EUFORIA : 3 bonnes raisons d'aller le voir le film au cinéma

Un peu plus de cinq ans après Miele, son premier film en tant que réalisatrice, l'actrice italienne Valeria Golino, 53 ans, passe une seconde fois derrière la caméra pour les besoins de "Euforia", le récit de deux frères que tout oppose. Voici quelques arguments pour vous laisser séduire dès sa sortie le 20 février.

EUFORIA : 3 bonnes raisons d'aller le voir le film au cinéma
© Paname Distribution

Les relations entre frères constituent une thématique tout aussi récurrente que passionnante au cinéma. Bien des cinéastes, de James Gray à Jacques Audiard, s'y sont essayés. Cette année, c'est la sublime Valeria Golino, inoubliable dans Respiro, qui a décidé d'en faire l'axe principal de son nouveau film, Euforia, présenté à Cannes l'an dernier dans la sélection Un Certain Regard. Voici 3 raisons d'y succomber.

Euforia ou le refus du pathos

Contrairement à ce que son titre laisse présager, il n'est pas constamment question d'euphorie dans cette seconde réalisation de Valeria Golino. Ici, la star italienne explore, à travers les deux trajectoires de ses personnages principaux, des thématiques douloureuses. D'une part, il y a Matteo, un architecte extravagant à qui tout réussit professionnellement, mais qui vacille face à son addiction à la drogue. De l'autre, Ettore, son frère moins enjoué, et surtout condamné, sans le savoir, par un cancer en pleine métastase. Le scénario et la caméra de Golino sondent les douleurs en exergue sans pour autant plomber le spectateur, congédiant de fait toute forme de sensiblerie.    

Laissez-vous convaincre par les deux acteurs principaux

Pour donner corps à ses héros, Valeria Golino a eu du flair et de l'esprit. Son sémillant Matteo est porté à l'écran par le charme naturel du ténébreux Riccardo Scamarcio, découvert en 2003 dans le sublime diptyque Nos Meilleures Années de Marco Tullio Giordana et mis en orbite par son rôle dans Romanzo Criminale (2005). Il apporte son flegme enfantin, voire naïf, à son personnage tout en empoignant ses blessures avec une force fragile. Face à lui, Valerio Mastandrea donne le change avec une composition plus en-dedans, traversant le long métrage avec le désabusement chevillé au visage. Entre les deux, l'alchimie opère jusqu'au dernier plan, fort émouvant.        

Découvrez l'exploration des antagonismes

L'intérêt majeur d'Euforia réside dans les différences qui divisent les deux frères. L'un est riche, volubile, plein d'entrain, l'autre galère et rase les murs. Entre eux, les rapports sont électriques et la communication se résume à des querelles et autres mésententes. Pourtant, les difficiles épreuves de la vie vont faire converger deux visions du monde, deux regards, l'un fantasque, l'autre inquiet. Les extrêmes font ainsi un pas de deux au cœur d'une Italie sublimée, baignée d'une lumière chaleureuse et, d'une certaine manière, réconfortante. Valeria Golino s'est inspirée, pour info, de son entourage pour livrer cette histoire. Et c'est sûrement ce qui explique le sentiment d'authenticité éprouvé lors du visionnage.

Euforia, de Valeria Golino, en salles le 20 février 2019