Paula Beer : "Les grandes œuvres viennent toujours du désir d'amour"

Révélée en France en 2016 par le magnifique "Frantz" de François Ozon, l'actrice allemande Paula Beer, 24 ans, se distinguera, dès le 17 juillet, dans le formidable diptyque "L'Oeuvre sans Auteur" de Florian Henckel Von Donnersmarck.

Paula Beer : "Les grandes œuvres viennent toujours du désir d'amour"
© Diaphana Distribution

A 24 ans, Paula Beer a déjà tout d'une grande. Elle l'avait prouvé avec maestria dans Frantz de François Ozon (2016), aux côtés de Pierre Niney. Elle y incarnait à la perfection la veuve d'un soldat qui noue une relation mystérieuse avec un homme prétendant bien connaître son défunt époux.  Ce rôle mémorable lui a valu le prix Marcello-Mastroianni du Meilleur Espoir à la 73e édition du Festival de Venise. Après Transit de Christian Petzold et Le Chant du Loup d'Antonin Baudry, elle brille cette année sous les traits de la muse du héros de L'œuvre sans Auteur de Florian Henckel Von Donnersmarck, le réalisateur de La Vie des Autres. Entre son personnage et le peintre incarné par Tom Schilling réside un lourd secret qu'il convient de découvrir en salles, dès le 17 juillet. En attendant, voici 5 questions à la principale intéressée !

Comment avez-vous appréhendé votre personnage et comment le décririez-vous ? 
Paula Beer :
Elli a été élevée dans la tradition des années 1940/50. Elle semble être privilégiée car la maison de sa famille n'a pas été détruite pendant la guerre. Elle étudie le design et admire ses parents et, dans le même temps, elle ne se sent pas totalement acceptée. Sa relation avec l'artiste Kurt Barnet lui donne la force et le courage de vivre la vie qu'elle désire et non celle que ses parents veulent lui imposer. Saisir les mécanismes de la structure familiale ainsi que l'éducation stricte de l'époque, ça a été décisif dans la compréhension de sa personnalité.

Florian Henckel von Donnersmarck est réputé pour sa précision. De quelle façon avez-vous travaillé avec lui, du casting au tournage, pour construire Ellie Seeband et le récit ?
Paula Beer :
Florian aime l'art autant que les personnages de son histoire. Travailler avec lui était à la fois inspirant et informatif, car il sait exactement ce qu'il veut raconter à chaque scène et comment créer la bonne situation. Pour préparer le film, nous avons longuement parlé de séquences tirées du scénario, de l'art et de la vie d'artiste, d'histoires d'amour dans les films et de bien d'autres choses encore. Déjà, dès le processus de casting, nous avons eu l'occasion d'échanger sur le récit, sur chaque personnage, sur les constellations entre eux et les relations qui les unissent.

Des grands traumatismes naissent les grandes œuvres. Etes-vous d'accord avec ce postulat ?
Paula Beer :
Je pense que les grandes œuvres viennent toujours du désir d'amour. Ce désir peut être causé par un traumatisme, mais je ne pense pas que ce soit nécessairement le cas. Peut-être est-ce simplement une connexion plus sensible à votre voix intérieure, ainsi que la recherche pour exprimer cette voix, qui permet, in fine, aux artistes de créer leurs chefs-d'œuvre...

Paula Beer © Diaphana Distribution

Plus généralement, comment choisissez-vous vos rôles ? Avez-vous une approche particulière ?
Paula Beer :
Je choisis mes rôles en fonction de l'amour et de l'enthousiasme que j'ai pour le projet. Si je ne ressens pas de joie à entrer dans une histoire, je ne pense pas être le bon choix. Chaque trame et chaque personnage mérite de la passion et un grande engagement. Agir est toujours une aventure intéressante et stimulante. Pour comprendre la nature des personnages et le modus operandi de votre metteur en scène, il faut du temps et de la discipline. Pour moi, cela fonctionne mieux si ce processus est basé sur un fort amour et un grand intérêt pour toutes les strates du projet.

Qu'avez-vous appris de Florian et de tous les autres réalisateurs avec lesquels vous avez travaillé ?
Paula Beer :
C'est difficile de dire ce que j'ai vraiment appris de chaque réalisateur. C'est un cheminement d'apprentissage continu. Il ne finit d'ailleurs jamais. Travailler avec autant de personnes différentes au sein d'un même projet vous confronte chaque jour à de nouveaux défis. Ce que je trouve le plus excitant, c'est que vous ne pouvez jamais rien planifier. Vous devez accepter d'être totalement flexible. Il n'y a pas de certitude et c'est ce qui en fait un beau métier. Chaque réalisateur fait face à cette situation de manière singulière, ce qui vous permet de repartir de zéro à chaque fois. 

Paula Beer : "Les grandes œuvres viennent toujours du désir d'amour"
Paula Beer : "Les grandes œuvres viennent toujours du désir d'amour"

A 24 ans, Paula Beer a déjà tout d'une grande. Elle l'avait prouvé avec maestria dans Frantz de François Ozon (2016), aux côtés de Pierre Niney. Elle y incarnait à la perfection la veuve d'un soldat qui noue une relation mystérieuse avec...