaud. Tant dans les séquences de transe que dans les moments plus intimes, de silence, elle livre une interprétation organique, instinctive, où le trait n'a jamais forcé. A croire que, parallèlement au parcours de l'héroïne qu'elle incarne, elle-même vivait son propre chemin métaphysique . Dans les yourtes, dans la steppe, Cécile disparaît. On ne voit plus que Corine et ses luttes, sa détresse, sa force, sa volonté de surmonter le deuil de l'être aimé en essayant de défier la raison et les lois. Quelques mois après Mademoiselle de Joncquières (pour lequel elle fut nommée aux César) et la comédie azimutée Rebelles, Cécile de France continue de surprendre par l'originalité de ses choix, se positionnant toujours là où on ne l'attend pas forcément.

Chargement de votre vidéo
"Un monde plus grand // VM"