Le mystère a enfin été résolu ! Depuis près d'une quarantaine d'années, des téléphones oranges à l'effigie du célèbre personnage de b-d et de films, le chat Garfield, s'échouaient régulièrement sur les plages du nord du Finistère, entre Plouarzel et Ploumoguer. Et les passants étaient toujours aussi interloqués en tombant sur ces petits objets à la provenance inconnue...
Personne ne parvenait à expliquer l'origine de ces étranges morceaux de plastique qui surgissaient, soudainement, sur le littoral de Bretagne. Mais si certains trouvaient ces apparitions amusantes, elles rappellent surtout que, malheureusement, le problème de la pollution marine est encore bien réel. En 2018, environ 200 morceaux avaient été ramassés sur les plages. Mais d'où venaient-ils ? Il a fallu attendre 2019 pour obtenir une réponse !
Alors que FranceInfo avait lancé une enquête participative, qui incitait les citoyens à signaler des déchets dans la nature ou des eaux polluées, Claire Simonin-Le Meur, présidente de l'association Ar Viltansoù, avait alerté sur ces fameux téléphones oranges que l'on retrouvait régulièrement en Bretagne. L'affaire ayant été un peu plus médiatisée, un agriculteur du coin, René Morvan, a fini par raconter ce qu'il avait vu quelques décennies plus tôt...
Au début des années 1980, une violente tempête avait éclaté et celui qui était à l'époque un jeune homme d'une vingtaine d'années avait alors remarqué qu'une grande quantité de téléphones s'étaient soudainement retrouvés sur la plage. Curieux, il avait alors décidé d'explorer les environs avec son frère. En entrant dans une grotte marine du côté de Plouarzel, accessible uniquement à marée très basse, tous deux avaient alors découvert un conteneur qui était échoué au pied de falaises... et qui était rempli de téléphones oranges en forme de Garfield !
Mais les deux frères craignaient d'être en infraction après cette découverte et n'en avaient donc parlé à personne jusqu'en 2019. Après cette révélation, des membres de l'association Ar Viltansoù se sont rendus dans cette grotte. Mais il était déjà trop tard. "Le gros des téléphones est déjà parti, la mer a fait son travail depuis trente ans. On arrive après la bataille", s'est souvenue Mme Simonin-Le Meur à Ouest-France.
"C'est un déchet qui a plus de trente ans et on en retrouve des morceaux quasiment neufs. Quand on parle de la décomposition du plastique, il y en a une partie qui finit en microplastique, mais il y a aussi des morceaux qui restent entiers. On en a vraiment pour des années et des années avant que ça disparaisse", a expliqué à FranceInfo Fabien Boileau, directeur du parc marin d'Iroise, qui s'était rendu sur place pour essayer de récupérer des bouts de téléphones, sans grand succès.