On a adoré ONCE UPON A TIME... IN HOLLYWOOD, mais... : coups de cœur et de griffe du 14 août

Lisez la lettre d'amour au cinéma de Quentin Tarantino. Tremblez devant le portrait du producteur carnassier et destructeur Harvey Weinstein... "Once Upon a Time... in Hollywood" et "L'Intouchable, Harvey Weinstein" sont nos conseils ciné de la semaine, mais pas seulement...

On a adoré ONCE UPON A TIME... IN HOLLYWOOD, mais... : coups de cœur et de griffe du 14 août
© Sony Pictures Releasing France

Coups de cœur 

Once upon a time… in Hollywood de Quentin Tarantino

Présenté en compétition à Cannes en mai dernier, Once Upon a Time… in Hollywood marque la neuvième réalisation de l'enfant terrible du cinéma américain : Quentin Tarantino. Moins mainstream que ses précédents opus, cette réalisation est aussi (et sûrement) sa plus personnelle ; notamment dans la déclaration d'amour qu'il fait au cinéma. Située en 1969, l'intrigue suit deux personnages attachants : Rick Dalton, une star de la télévision sur le déclin, merveilleusement incarnée par Leonardo DiCaprio, et sa doublure, le cascadeur Cliff Booth, à qui Brad Pitt prête ses traits joviaux. Inséparables, ces deux-là observent, par le prisme de la caméra du cinéaste, une industrie en déréliction, dont les étoiles, jadis scintillantes, s'effondrent sur un sol sans espoir. Derrière ses saillies tarantinesques –dialogues pêchus et azimutés, musiques de circonstance–, cette œuvre cache une véritable mélancolie, une tristesse lancinante, celle d'un monde qui s'affaisse et qui se cristallise dans la tragédie qui coûta la vie à Sharon Tate (Margot Robbie). Quand Tarantino parle de cinéma, c'est toujours un bonheur. Quand il le filme, c'est un rendez-vous à ne pas manquer et, aussi, une façon inédite et sincère de le voir se dévoiler.  

Avec Leonardo DiCaprio, Brad Pitt, Margot Robbie (2h41min)

L'Intouchable, Harvey Weinstein d'Ursula Macfarlane

C'est l'histoire d'un ogre, d'un homme dont le sentiment de toute-puissance a brisé des vies entières. Longtemps intouchable, comme l'évoque le titre du documentaire d'Ursula Macfarlane, Harvey Weinstein a connu une chute récente qui a complètement redessiné les contours de notre société, propulsant le mouvement #MeToo et libérant la parole de nombreuses femmes abusées sexuellement et restées trop longtemps emmurées dans le silence. Ici, la documentariste revient sur l'ascension et la chute d'un magnat du cinéma caractériel, nerveux, mais aussi passionné et capable de coups d'éclat en s'associant à de grands projets de cinéma. Un homme de pouvoir et d'influence, qui semait la terreur ou instillait la crainte dans son sillage, et qui investissait des sommes exorbitantes pour que ses poulains remportent un Oscar. Mais surtout, un producteur aux pratiques abjectes qui a humilié et détruit plus d'une actrice, par la parole comme par les gestes. Des témoignages de Ronan Farrow, à l'origine de la divulgation du scandale à ceux de ses anciens collaborateurs de Miramax, en passant par les aveux des actrices Rosanna Arquette ou Paz de la Huerta, cet opus permet de mieux comprendre ce personnage glaçant.   

Avec Rosanna Arquette, Harvey Weinstein, Bob Weinstein (1h39)  

Coup de griffe

Dora et la Cité Perdue de James Bobin

Dora a assez exploré. Elle connaît les animaux de la jungle par cœur et s'apprête désormais à vivre une nouvelle expérience, loin de ses parents qui l'ont couvée et qui lui ont inculqué le goût de l'aventure : l'entrée au lycée. Une étape de courte durée puisque, très vite, la voilà qui embarque trois camarades de classe pour une mission de sauvetage, laquelle, peut-être, l'amènera enfin à percer le mystère de la Cité d'or perdue. Adapté de la série d'animation de Nickelodeon, cet opus live offre à Isabella Moner, 18 ans, déjà aperçue dans Sicario 2 aux côtés de Benicio del Toro, le rôle principal. Celui d'une héroïne toujours aussi bavarde. Le principal souci réside ici dans le décalque du ton du dessin animé sur cette version en images réelles, créant un cratère sur lequel on s'effondre. Cet air béat que Dora porte tout le temps ne sert en rien le choc des cultures quand elle arrive en ville, et la fait passer pour une épuisante exaltée. A l'écriture, il fallait la travailler davantage, afin qu'elle soit moins robotique et programmatique dans ses gestes. Ne parlons pas des parents, incarnés par Michael Peña et Eva Longoria, et des autres personnages -Chipeur et Babouche sont visuellement ratés, comme le décorum qui va avec eux-, tous aussi désincarnés et quelconques. Désolé, mais il n'y a rien à découvrir ou à esprérer dans cette exploitation purement mercantile. 

Avec Isabela Moner, Michael Peña, Eva Longoria (1h40)

On a adoré ONCE UPON A TIME... IN HOLLYWOOD, mais... : coups de cœur et de griffe du 14 août
On a adoré ONCE UPON A TIME... IN HOLLYWOOD, mais... : coups de cœur et de griffe du 14 août

Coups de cœur  Once upon a time… in Hollywood de Quentin Tarantino Présenté en compétition à Cannes en mai dernier, Once Upon a Time… in Hollywood marque la neuvième réalisation de l'enfant terrible du cinéma américain : Quentin...