28 nuances de sexe : faire l'amour selon les 4 phases du cycle menstruel

Nous avons tendance à oublier que le cycle menstruel va bien au-delà des règles et que ses différentes phases – au nombre de quatre – interfèrent dans notre sexualité. En d'autres mots, comment vivre son désir et son plaisir selon son calendrier intime ?

28 nuances de sexe : faire l'amour selon les 4 phases du cycle menstruel
© 123RF

Nous avons conscience que d'un rapport sexuel à l'autre, le plaisir pris n'est pas toujours le même. Une question de disponibilité et de disposition, d'humeur, de partenaire, d'état physique… Mais quand nous sommes persuadées de reproduire exactement les mêmes conditions – même resto, mêmes sushis, même pull, même heure, nous oublions deux choses : d'une part, il est impossible de reproduire exactement les mêmes conditions, d'autre part, le cycle menstruel joue l'un des rôles principaux dans le film de notre sexualité.

"Les femmes sont des êtres cycliques, introduit Johanna Dermi, naturopathe-thérapeute et auteur de Rituels de femmes pour explorer les secrets du cycle féminin (éd. Le Courrier du Livre). Cette cyclicité, qui dure quarante ans, entraîne inévitablement des attitudes émotionnelles, physiologiques ou encore alimentaires changeantes dues au remous hormonal. Et puisque le cycle n'est pas linéaire, la sexualité ne l'est pas non plus". Autrement dit, selon la phase du cycle, nous n'avons pas envie des mêmes choses, nos attentes sont différentes et notre énergie sexuelle varie.

De manière générale, on coupe le cycle menstruel en deux phases principales, la phase folliculaire et la phase lutéale, avec, entre les deux, la phase ovulatoire. Johanna Dermi propose un découpage en quatre phases, de sept jours chacune – si on part sur un cycle de 28 jours : "On parle de phase menstruelle (les règles), de phase préovulatoire, de phase ovulatoire et de phase prémenstruelle, qui fait référence au syndrome prémenstruel et qui n'est pas toujours un cauchemar contrairement à ce que l'on imagine", précise l'experte. Entrons en détail dans ces quatre phases et écoutons ce qu'elles ont à nous dire sur notre sexualité.

Phase 1 menstruelle : période de la sexualité sur l'oreiller

"En naturopathie, la période des règles est un temps de pause, de retour à soi, de purification", explique Johanna Dermi. Parce que les règles sont une évacuation, susceptibles d'entrainer fatigue et douleur, nous avons besoin de nous ressourcer et n'intégrons pas forcément notre désir de sexualité au programme. Pour autant, il n'existe aucune contre-indication à faire l'amour pendant cette période et le contact de l'autre peut être ressourçant, justement. "Pendant leurs menstruations, les femmes accueillent. Elles accueillent les caresses, la détente, les massages. En toute logique, elles sont moins aptes à donner", poursuit Johanna Dermi, qui propose alors d'ouvrir la voie d'une autre forme de sexualité, celle d'une sexualité plus langoureuse, la pénétration n'étant pas une fin en soi. Place, donc, aux câlins, au moelleux, à la tendresse.

Phase 2 préovulatoire : période de la sexualité légère et surprenante

"Cette période, qui se situe juste après les règles et avant l'ovulation, est une période de fougue. On parle de l'énergie de la jeune fille adolescente", note Johanna Dermi. L'élan de nos quinze ans frappe à la porte : portée par la vie, nous avons envie de sortir, de jouer, de communiquer, de bouger. Généralement, nous sommes plus entreprenantes. Durant cette semaine-là, tout croît : notre taux hormonal, notre appétit, notre énergie, notre envie de sexualité. Sauf que nous sommes tellement absorbées par l'extérieur, le monde, les autres, que nous sortons de notre désir. L'idée, c'est donc d'utiliser cette énergie débordante pour profiter d'une sexualité légère. "Le plaisir sexuel n'est pas forcément plus intense, mais il est plus accessible. Cette phase est une plume, nous sommes drôles, joyeuses, et le sexe est rarement sérieux. C'est donc, aussi, l'occasion d'essayer de nouvelles pratiques, positions, tout en joie !", ajoute la naturopathe.

Phase 3 ovulatoire : période la sexualité impérieuse

"La programmation primaire du mammifère est de sauver l'espèce, rappelle Johanna Dermi. La phase ovulatoire, synonyme d'ovulation, est souvent riche de désir et de plaisir". Le vagin est plus dilaté, le corps plus disponible et ce même quand nous ne souhaitons pas d'enfant. Nous sommes attirées par l'autre : question d'hormones ou d'amour ? Sans doute un peu des deux. Toujours étant que la libido est vibrante, différente. "Il faut savoir aussi que c'est une phase durant laquelle les femmes sont poussées à materner. Pendant l'amour, elles vont aimer envelopper leur partenaire de leurs jambes, de leurs bras, de leur caresses", précise la naturopathe et thérapeute. C'est l'occasion de profiter d'un rapprochement, d'explorer sa sexualité, son plaisir et sa connexion, mais aussi d'utiliser cette énergie instinctive pour faire l'amour loin du schéma reproductif. C'est là que ça peut devenir intéressant.

Phase 4 prémenstruelle : période de la sexualité sauvage et jouissive

"La phase prémenstruelle est parfois plus difficile à vivre parce que l'inconscient collectif ne cessent de nous rappeler que les femmes souffrent lors de leur première fois, pendant l'accouchement et juste avant leurs règles, mais aussi pendant. Il faut remplacer ce message négatif par un message plus positif", introduit ici Johanna Dermi. Nous avons bien intégré le message, en effet. Bien sûr, le syndrome prémenstruel est une réalité et les manifestations physiques qui l'accompagnent peuvent être parfois très désagréables. Mais cette période n'est pas une fatalité. "D'ailleurs, nous ignorons que notre énergie de vie est très puissante à ce moment-là. Si elle n'est pas utilisée, elle se transforme en négativité. On ne veut plus vivre, on prend de mauvaises décisions, on se sabote", remarque la naturopathe. Quand, à l'inverse, on saisit cette énergie et la transpose dans notre manière de coucher, nous découvrons une sexualité hardie. "La femme est feu, impulsive, visionnaire. Le plaisir et la jouissance sont généralement très forts et nous conduisent vers une mutation voire une alchimie de notre énergie", conclut la spécialiste.