Vice, Deux fils, Ralph 2.0 : nos coups de cœur ciné du 13 février

Cette semaine, embarquez vitesse grand V dans un voyage à travers Internet, entrez dans l'intimité d'un redoutable politicien de l'ombre ou succombez au charme d'une histoire filiale... Ralph 2.0, Vice et Deux Fils sont nos conseils ciné de la semaine !

Vice, Deux fils, Ralph 2.0 : nos coups de cœur ciné du 13 février
© The Walt Disney Company

Ralph 2.0 de Rich Moore et Phil Johnston

Ils sont (enfin) de retour ! D'un côté : Ralph, star mal-aimée d'un jeu d'arcade dont la fonction principale est de tout détruire sur son passage. De l'autre : Vanellope Van Schweetz, une adorable fillette qui fait la course dans un circuit automobile aux décors 100% sucrés. Dans Les mondes de Ralph (2012), ces deux-là avaient vécu des aventures mouvementées et étaient devenus les meilleurs amis du monde. Six ans plus tard, voilà que le scénario de Ralph 2.0 les catapulte sur les sentiers méandreux d'Internet. Une toile tentaculaire qu'ils vont devoir investir pour acheter la pièce défectueuse de la borne Sugar Crush, dont Vanellope est la star. De l'imagination, du culot et de la folie, il en fallait une bonne dose pour faire d'une toile immatérielle le décorum concret d'une telle épopée d'animation. Avec brio et intelligence, les concepteurs de ce délire –derrière le succès de Zootopie– ont matérialisé les anti-virus, les pop-ups, le Wi-Fi, les moteurs de recherches, les sites de rencontres ou autre Ebay, en les transformant en éléments aussi ludiques que jubilatoires. En somme, un divertissement qui devrait plaire aux petits comme aux plus grands et qui bénéficie d'une belle cerise sur son gâteau : une séquence réunissant toutes les princesses Disney. Mehdi Omaïs        

Avec les voix de François-Xavier Demaison, Dorothée Pousséo et Jonathan Cohen (1h53)

Vice d'Adam McKay

La politique a ses raisons que le 7e Art ignore souvent... Vice en est l'exception. Plongée passionnée dans les arcanes du pouvoir, ce biopic fascinant, palpitant, intelligent,  nous emmène au "cœur" du scandale, des manipulations, des guerres d'ego, là où les combats de coqs deviennent conflits mondiaux. Sensation cinématographique explosive et virtuose, Vice dessine le portrait de Dick Cheney, mufle à la main lourde que son amour pour son épouse et ses filles transcende en stagiaire à la Maison-Blanche sous Nixon, puis en technocrate discret et incarnation adipeuse des néo-conservateurs.
En suivant les parties de chasse, de pêche, les bombes lâchées dans le Golfe et l'élevage de Golden retriever du Secrétaire à la Défense, en collant sa caméra sur le visage aux pores dilatés du Vice-Président des US, chantre des attaques en Irak et éminence perfide de Bush Junior, Adam McKay réalise une chronique de l'Amérique incroyablement documentée, séduisante aussi, entre jouissives parties de campagne, film de guerre et peinture géniale de l'intime en pâture.

© Mars Films

En lice dans huit catégories, Vice pourrait être auréolé d'une pluie d'oscars méritée. Christian Bale, maquillé à outrance et lesté de 20 kg, excelle de la première à la dernière scène... et quel rôle pour Amy Adams que celui de cette lumineuse et culottée femme de l'ombre, épaisse planche de salut d'un rustre du Wyoming ! Sans compter Sam Rockwell, génial W, et Steve Carell, bluffant derrière les binocles aux verres épais de ce vieux briscard républicain de Donald Rumsfeld.
Excès, Orgueil, Vanité : il y a du grandiose dans Vice et beaucoup plus de plaisir que dans toute la vertu ! Justine Boivin

Avec Christian Bale, Amy Adams, Steve Carell (2h12)

Deux Fils de Félix Moati

Le grand public l'a découvert en 2008 dans LOL. Trois ans plus tard, son talent s'est précisé devant la caméra de Michel Leclerc dans Télé Gaucho. Les années qui suivirent lui ont apporté des rôles de plus en plus consistants, avec notamment A trois on y va ou, plus récemment, Le grand bain. A 28 ans, un court-métrage (Après Suzanne, présenté à Cannes) dans sa besace, Félix Moati dégaine son premier long-métrage en tant que réalisateur : Deux Fils. Pour l'occasion, il bénéficie des présences précieuses de Vincent Lacoste (star de 2018 avec Amanda, Plaire, aimer et courir vite et Première année) et Benoît Poelvoorde. Le jeune et prometteur Mathieu Capella, fruit d'un casting sauvage, complète ce trio attachant composé d'un père et de ses deux fils.

© Le Pacte

Ici, la maman est intentionnellement écartée du tableau, afin que chaque personnage soit livré à lui-même, à ses peurs, à ses espoirs. Il y a le père, qui a zappé sa carrière de médecin pour devenir écrivain, sans y arriver ; l'aîné qui tente d'oublier sa rupture amoureuse ; et le plus jeune, écolier à la ville, qui vit une errance mystique. Comme ces trois-là, le long-métrage fait preuve d'une fragilité qui devient sa force. Moati pioche généreusement dans ce cinéma bavard et psychanalytique qu'il semble tant aimer, Woody Allen en tête, et touche avec douceur.  Mehdi Omaïs   

Avec Vincent Lacoste, Benoit Poelvoorde et Mathieu Cappela (1h30)