Applis de Rencontre et Confinement : ce qui change sur Tinder, Happn...

Sur les applis de rencontre, on peut toujours liker, matcher et chater, mais le cap de l'IRL – rencontre dans la vraie vie – n'est plus franchissable en période de confinement. On a réfléchi à l'impact de la mise en quarantaine sur notre usage de Tinder et compagnie.

[Mise à jour le lundi 23 mars à 15h50] Il y a encore quelques jours, on pouvait toujours se rencarder dans la rue ou chez Leclerc. En confinement, toute sortie non nécessaire et non justifiée est interdite. Autant dire que nos rendez-vous Tinder, Happn, Once et les autres ne sont plus d'actualité... Mais on peut toujours discuter, s'envoyer des gifs, des horoscopes et des photos…
Nous nous sommes donc demandé, à l'heure de l'isolement total, comment l'usage des applis de dating allait évoluer. Quels nouveaux comportements ? Quels changements (que l'on espère durables… ou pas) ? 

Le coronavirus va éradiquer le "Salu, sa va ?"

Le Salut, ça va ? déserte petit à petit les applications de rencontre, même si les moins inspirés continuent de le brandir : c'est mieux que rien pour aborder quelqu'un. Désormais, l'épidémie de Covid-19 pourrait bien l'éradiquer. Comment ? En se plaçant au centre. Finalement, rebondir sur l'actualité, c'est pas mal pour entamer la conversation… Comment se passe ton confinement ? Tu sors promener ton chien ?

Quelques mots d'amour...

Contraints de chatter avant de sauter le pas de la rencontre IRL, les mots vont remplacer les prises de rendez-vous. L'occasion, peut-être, de développer des relations épistolaires, de se raconter des jolies choses, de faire des rimes, de remettre l'écrit au cœur de la rencontre, à l'instar du propos de Amours Solitaires ? En tout cas, l'appli de rencontre Happn confirme la tendance. Selon un sondage récent et à propos, 70% des utilisateurs confient discuter davantage dans l'application. 

Prendre le temps de se connaitre

Les individus qui cherchent des relations d'un soir (ce soir) vont rapidement s'ennuyer sur Tinder et compagnie. Mais les autres, désireux de construire une relation durable, vont peut-être revoir leur rapport au dating. Et si c'était l'occasion de discuter longuement sans multiplier les contacts ? De s'appeler et donc de s'entendre, aussi ? De quoi stopper sa surconsommation et s'offrir une petite détox.

Moins de choix ?

En parlant de détox, celle-ci pourrait bien nous être imposée. Stat-rencontres, comparateur de sites et applis de rencontres, a en effet relevé une chute d'audience de 55% sur les supports du dating en ligne. Plus spécifiquement, cette chute est de 65% sur les applis (Tinder, Happn, Grindr...). Comprendre : les 33% des 8 millions de célibataires français désertent les lieux. Pour certains, ce n'est pas le moment d'entamer la conversation, et d'autant plus quand on cherche une relation d'un soir. Peut-on imaginer que les utilisateurs toujours connectés sont romantiques et prêts à s'engager une relation épistolaire en attendant la fin du couvre-feu ?

Une montée en puissance des dick pics

Et si le revers de la médaille n'était autre que la multiplication des envois de dick pics ? Quand on sait que la plupart des femmes ont déjà reçu une photo de pénis non sollicitées, il y a de quoi s'inquiéter. L'ennui peut pousser à d'étranges comportements, et le fait de s'en tenir à des discussions peut certes entrainer davantage de sexting et de mots cochons, mais encore faut-il espérer que la notion de consentement ne disparaisse pas comme le PQ chez Auchan...

Un premier date en vidéo

Pour canaliser sa frustration et ne pas attendre indéfiniment, les utilisateurs des applis pourraient oser un premier date en vidéo. Happn nous indique en effet que 54% de ses membres envisagent un premier rendez-vous en ligne grâce à FaceTime.  Quant à l'appli Once, elle va plus loin et met à disposition une nouvelle fonctionnalité gratuite pour permettre de rencontrer son match en live-video. Il va falloir lâcher son pyjama, du moins le haut... Mais on valide l'idée dans un monde qui devient toujours plus digital qu'il ne l'était : se voir permet d'éviter les déceptions futures ou de freiner son idéalisation.

L'amour à la fin

Reste à espérer que de véritables liens virtuels se tissent et qu'à la fin du confinement, des découvertes physiques très attendues se programment. Peut-être qu'à force d'échanger - par écrit ou en FaceTime - sans pouvoir se rencontrer, le désir sera tel que les rencontres post-quarantaine auront tout de magique. Peut-être même qu'elles seront toutes douces, un peu timides... Est-ce qu'on peut se toucher ? Ou pas ? Car en plus de se rencontrer dans la vraie vie, on reconnectera avec... la vraie vie. Combien, bientôt, de corona-couple ?